Chronique, virgule

01 mars 2012

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02 novembre 2011

Vendredi 4 novembre

    Le recul soudain de Papandréou, le peuple grec contraint de la boucler et de rentrer chez lui, de devoir avaler la pillule prescrite par la finance. Du coup, triomphe absolu de Merkel et Sarko. Mais ces deux-là, en la panique qui les a saisis à l’idée de devoir tenir compte de l’opinion du quidam de la rue, en leur terreur de voir se répandre chez eux un besoin de démocratie qui les aurait dépouillés de leurs couronnes, sans parler de l'éclairage qui aurait porté leur faiblesse au grand jour, ont-ils mesuré les dégâts causés par leur diktat dans l’opinion publique ? N’ont-ils pas saisi la puissance de ce mot : reférendum, l’écho qu’il pouvait susciter chez certains ? Que nenni ! Il se sont bien fichus de ces broutilles. car ils n’avaient qu’un objectif : sauver les intérêts des mafieux qui les financèrent, les installèrent au pouvoir et, maintenant que la crise s’amplifie, lorgnent vers de nouveaux sauveurs, les sociaux-libéraux dont François Hollande est le représentant en France.

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01 novembre 2011

Mardi 1er novembre

     On dirait que tout se précipite soudain, à commencer par les bombardiers d’eau en direction de La Réunion, laquelle attend depuis une bonne semaine qu’on veuille bien la secourir. Et Paris qui se décide enfin : il n’est jamais trop tard pour relever le nez de son livre de comptes… — mais bon, honneur est sauf. Il faut dire que le gigantesque incendie ravageant les hauteurs de l’île, en des forêts de fougères et de tamarins classées au patrimoine de l’humanité, et narguant des pompiers aux mains nues, ça faisait plutôt désordre, ça semblait même une purulence sur le beau visage de la cinquième puissance économique du monde.

     Sur ces entrefaits, s’illumine de joie le visage des Palestiniens : enfin reconnus en tant que nation à part entière par la majorité des membres de l’Unesco ! En revanche (on s’y serait attendu), colère affichée du clan Netanyahu, qui voit là les prémisses d’une reconnaissance officielle d’un futur état terroriste aux portes de son paradis. Mais en réalité, sous une apparence de courroux se dissimule le ricanement du saboteur patenté devant la bonne aubaine. Et Bibi de déclarer le lendemain que les négociations de paix sont devenues impossibles — ce qu’elles étaient depuis longtemps étant donné que la peur n’est jamais du côté de l’opprimé, plutôt de celui du bourreau devant l’horreur de son futur, mais passons. Bibi menace donc de priver l’Autorité palestinienne de ses vivres. Dans le même temps, il donne l’ordre à ses bâtisseurs d’accélérer les constructions de logements israéliens en zones colonisées, se permettant ainsi de passer sous silence, en dramatisant la situation comme le fait Sarkozy dans les domaines de la sécurité et de la finance, les revendications de son peuple. Et d’ici qu’un missile en fer blanc, manié par quelque taupe affublée d'un burnous, décole un prochain jour de la bande de Gaza pour aller faire long feu du côté d’Ofakim, gageons que les représailles seront à la hauteur de l’affront, et que le génie sarkozien se gardera de protester. Car notre président, en ses acrobaties stratégiques, a simultanément, en plus de celles qui lui sont habituelles et ne révoltent plus personne, deux casseroles sur le feu : d’une part Israël, nation amie qu’il s’agit de protéger pour des raisons électorales, éthiques et financières (mais chut !), d’autre part le monde arabe, embarqué quant à lui dans des révolutions qu’il va s’agir de gérer dans le “bon“ sens, c’est-à-dire de piéger dans une mondialisation au sein de laquelle il l’invite à le rejoindre pour la raison que ses besoins (cf la Libye) vont s’avérer au moins aussi immenses que ses réserves pétrolières — entendez que les échanges des plus juteux pour Total, pour le capitalisme financier et la spéculation. Là-dessus voici Papandréou, ce faux jeton, qui annonce au dernier moment, après tous les euros dont on l’Allemagne et la France lui ont fait cadeau, et sans en avoir référé à ses protecteurs, un référendum dans son pays de faignants. Et pas n’importe lequel : un référendum non pour décider du maintien de la Grèce dans l’Europe, auquel cas le Oui l’emporterait, les banques resteraient debout et le couple Sarko-Merkel pourrait poursuivre son cinéma, mais pour savoir si le peuple grec est d’accord avec le nouveau plan d’austérité auquel on le soumet. Auquel cas…

     Un scandale !

     Imaginez que les Portugais après cela, les Espagnols, les Irlandais et autres mal pensants s’avisent de réclamer eux aussi une consultation populaire… Pauvre Nicolas Sarkozy, pauvre Angela Merkel, qui voient se rapprochez des échéances électorales au parfum de défaite, doutent de pouvoir refaire le coup d’un traité de Lisbonne ramené par l’arrière après que le peuple l’avait rejeté par l’avant !

     Où Allons-nous ?

     En plus de l’extension de la crise financière, ce serait le début d’une crise de confiance à l’intérieur de la zone Euro, et prochainement d’une crise de ménage car Berlusco, ce moins que rien, va bientôt rejoindre son compère athénien au club des assistés. Branle-bas de combat subséquent, entrevues téléphoniques Angela-Nicolas, puis Nicolas-Barack tandis que les bourses ammorcent une plongée dans le rouge, que Papandréou se voit convoqué, reçu aux urgences par un pouvoir qui ne se partage plus, sommé de s’expliquer, admonesté devant la terre entière… On fulmine à Paris, à Berlin, à Bruxelles, on baisse les yeux à Rome, on bégaie à Athènes et Lisbonne tandis qu’à Nice, entre le paradis monégasque, éden des spéculateurs à l’affût, et la proximité du G 20 qui doit se tenir à Cannes pour soi-disant moraliser le Casino, hurlent de joie les altermondialistes, jeunes gens venus des quatre coins du monde pour s’indigner, comme nous, d’une politique laissant le peuple de côté (sauf lorsqu’il s’agit de le pressurer au profit de nantis qui en veulent toujours plus, et remettez-m’en un louche), et qui n’en croient pas leurs oreilles : un référendum ! Et les voici festoyant à grand bruit dans les rues qu’on a bien voulu leur laisser, et les voici qui procèdent à des lâchers de colombes… mon dieu ! et qui attirent les journalistes.

     — Angela ?

      — Oui, Nicolas…

      — Ne manquerait plus que mes imbéciles de Français en veuillent un eux aussi, de référendum.

      — Du calme, j’appelle Athènes.

     Inutile de poursuivre, vous connaissez la suite.

 

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30 octobre 2011

Et merde !

 

     Et le peuple grec sous perfusion, le peuple italien qui s’apprête à le rejoindre aux urgences, les Irlandais sur une civière identique et pareillement les Portugais, et pareillement les Espagnols, pareillement les Franç… — non, pas ceux-là, non, non, pas nous, par pitié ! Ne veillons-nous pas jalousement sur la note que nous ont attribuée les financiers du monde, ces AAA, oh, oh, oh, ouille, ouille, ouille, et dont se rengorgent non seulement notre impayable président mais aussi son Fillon, sa Péqueresse et sa Kosusko, sans oublier son Bertrand, son Besson et leurs congénères, en un mot la garde rapprochée demeurée dans ses bottes et disposée au carré, comme au derniers intants de Waterloo, quand le général Cambronne eut cette inoubliable répartie, inscrite en caractères cachés dans nos manuels d’histoire, et digne du « Casse-toi pauv’con » mis à l’honneur lors d’un salon de l’agriculture ?

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29 octobre 2011

Vendredi 28

 

batman le gras     Hier soir, intervention de notre bien-aimé président sur le petit écran : grâce à Mme Merkel et surtout à lui-même, invincible Batman à la poursuite  de quelque joker, l’Europe, Dieu soit loué, l’Europe que nous aimons tant est sauvée, et le monde avec elle. Sauvés, nous tous, d’une catastrophe dont vous n’avez aucune idée, innocents que vous êtes. Parvenue au bout du rouleau, la Grèce se serait en effet déclarée en faillite, et patatras l’euro se serait effondré et toutes les monnaies — dollar, yen, won, zloty, livre sterling, doublezons, dinar et autres cruzados — oui, toutes les monnaies se seraient vues remplacées par le troc (je t’échange ton cheval contre mon écran plat, mes pommes de terre contre ta femme, etc.), j’exagère mais à peine, il n’y a qu’à voir avec quelle vitesse les fameux SEL se développent urbi et orbi, y compris en Puisaye (SEL = Services d’Echange Locaux, lesquels créent leur propre monnaie, laquelle n’a d’autre fonction que de rapprocher les gens qui en ont de ceux qui n’en ont plus, mais en avoir ou pas n’est pas la question, on se démerde toujours). Autant vous dire (ici je rembraye sur Sarkozy-Merkel) que nous serions retombés des siècles en arrière, que nous aurions regagné nos cavernes, que nous nous serions nourris de raves épluchées au silex et piquées de sauterelles, ou encore de chanterelles d’automne. Mais il n’en sera rien, je vous le garantis, et c’est la raison pour laquelle, justement, vous m’avez élu président de la République : pour que je travaille sans relâche au maintien de notre triple A, que je laisse toute idéologie de côté, que je me montre pragmatique et que j’agisse, que je nous débarrasse du poids qu’auront représenté pour nos banquiers et nos chefs d’entreprises les tristes 35 heures et la retraite à soixante ans alors que nous gagnons six mois de vie à chaque nouvelle décennie, faites le calcul et vous tomberez d’accord avec moi : finie la plaisanterie. !  Même chose en ce qui concerne les milliers de postes d’enseignants qu’on vous agite sous le nez… Où trouver l’argent ? Nous vivons depuis des lustres au-dessus de nos moyens, depuis exactement le second septennat de François Mitterrand, que j’admire croyez-moi mais ce n’est pas une raison pour continuer dans la voie du laxisme, si bien que nous voici endettés au-delà du seuil d’alerte alors il faut bien qu’on rembourse, et pour cela il faut bien instituer une règle d’or au niveau des nations, alors à chacun de se serrer la ceinture, sinon quel héritage pour nos enfants ? Le gouvernement étudie la question dans la sérénité, avec un grand courage, et vous aurez toutes précisions sitôt passé le G20… et bla et bla, fermons la parenthèse.

     Ma parole, pour qui nous prend-on ? Pour des attardés ? Et nous voici qui écoutons, qui branlons du chef, qui apprenons dans les jours suivants que 55 % d’entre nous ont jugé le discours convaincant…

     Comme si aucun autre point de vue n’existait ! Comme si utiliser le catastrophisme nous faisait progresser, comme si la falsification de la vérité pouvait nous faire prendre conscience des enjeux ! La tyrannie de l’argent détourne à son avantage le peu de matière grise de ses assujettis, leur laisse entendre le pire pour qu’ils soient satisfaits qu’on ne les tonde pas plus…

     55 pour cent de convaincus ? Comme l’affirment nos hommes politiques, nous sommes un peuple intelligent, un peuple qui réfléchit, un peuple qui comprend !

 

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27 octobre 2011

Mardi 25

 4_humains     J’en suis à la moitié environ du programme du Front de Gauche. Ce que je lis dans ce livre rouge n’est pas nouveau pour moi. Voici des décennies que je suis parvenu à ces idées que tant de gens découvrent, bientôt quatre ans que je me bats pour elles. Et pourtant, leur lecture me pèse. M’apparaît un fossé entre la manière dont elles sont formulées et le titre qui les coiffe : l’humain d’abord. Car je ne vois rien d’humain dans cette énumération de mesures à prendre si par miracle la gauche de gauche, cette gauche qui sait ce qu’elle veut, antithèse en bref du Parti socialiste, parvient au pouvoir en ce prochain printemps.

     Certes, l’intention est bonne, excellente même, et loin de moi le désir d’apporter la moindre critique à un point quelconque de ce programme, non plus que d’en bouder l’objectif essentiel : extraire le citoyen de la grisaille où l’ont relégué le libéralisme, la finance, la mondialisation imposée sans que quiconque ait eu son mot à dire. Oui, de la grisaille dont on a recouvert — là je vais faire ricaner Copé — la vision historique d’une internationale des peuples  au sein de laquelle, une fois dépassés les soucis de fin de mois, de concurrence tous azimuts et de productivité sans raison, ce serait de l’être humain, de vous, de moi, de nous tous, dont s’occuperaient enfin nos patrons, nos élus, nos états. De nous tous et de nos besoins, de notre éducation, de nos désirs et de nos espérances, de notre équilibre, notre développement intellectuel, des soins apportés dès le plus jeune âge à la crativité de chacun.

     Etait-il besoin, pour remetre en piste ce rêve ancestral et le partager avec le plus grand nombre, que certains d’entre nous, parmi lesquels les plus instruits, les plus au fait de la situation, les plus à même de voir les failles dans la défense ennemie et de les agrandir pour les mettre en lumière, se réunissent durant des heures et raisonnent, déduisent, computent, supputent, rédigent sans omettre le moindre détail ni la moindre virgule, le programme le mieux bâti qui soit ? Peut-être, puisqu’il faut du solide à opposer aux contrevérités, aux falsifications d’une droite qui ne craint pas de mentir. Mais ce n’est pas obligatoire : plus le programme est précis, plus il est peaufiné dans ses divers aspects, plus il est aisé de le contrer. Et Jean-françois Copé, en sa clairvoyance de futur prétendant à la plus haute fonction républicaine, se fera un plaisir d’y dénicher le camouflage d’un un soi-disant défaut. Clamant alors à la chimère en affichant un sourire entendu, de rassembler autour de lui ceux qui refusent de comprendre, de moins en moins nombreux il est vrai en cette époque de vaches maigres.

     En quoi la logique, en quoi la précision peut-elle ouvrir l’esprit lorsqu’on se trouve à la merci du moindre imprévu, quand on a mal à l’âme ? À ce programme manque le soupçon de poésie qui peut rendre l’envie de sourire à ceux dont l’ordinaire n’est que soucis de matière, obéissance aux imposteurs qui se prennent pour l’élite.

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25 octobre 2011

Lundi 24 octobre

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nazca_10Tandis que la Tunisie votait en nombre ce dimanche, le Comité national de Transition, en Libye, s’est empressé de rétablir la charia, émanation de la volonté de Dieu, seul moyen pour le peuple d'ignorer le progrès, d'évoluer par lui-même vers une plus grande conscience.

 Doit-on s’étonner de cette différence d’orientation de la part des premiers bénéficiaires du “printemps arabe“ ?

La Tunisie s’est libérée de son dictateur par l’action de ses futurs citoyens, elle se retrouve aujourd’hui réunie devant les urnes, et elle exprime en toute liberté les différents courants  qui la traversent. Elle a choisi la voie de la démocratie, réjouissons-nous que le Front de Gauche la soutienne. Sans doute plusieurs décennies lui seront-elles nécessaires pour qu'elle établisse un régime respectueux des attentes de son peuple, mais combien de temps nous aura-t-il fallu, à nous autres Français, pour parvenir à ctte démocratie que nous avons pour le moment bien du mal à atteindre ?

La Libye offre une image bien différente. Elle ne s’est débarrassée de Kadhafi que par le moyen de l’Otan, par l’intervention des aviations françaises et britanniques, par les armes et les conseils qu’ont octroyés aux révoltés nos régimes libéraux, essentiellement occupés, comme à l'accoutumée,  de contrats commerciaux. Et si Michèle Alliot-Marie, obéissant sans doute aux ordres du président Nicolas Sarkozy, a proposé d’envoyer nos forces de l’ordre au secours de Ben Ali, alimentant ainsi la colère tunisienne, la même erreur ne se répéta pas dans le cas de la Libye : avant de n’en faire qu’à leur tête, nos Cameron et Sarko, en appelant à l'humanitaire, se sont assuré le soutien de l’ONU. Après quoi nos marchands de canon s’en donnèrent à cœur joie. Il faut dire que leurs interlocuteurs libyens étaient des plus fiables pour eux : tous sont d’anciens serviteurs de l’ancien ami Kadhafi, le président de leur comité de transition n’étant autre que son ancien ministre de la Justice, celui-là même qui fit condamner à mort les infirmières bulgares.

L’assassinat de Kadhafi n’est pas à déplorer, il ne méritait pas mieux. Mais la balle qui l’a abattua joliment traduit la volonté des puissants d’en finir au plus vite avec lui, de le réduire au silence avant qu’un tribunal international ne l’invite à donner sa version des faits. En tout cas, il ne s’est nullement agi d’un coup de feu spontané, ni de l’expression d’une justice quelconque.

 À ce propos, qu'en fut-il de Ben Laden, passé de même par pertes et profit ?

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24 octobre 2011

Samedi 22 octobre

 

Kadhafi   Lynchage de Kadhafi après que l’Otan, depuis les airs stoppant sa fuite, l’abandonna à la vindicte de la rebellion ; là dessus menaces d’effondrement de la Grèce, pareillement de l’euro et pareillement de l’Europe ; d'où l'affolement qu'on imagine dans les hautes sphères d’une finance mondialisée qui sent le vent fraîchir, voit se pointer un grain, un orage, une tempête… Décidément, pendant que les Libyens s’embrassent et font la fête,  que les Tunisiens s’apprêtent à voter pour un monde moins cruel, voici nos Merkel et Sarko, réunis à la hâte, qui cherchent à s'entendre sur le partage d'un os, d'un bout de gras, d' un détail essentiel dans le maintien en vie de nos nations vieillissantes et prospères…

    Prospères, d’accord, mais pour combien de temps ? La chine déjà, précédant l'Inde de moins d'une encablure,  et talonnées toutes deux par le Brésil, la Corée et le Zimbabwe, guettent les craquements de la structure qui va nous faire choir à leurs pieds.

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23 octobre 2011

Vendredi 21


gamin debout    
Soirée littéraire chez mon ami Laurent, poète et écrivain, engagé présentement dans la rédaction d’un bouquin sur le naufrage inénarrable qui accueille en fanfare le millénaire naissant. Nous étions une bonne quinzaine à avoir répondu à son invitation, mais il ne fut question ni de finance ni de politique, encore que l’ouvrage présenté, dont Laurent nous lut la majeure partie tandis que dans sa cheminée s’alanguissait les flammes, résonnât, tant dans la France d’Henri II que dans l’Europe de Nicolas Sarkozy, d’une actualité brûlante. Il s’agissait en effet du Discours sur la servitude volontaire, rédigé en 1549 par Etienne de La Boétie, alors âgé de 18 ans.

    Passons sur les siècles allègrement franchis par la modernité de l’œuvre, passons également sur la jeunesse de son auteur et voyons la question que ce texte nous pose : Pourquoi un seul peut-il gouverner un million alors qu’il suffirait à ce million de dire Non pour que le gouvernement disparaisse ? M’est alors revenu cette idée, précédemment exprimée dans ma “Lettre ouverte“, à savoir que l’humanité, comme les individus qui en sont les cellules, les atomes dotés d’une existence propre encore qu’ils lui soient liés, et réciproquement, a franchi un à un les paliers qui l’ont menée des vagissement de sa prime enfance au stade qu’elle atteint aujourd’hui.

     Je me disais que nous en étions actuellement à l’adolescence, dont je situais les premiers bourgeonnements aux alentours de la Révolution, autrement dit de l’éclosion mentale au cours de laquelle nous nous sommes dressés devant notre roi (symbole du père), l’avons défié et, acte freudien par excellence, l’avons tué comme on tue justement le “père“. D’où une soudaine autonomie, sa mise en place définitive survenant quant à elle aux alentours de la révolution industrielle, soit cinquante ans plus tard. Or, dans ce bel arrangement, j’oubliais que rien, à l’échelle d’une entité aussi vaste et complexe que l’espèce humaine, ne s’accomplit à une telle vitesse, ni aussi simplement. Et voilà que La Boétie, par sa question posée d’une voix douce, me contraignait à revoir ma théorie, du moins dans son détail. Changeant d’échelle, revenant à l’individu que je suis (que j’ai donc pu observer de l’intérieur), et le voyant, lui, jeune homme de 18 ans, capable d’une dissertation que peu de nos contemporains seraient capables de mener avec un tel brio et conduire à son terme, je me suis dit que si l’adolescence, sur le plan psychique, démarre à la première révolte contre l’autorité, il nous fallait remonter à Spartacus pour voir s’effectuer le premier pas hors de notre enfance, porter un premier regard sur notre condition, analyser nos sociétés, envisager de les transformer pour plus d’égalité, et de justice.

    Dans cette optique, n’est-il pas remarquable que cette révolte d’esclaves, qui a si bien marqué les esprits qu’elle continue de nous inspirer, ait précédé de moins d’un siècle l’apparition d’un Christ en appelant au partage ? Et que ce premier signe de mûrissement ait mis deux mille ans pour se muer en l’adolescence qui est nôtre aujourd’hui ?

     La soi-disant démocratie, autrement dit la concession qu’ont accordée aux peuples, en vue de mieux dissimuler leurs prédations, les héritiers et successeurs des tyrannies anciennes, en un mot l’ultime volonté de chefs d'état à l’agonie, va désormais se transformer, s’étendre aux domaines dont fut privée la vraie démocratie, ou souveraineté des peuples. Entendez la gouvernance de la production, des banques et des armées.

    Combien de temps me fallut-il, à moi, pollen humain  ballotté par les vents du hasard, pour passer sans m’en apercevoir des châteaux de sable, puis des jeux de cow-boys et d’indiens de mes vacances,  à la prise en charge de mon destin ?

     Aucun enfant ne naît esclave. Il subit sans s'en rendre compte l’autorité de ses parents d’abord, celle de ses maîtres ensuite. Jusqu’au jour où, suffisamment formé, il se juge assez fort pour voler de ses propres ailes.

     “Discours sur la servitude volontaire“ ?

     Trop de pessimisme dans ce titre. Nous dirions à présent “Discours sur l’émancipation, l’évolution brouillonne  des sociétés humaines“.

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22 octobre 2011

Lundi 17 octobre

mutuelle-chien-300x300      Montebourg qui me revient à l’esprit, Montebourg qui a capitulé. Je ne sais comment s’y sont employés Martine et François, mais ils ont réussi à le passer sous silence. Aucune allusion à ses exigences, aucune réponse aux questions qu’il avait posées. Chapeau ! Et pour moi qui n’avais pas assisté aux affrontements précédents, mais avais été attiré cette fois par ce que je pressentais comme un combat de gladiateurs,  la manière dont s’est déroulé le duel m’a laissé pantois. On se serait cru à un théâtre de marionnettes, avec ficelles tirées au bon moment. Certes, Martine s’est parfois montrée agressive mais François, nullement surpris, a su parer chaque coup, a réussi à esquiver chaque attaque avec l’élégance d’un politicien confirmé, la grâce d’un éléphant en but aux chinoiseries d’une lionne on ne peut mieux dressée. Je ne me suis pas endormi devant le petit écran, mais j’avouerai n’avoir eu aucun mal à trouver le sommeil sitôt le rideau tombé.

     Seulement, à mon réveil, alors que nos deux protagonistes émergeaient de la nuit, j’ai ressenti de la lassitude, comme une envie de vomir. C’était cela, leur affrontement d’idées ? Et ce seraient des bien-pensants de cette espèce qui allaient prendre en main le destin d’un pays au bord de l'infarctus ? Qui allaient aider les Français à trouver leur chemin dans les ruines d’une société tant marchande que malade, dans les décombres d’une civilisation à deux doigts de rendre l'âme ?

     Hollande, héraut du Parti socialiste ? Hollande, réincarnation de Jaurès ?

    J’ai peur, j’ai mal, j’ai froid. D’autant que l’ami Palteau, en apparence, a obtempéré à mon souhait de rupture. Aucune nouvelle de lui, aucune nouvelle des copains, pas même de Michèle F.

     Pourquoi cette camarade, que je ne connais que de nom, me revient-elle à l'esprit ? Dans un but de rapprochement, naïf que je suis, j’ai répondu hier à ce courriel qu’elle adressait au groupe :

      J'étais intervenue ici même pendant le mouvement contre les retraites, pour demander une réunion avec les 46 membres de cette liste… Peine perdue !     Pourquoi autant d'opacité ? Si nous voulons remettre l'humain au cœur du système, commençons par un échange clair. Le virtuel est un outil, mais c'est dans la vraie vie, localement, sur le terrain… que nos luttes doivent s'incarner et nos forces se conjuguer… 

     Qui s'occupe de cette liste ? Qui l'a constituée, et sur quels critères ? Y a-t-il un comité quelque part ? Enfin, peut-on en connaître les différents destinataires ?… Mais peut-être ai-je raté quelque chose…

      Parce que Michèle F., qui n’appartient à aucun parti, a dû en effet louper quelque chose, passer à côté de mon semblable appel à réunion et discussion, appel demeuré lui aussi lettre morte. « Nous verrons cela la semaine prochaine. » m’avait répondu Palteau il y a de cela un an.

     Palteau n'en ferait-il qu'à sa tête ? Il me semble trop sérieux pour cela, et puis il appartient au groupe de Clémentine Autain et Clémentine Autain, encore que Palteau ne soit pas d'accord, a rallié le Front de Gauche.

     — Eh non, Michèle F., pas de pilote dans l'avion de l'AGB, non plus que de co-pilote. Tout juste un préposé aux écritures. Dans notre beau département, la gauche de gauche me semble mal partie.

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20 octobre 2011

Jeudi 13

 

 échelle nuit Réponse plutôt sympathique de Sylvère à ma lettre aux copains de l’Atelier. Sylvère est    d’ailleurs le seul à s’occuper d’autre chose que de matière Je commence à comprendre ce gars, sans    illusion lui non plus mais le laissant à peine percevoir. Je lui réponds. Non d’homme à homme, mais de    militant à militant, ouvertement, et contrairement à lui en passant par le groupe Yahoo, c’est-à-dire en    offrant ma réponse à qui voudra en prendre connaissance, la soupeser, y réfléchir quelques instants. Ce    que fit Palteau, entré en scène alors qu’on ne l’avait pas ouvertement sonné, dégainant à tout va, tentant de me porter un coup mortel tout en se faisant mousser. Il en appelle pour cela à Victor Hugo, qu’il  situe à un milliard de caractères typographiques au-dessus de moi. Fin manœuvrier, il commence bien  entendu par me caresser dans le sens du poil à propos de mon bouquin (qu’il n’a pas lu mais qu’il juge  bien écrit), espérant ainsi convaincre ses groupies qu’il a du répondant dans la cafetière et, qu’en tant  qu’ancien journalise de la presse syndicale, il sait de quoi il parle. Puis il m’accuse de vouloir m’imposer.  Je lui réponds avec ma franchise habituelle, et j’en profite pour rompre avec l’organisation dont il est  persuadé qu’elle mène à la victoire : l’Autre Gauche en Bourgogne — AGB pour les initiés — qui se  voudrait le pendant bourguignon de Limousin Terre de Gauche mais n’en sera jamais que la caricature :  4,3% des voix aux dernières régionales, pas le moindre élu, ce qui ne nous empêcha nullement, au siège  de la Fédé, de fêter ce résultat avec force pâté de campagne, pâté de foie, vin rouge et rigolade. J’avais  bien tenté ce soir là de mettre un bémol à la fête, de réveiller les camarades mais les camarades, vous  comprenez, pour une fois qu’ils étaient ensemble et pouvaient s’amuser… En fin de soirée, je suis rentré  chez moi là la queue entre les jambes, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui : les écrivains que Palteau s’imagine que je méprise (Marx, Freud, Keynes etc.), je les ai placés en exergue de chacun des chapitres de ma “lettre ouverte“, et Victor Hugo se vit honoré de tout un encadré.

     Pauvre Palteau, pauvres de nous. Comptons cependant sur la génération naissante pour accomplir à notre place le saut qui nous élevera d’un échelon sur le chemin de notre clairvoyance, que certains nomment " l’échelle de Jacob."

 

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19 octobre 2011

Un certain mercredi

4peluche     Face à face télévisé Aubry-Hollande : rien de neuf sous le soleil, si ce n’est que la rigidité des esprit déborde désormais sur les corps, ou l’inverse, l’être humain est un tout. Mais les deux impétrants appartenaient-ils toujours au genre humain ? Figés dans des certitudes ne différant que d’un cheveu, maquillés l’un et l’autre et pareillement attentifs à se maintenir sous contrôle, Martine et François nous ont offert en un peu plus d’une heure le magnifique spectacle de deux momies animées des meilleures intentions, de deux androïdes échangeant des propos aigres-doux, de deux statues de cire s’entretenant d’un avenir  impeccable, d’un horizon radieux et accessible, d’une traversée sans creux ni houle, et bonne nuit les petits.

     Seul réconfort pour le mécréant, l’iconoclaste que je resterai toute ma vie : la langue de bois socialiste nous changeait quelque peu de la langue de vipère en fonction chez l'ennemi. D’où, d’une part, la fureur de Jean-François Copé, dépité que les caméras se soient reportées sur d'autres que lui, et d’autre part le silence contrit d’un François Fillon qui avait déclaré la veille que ces primaires constituaient un modèle pour la démocratie : son camp, l'UMP,  devait envisager une démarche semblable dans les mois précédant la présidentielle de 2017. Bien entendu, hors de question cette fois-ci : Nicolas Sarkozy, haï comme aucun président ne le fut, totalisant de plus  trente pour cent d'intentions de vote, était le candidat naturel de la Droite.

    On ne peut que s'en réjouir.

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18 octobre 2011

Le lendemain

 gamin    Chers camarades,

     C'est avec appréhension que je viens aux réunion de l'AVA. Non que je les trouve dénuées d’intérêt, au contraire. J’avouerai même que j'y apprends beaucoup quant aux aspects matériels de la crise. Mais je redoute d'y être frustré, ainsi qu'il en fut hier. Comment vous expliquer ? Il me semble que le malaise réside dans notre manière de raisonner, d'éviter les questions qui fâchent. D'où le présent message.

     Pour moi, mené par son envie d'un toujours plus, en quelque sorte par sa boulimie, par ses démons, le capitalisme se trouve au plus mal. Et quand je dis "démons", prenez le terme au pied de la lettre : le système capitaliste, porteur d'un poison mortel depuis ses origines, donc diabolique au sens biblique du terme, ne peut que nous mener au chaos. Plus moyen de raisonner avec lui, il a basculé du côté obscur du mental, et ce n'est pas notre logique qui pourra le combattre, non plus que les chiffres dont certains se rengorgent. Si cela avait été le cas, Marx aurait eu raison de lui.

     Pourquoi n'en a-t-il rien été ?

   A présent que le lièvre est levé, me vient cette réponse possible : capitalisme et marxisme souffriraient l'un et l'autre d'un excès de matérialisme. De même la civilisation -chrétienne qui les engendra et qui dans la foulée, en même temps qu’elle creusait sa tombe en reniant ses principse (aimez-vous les uns les autres), forgea nos manières de penser, ou plutôt de ne pas penser, ou de penser de travers.

    Je trouve que nous raisonnons comme des pieds, et ce sentiment, imprimé dans mes veines depuis l'époque des culottes courtes, s'est amplifié lors de la réunion d'hier. Jusqu’à me mettre dans une rage dont vous n’avez idée.

     Quand bien même serions-nous rassemblés par une même volonté de changement, il y a une chose que nous refusons d'admettre : malgré le diagnostique que nous avons établi quant à la maladie dont il souffre, jamais nous ne viendrons à bout du monstre si nous jouons les ânes. Le diable est en lui, et il nous faut à son encontre abandonner la mathématique au profit de l'exorcisme. Or, matérialistes convaincus, rejetant tant Belzebuth que Yaveh, nous sommes assez mal armés pour une telle entreprise.

     Solution : attendons que ses propres délires mettent la finance à genoux, que le sang lui dégorge de la gueule. Alors seulement, redevenus des êtres libres, redevenus poètes et n’ayant peur de rien, nous achèverons le bestiau, égorgerons les chiens qui le défendront encore. Tant pis s'ils sont nombreux, le Grand Esprit ne nous en voudra pas. Comment d’ailleurs le pourrait-il ? En tuant le mal qui le menaçait à travers nous, nous serons permis en effet de retrouver la verticale, de nous remettre en route,  de renouer avec nos aspirations de toujours.

     L'homme, mes chers camarades, est la synthèse de plusieurs composantes, à commencer par la matière et l'énergie, si tant est qu’on puisse encore les distinguer. Mais pas seulement de cela. Au même titre que le dauphin, que la fourni, l'hirondelle et et la taupe, mais plus encore qu’eux, les hommes héritèrent de l'Esprit.

    Eh bien que l'être humain, maintenant qu'il a réglé les problèmes matériels qui, durant des millénaires, l'enchaînèrent à la terre des puissants avant de le river à leurs machines, songe à présent à lui. Qu'il se lance en conscience dans la formidable, la magnifique conquête qui sera celle de l'infini qu'il distingue dans le ciel en même temps que dans les replis de son propre cerveau. Car ce sera cela, le progrès de l’humanité. Une élévation du niveau de conscience de chacun, une exploration des innombrables possibilités dont elle ignore encore tout. 

     A présent, une page de publicité.

     Cette élévation, cet accès à la conscience globale, est le sujet de l’ouvrage que je vous ai proposé hier et qui, à mes yeux, aborde le seul sujet qui nous importe à tous : la remise en route de notre évolution, c’est-à-dire la révolution qui devra s’accomplir tant en chacun qu'en chaque peuple,  et qui illuminera l'ensemble de la  société.

     Alors, voulez-vous en discuter avec moi, voulez-que nous tentions de modifier nos points de vue, ou préférez-vous que nous continuions à tourner en rond ?

      Une dernière chose :

     Lorsque, citant de Gaulle, je me suis retrouvé en but à certain ricanement, j'ai eu honte pour le ricaneur. Car le XXème siècle, qui ne fut en rien celui de Lumières mais plutôt le témoin des tueries que nous savons, eut cependant la vertu de nous offrir  trois figures légendaires :

     La première s'appelait Jean-Jaurès, elle fut assassinée.

     La seconde Charles de Gaulle, fut rejetée par la démocratie après qu'elle en eût tiré le meilleur.

     La troisième, Pierre Mendès-France, fut bazardée sans qu’on daignâtqu'elle poursuive son essai prometteur.

     Alors cette question : où notre conscience se trouvait-elle en ces époques indignes ? Où se trouve-t-elle aujourd'hui ? De quels progrès peut-elle s’enorgueillir depuis l’accablement d’Auschwitz et la brûlure d’Hiroshima ?

 

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15 octobre 2011

Mercredi 12

 

D’abord, dès l’ouverture de l’Atelier Vérité sur l’argent, le président de séance, comme je l’en avais précédemment prié, m’a donné la parole. J’ai ainsi annoncé aux trente copains présents que mon bouquin était disponible, que j’en avais plusieurs exemplaires dans mon sac, qu’ils pouvaient l’acquérir pour onze euros quatre vingt-dix. Ce à quoi je les invitai car c’est un excellent bouquin, capable d’ouvrir les esprits les plus imperméables à la politique, de les amener à réfléchir et à voter pour notre candidat, Jean-Luc Mélenchon. Puis la séance fut ouverte, qui porta sur la crise et la dette. Elle fut comme à son habitude hautement intéressante sur le plan des chiffres, tout à fait déplorable quant au côté philosophique vers lequel j’ai tenté de faire glisser le dialogue. Comme à l’accoutumée, je n'ai pas vraiment réussi, et je suis ressorti de la séance quelque peu dépité. Cela pour deux raisons : d’une part je n’avais réussi à vendre qu’un seul exemplaire de mon livre, ce qui est un comble lorsqu’on sait que l’ouvrage fut rédigé à l’intention de ceux qui justement n’en ont cure ; et d’autre part pour la raison que tout le monde, Barlouin en tête, s’était fichu de moi à propos de la guerre que déclarerait infailliblement la finance internationale à ceux (c’est-à-dire à nous autres) qui s’en prendraient à elle.

— En 1792, la noblesse européenne nous l’a déclarée, la guerre ! Et nos sans-culottes lui ont cloué le bec.

— Nous n’avons plus de sans-culottes.

— Il nous reste la force de dissuasion que nous a léguée de Gaulle.

— De Gaulle ?

Là, il faut que vous vous mettiez dans l'ambiance, que vous compreniez que l'assemblée étaient composée de communistes purs et durs à qui on ne la fait pas. Sitôt passée la seconde d'un silence effaré — de Gaulle ! —, Barlouin a hurlé de rire, ouaf ouaf, suivi de nombre de ses semblables, ouaf ouaf, tous cocos, tous hurlant et se tenant les côtes, figés tous dans la haine ancestrale vouée à l’homme qui les avait coiffés au poteau, du temps de Mathusalem, enfin de Maurice Thorez, voici soixante-six ans. Et qui comptent bien, ou qui du moins font semblant, éclairés qu’ils sont désormais par soixante ans de réflexion, de débats démocratiques et d'erreurs qui leur ont coûté cher, bâtir une société nouvelle !

La honte, oui, rehaussée de dépit, l’accablement final ! Mais attendez, les gars, je n’ai pas dit mon dernier mot.

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14 octobre 2011

Mardi 11 octobre

 

Dimanche dernier, premier tour des primaires socialistes. Au flair, et sans la moindre hésitation malgré que le groupement politique auquel j'appartiens m’ait invité à demeurer chez moi, j’ai voté pour le seul candidat qui ait encore, au sein d’un PS vautré dans sa bonne conscience et son train de vie « bobo », des idées socialistes. Je parle bien sûr d’Arnaud Montebourg. Les autres, si l’on met de côté Manuel Valls, histrion de l’UMP, et Ségolène Royal, reniée par les importants de son propre camp, seraient plutôt des ventres mous occupés de leur seul ego. Et ce qui m’a profondément réjoui le soir même, en plus du fin sourire de Jean-François Copé, que je sens déjà se transformer sous peu en une incarnation de la déconfiture, c’est de voir Montebourg, dans la perspective d'un second tour entre Aubry et Hollande, refuser de prendre parti. Magnifique, sa stratégie de la lettre !

Que vont faire nos compères pour se tirer de la chausse-trappe qu'il ouvre sous leurs pas ? Les paris sont ouverts, mais je gage que l’on s’agite dans les Q.G. de campagne, que ça bout sous les crânes, que nombre de doigts s’affolent sur les calculettes et les claviers d’ordinateurs. Car ce ne sont pas les idées qui priment chez ces élus. Chez ces gens-là, monsieur, on ne pense pas, monsieur, on ne pense pas : on compte.

Mais pourquoi, bon sang, pourquoi Mélenchon, Pierre Laurent et autres n’ont-ils pas invité leurs troupes (dans l’Yonne quelque peu débandées, et rien ne dit qu'il en aille mieux ailleurs) à participer à ces primaires inédites ? Et serais-je le seul à m'être déplacé pour offrir mon euro et mettre mon bulletin dans l'urne ? Je poserai la question mardi soir, à la réunion de l’Atelier “vérité sur l’argent“.

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20 septembre 2011

GRANDE NOUVELLE

.lettre ouv COUV

Chers amis,

Durant plusieurs mois, j'ai travaillé à un essai sur la situation morale et politique de la France telle qu'elle se présente, à la veille des élections présidentielles de 2012, à l'individu que je suis. Essai qui n'a rien de très savant, si cela peut vous rassurer, mais qui mêle à la fois l'esprit de certains billets d'humeur  de ce blog et les espérances dont je ne n'ai pas caché qu'elles étaient miennes.

Cinq mois d'écriture et de réflexion (ainsi est né Fouquet's Révolution) suivis de cinq mois de recherche (par le sommet) d'un débouché militant qui n'a pas abouti. Mais je suis opiniâtre et, puisqu'on refusait de m'ouvrir les portes de l'Olympe, je me suis décidé à passer par la cave, en gros d'emprunter le soupirail. J'ai donc dragué comme un fou sur facebook, et je me suis lancé un beau matin, proposant à nombre d'organisations politiques et syndicales ancrées dans les régions de leur vendre (à prix réduit) le bouquin publié par moi, ceci pour qu'elle le revendent (à leur profit) lors de toutes manifestations auxquelles elles partciperont.

J'en étais à plus de la moitié de cette campagne de communication lorsque j'ai reçu un message d'un certain Alain Guillo, éditeur, qui se disait intéressé par mon ouvrage. Je le lui envoie donc en pdf, il me rappelle le lendemain et, enthousiaste, me convainc de passer par lui, si bien que nous signons quelques jours plus tard. Dans l'opération,  Fouquet's Révolution devient le livre placardé en tête de ce message.

Vous trouverez plus ample information sur le site des éditions "Les Points sur le i". Ce sont des éditions militantes et leur directeur, comme moi, se bat pour le Front de Gauche.

Vous encouragerai-je à acheter le bouquin et à le lire, à le passer à vos copains et copines afin qu'il aide certains d'entre nous à voir un peu plus clair dans un capharnaüm que je situe, sans le mondre doute,  entre l'adoration du Veau d'or et l'écroulement de la Tour de Babel ?

S'il n'y avait que ces tristes lambeaux d'une civilisation à l'agonie, je nae sais pas. Mais il n'y a également les indiens Cherokees, les étoiles et les blé, l'éclairement de l'horizon…

Alors je vous dis oui, achetez-le et lisez-le. Vous voterez ensuite en hommes et femmes responsables, et imaginatifs. Et je voterai comme vous, et nous vainquerons le Veau, ses représentants, ses serviteurs et ses godillots.

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16 juillet 2011

Éva jolie, l'armée a défilé

article_14juillet

 

L’armée a défilé. J’étais chez des amis, avec plein de bonnes choses à manger, du vin et du soleil, J’ai pas allumé la télé pour la voir, tant pis. Et puis le lendemain, j’allume la radio et qu’entends-je ? Eva Joly ! Ou plutôt les propos d’Éva Joly rapportés par la bien pensance UMP/FN, à laquelle se sont ralliés les godillots du Parti Socialiste…

 

Parce qu’Eva Joly, candidate aux présidentielles, a contesté le défilé militaire sur les Champs Elysées, avec Sarko dans l’axe du troupeau et ses ministres derrière lui, pétris tous de leur importance en ce jour de gloriole, tous arborant l’air grave de qui se trouve en charge du destin de la nation et de sa protection contre les voyous.

 

Et parce qu’Eva Joly, en sus (on distingue là ses origines étrangères), a proposé un défilé citoyen avec en tête les écoles maternelles, les mères de famille suivies des chômeurs, des ayants droit, des intermittents du spectacle, des smicards, etc., le bourgeois quant à lui trouvant refuge derrière le CRS !… Alors les Fillon, pensez donc, et les Copé, et les Marine et Martine de hurler au scandale dans les micros de France Inter.


Il n’y a que Mélenchon, intelligent comme il est, qui a su demeurer loin du capharnaüm en déclarant ceci : " Un défilé militaire (un, deux – un, deux) pour la patrie républicaine, d’accord, à condition suivi qu’il soit suivi, pour la partie sociale de la première, d’un défilé du peuple."


Pas con, encore qu’un défilé populaire, même supervisé par Guéant, dont on connaît la rigueur, succédant à celui d’une armée tirée au cordeau (n’ayant en sus consommé ni krak ni alcool), ça risque de faire désordre dans le paysage audiovisuel (PAF).


Comment lier élégamment ces deux parties de la France que sont le peuple et son armée de métier ?


Tout simple : en les faisant s’épouser, comme il en fut en 1789 , et que le bidasse de Bergerac défile au bras de la drôlesse  du Fouquet’s, et qu’ils se repassent la bouteille, et que le général en fasse autant, qu’il soit hissé au pinacle du char de la fierté homosexuelle, et que le drag-queen, le prenant en pitié, partage avec lui son exubérance tandis que sa copine, enfin son copain (mais allez donc savoir, on est tous frères et sœurs à la surface du monde), le débarrasse délicatement de son képi pour le coiffer de la perruque de Robespierre, ou de celle de Louis XVI, récupérée au pied de la veuve, ou encore de quelque faux (-se) roux (-sse), et que notre 14  juillet national redevienne une fête à tout casser, et qu’on oublie les exactions de nos armées en Indochine, ensuite en Algérie, sans parler de leur comportement lors de la colonisation de l’Afrique, plus récemment durant un génocide, ni de la débâche de… — mais putain, pourquoi on en parle jamais, des populations massacrées !


Bon ces mots, ces virgules, tout ça, vous l’aurez compris, c’était pour ramener mon bout de gras à la table des discussions, histoire de pas rester en rade sur le bord de la route.


Parce que un défilé de la grande muette, tout  comme un alignement de casques et de têtes de bois face à des gens qui réclament simplement justice, moi, ça ne me provoque pas le moindre frétillement au niveau de la braguette. Je l’avouerai même : ça me rend malade.


Maintenant, descendre les Champs avec Éva jolie, d’autant qu’on a le même âge elle et moi, qu’on a tous les deux des lunettes et que j’aimerais visiter le pays de son enfance et qu'en échange elle vienne chez moi… alors là, bien qu’illuminé par la personne de Mélenchon il y a quelque jours encore (je vous expliquerai ultérieurement pourquoi je le suis moins, pourquoi je ne ne suis plus tout à fait PCF non plus), eh bien vous me croirez ou pas, ça m’émoustille à tel point que me voici reparti à bâtir des chimères. 

 

PS : Quand même, si j'étais une fille, une jeune, et que je voyais en vrai ce beau militaire arborant sa virilité, une deux, une deux, dans l'axe du triomphe, ça me… ça me… me… — enfin, quoi, il y a photo, je vais pas vous faire un dessin.

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04 juillet 2011

Politique fiction

drapeau_NPA

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Hier soir, lors d’une soirée poétique et musicale au Cabaret des oiseaux, je croise trois militants du NPA. En tant qu’électron libre du Front de Gauche, me vient alors l’idée de sonder le camarade H. quant à l’orientation récente de son parti.

Moi : Salut, tu vas ?

Lui : Mouais.

Moi : Dis moi, je ne suis plus au courant de grand chose… peux-tu me dire où en est le NPA depuis que Besancenot…

Lui : On n’est plus constitués que de deux courant : les identitaires (de peu majoritaires) et les unitaires… dont je fais partie. C’est-à-dire eux qui veulent l’union avec le Front de Gauche mais pas avec les cocos, non, ceux-là, on n’en veut surtout pas : aux législatives, pour sauver quelques sièges, ils vont encore s’allier avec les socialistes.

 Décidément, il ne changera jamais, ce H. ! Encore n’a-t-il pas dit qu’une troisième tendance du NPA, celle qui voulait une véritable unité de la gauche de gauche, s’apprête à rejoindre le F de G, et que le NPA, des 9000 adhérents dont il se prévalait voici un an, est tombé à 3000. Mais passons…

Passe donc la nuit et ce matin, alors que j’œuvrais dans mon potager, la tête encore gonflée de la barcasse NPA, , m’est revenu le titre d’un bouquin qui fit grand bruit à sa sortie : Besancenot, idiot utile du sarkozysme. Et je me voici dans la politique fiction.

 

Voyons… Besancenot s’apprêtant à partir au secours de Gaza avec une nouvelle flottille de la paix, réplique de celle que les Israéliens, grands seigneurs, arraisonnèrent l’an dernier avec la noblesse qu’on sait ?

Courageux, ce Besancenot !

Seulement, derrière l’action humanitaire, il y a le Mossad, la DGSE et Tsahal, et Netanyahu, et Sarko et la CIA etc, avec d’un côté un téléphone rouge pour la sécurité du monde occidental, de l’autre des signaux de fumée entre groupuscules terroristes… Putain, ça va barder !

Option 1 :

Au cours de son opération héliportée, Tsahal, qui s’en excusera officiellement ensuite, flingue notre facteur national. Du coup, le NPA gagne un demi pour cent d’intentions de vote pour les présidentielles.

Option 2 : notre infatigable facteur, au cours de l’opération destinée à secouer les consciences, tombe vivant à la flotte, puis est récupéré par le Mossad qui le refile en douce au Hamas, lequel se met à dos toutes les nations civilisées en s’en servant de monnaie d’échange

Examinons maintenant les conséquences de chacune de ces deux options :

1 – Besancenot ad patres, notre Président se trouve privé du sous-marin qui lui servait essentiellement à désunir la gauche. Du coup, Mélenchon devient véritablement dangereux et, pour peu que DSK revienne blanchi de la fosse d’aisance où l’aura précipité une honnête femme de chambre, la collusion UMP – PS éclatera au grand jour. Ce qui gênera les affaires, donc le Medef, donc les israéliens et leur protecteur yankee.

2 – Notre facteur aux mains des Martyrs d’Al-Aqsa ou d’on ne sait quels intégristes, risquant par là de se prendre d’amitié pour Ahmadinejad et les talibans, l’équilibre du monde s’en trouvera pareillement menacé, ainsi que les profits pétroliers et les cours de la Bourse.

Conclusion : Olivier Besancenot peut s’en aller tranquille en croisière pour Gaza. La DGSE et le MEDEF veilleront sur son embarquement dans de bonnes conditions, la CIA sur son confort durant la traversée, le Mossad sur une capture médiatisée qui le montrera comme à son habitude, Tsahal et Jupé veillant pendant ce temps sur son extradition (en réalité son rapatriement mais chut ! secret défense, on joue avec le feu).

Et ce sera tout bénéfice pour Nicolas Sarkozy, Barack Obama et consorts, de même tout profit pour Marine Le Pen, qui se sera ralliée au passage, la finaude, les voix hautement précieuses des institutions juives de France.

Besancenot sous-marin du FN ?

Allahou akbar !

 

En fait, cessons de nous monter le bourrichon : le facteur va rester sur les quais du Pyrée.

Grâce à Netanyahu, premier ministre israélien récemment applaudi par le Congrès américain, les Etats-Unis ont fait pression sur Jupé, lequel a conseillé à la Grèce de bloquer la flotte des navires humanitaires qui, le NPA en figure de proue, s'apprêtaient à voguer sur Gaza, avec les conséquences que l'on imagine sur la réputation du sionisme.

Plus de contestation à redouter, donc, plus de problème gazaoui, le facteur blanc comme neige, que chacun dorme en paix !

Et vive Netanyahou, vive les Etats-Unis, vive la Grèce et Papandréou, vive la solidarité judéo-chrétienne face aux multiples formes du terrorisme, à commencer par celle d'un peuple colonisé, prisonnier de hauts murs et certes affamé, humilié, mais qui ferait mieux de fermer sa gueule tandis que la justice internationale fait mine de s'occuper de son cas.

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Shalom,

Salaam,

et roulez jeunesse !

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05 juin 2011

Une couche d'immondice, une autre par-dessus… circulez !

immondices

 

On a eu, avec l’affaire Woerth, le triste spectacle d’un ministre innocent surpris l’index dans le pot de confiture…

 Avec l’affaire MAM, on a pu mesurer la collusion entre les dictateurs arabes et certains des ministres de la république…

Puis ce fut la magnifique opération US sur la soi-disant demeure du soi-disant Ben Laden, là-bas au Pakistan, avec ramassage des douilles, nettoyage des lieux, enlèvement et immersion de la dépouille de l’ennemi public dans les abysses de l’Océan indien… — ceci pour  éviter la création d’un lieu de pèlerinage. Et tout cela en quarante minutes.

Quant au film de l’opérations et aux photos du salopard… finalement, que dalle !

On commençait à se poser des questions lorsque…

… notre cher Dominique Stauss-Kahn, sortant au bon moment d’entre les bras de Morphée, a glissé sur une savonnette avant d’avoir pu se vêtir décemment et, déséquilibré malgré ses hautes fonctions au sommet de la finance, a capoté sur le corsage d’une femme de chambre, où il éjacula… Et paf, embarqué au gnouf de Harlem, l’ex-futur président !

Voici donc la communauté internationale atterrée et l’affaire Ben Laden à la trappe.

Là-dessus l’affaire Tron. Tron, pas le film de Disney, non, Georges Tron, le secrétaire d’ État qui aurait, avec la commissaire de police de la ville de Draveil… puis avec ses collaboratrices à la mairie de Draveil, où le droit de cuissage… etc, etc…

Là-dessus, pour détourner les esprits de la hausse des prix, de la misère de l’hôpital public et du naufrage de l’Éducation nationale dans le tsunami qui frappa la finance planétaire, voici l’inoxydable Christine, notre fière ministre aux dents blanches, délaissant ses casseroles pour s’en aller remplacer au pied levé, pour le plus grand bonheur des Grecs, le présumé Strauss-Kahn dans le sauvetage du monde.

À ce moment, nouveau pavé dans notre commune fosse d’aisance, Luc Ferry y va de son étron personnel : un ancien ministre aurait abusé de petits garçon dans les souks marocains et tout le monde le savait mais personne ne pipait — secret défense, honneur de la Vème république, respect, devoir, présomption d’innocence et savoir quoi encore.

Owh, owh, owh !… comme le gronderait l’Alex d’Orange mécanique pour clouer le bec de ses compères, on se calme.

Car voici, camarades  adorés, sur le tas de fumier tiré des bas-fonds de l’Olympe, ce magnifique rayon de soleil :

Carla… Nicolas… heureux événement… descendance assurée.

C’est futur grand-papa en personne qui s’est chargé de l’annoncer.

Ouf.

Bravo Sarko.

Merci Carla. Que le Seigneur soit loué.

Maintenant circulez.

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16 mai 2011

Sexus ex nihilo

 

pri_re

 

Mes très chers frères, mes très chères sœurs,

en ce jour de consternation,

prions !

Prions pour notre frère Dominique.

 

Dominique, enchaîné au radiateur d’un commissariat de Harlem… Dominique, détourné de son devoir par une femme de chambre et présentement entre les mains de la questure qui sans fin l’interroge — ô notre frère, notre favori des sondages, notre ex-futur président, l’apaisement soit en ton membre, le courage en ton cœur, la sérénité en ton âme !

 

Dominique, ô notre frère tourmenté, notre sauveur crucifié entre un voleur  et un dealer de crack, puisse le Seigneur prendre en pitié la sombre créature qui te plongea dans ces ténèbres. Puisse-t-Il amener la drôlesse à se rétracter, à nier ce qu’elle déclara après que tu parus devant elle, nu comme au premier jour et paré d’innocence, dans cette suite que tu louas. Et puisse notre Seigneur, en son infinie mansuétude, répandre sous le front des policiers du vice le philtre qui leur interdira de manier le bâton sur ta couenne, de t’arracher les ongles pour te faire confesser ton péché, toi qui nous es dévoué.

 

Ô Dominique Strauss-Kahn, notre frère tant aimé malgré le doux visage de banquier qui réveilla les bas instincts et les poussa à la nuisance, regarde-nous ! Regarde frère Le Guen, regarde frère Baroin, regarde sœurs Martine et Ségolène, regarde sœur Marine-la-courroucée et entend leur pardon, entend leurs paroles d’apaisement.

 

Et regarde-nous, ô notre frère ! Regarde-nous au mur de nos lamentations, dans la lumière de la Jérusalem céleste, comprenant le désir que tu eus de cette femme, de cette créature noire offerte à ta concupiscence ! Et vois-nous à présent, comme toi lorgnant vers les attraits de sa chair, honteusement nous érigeant vers eux.

 

Ô Dominique, notre frère en tourments, au nom de la rose que ton humiliation soit nôtre, nôtre ton idéal, et nôtre ta vigueur pour les siècles des siècles.

 

A présent sois en paix dans cette geôle de Harlem. Et depuis la planche inclinée tant éloignée du Sofitel et de ses tentations, mains jointes, élève-toi vers Marie.

 

Amen.

 

I_love_NY

 

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