02 juillet 2009
Epuisé, Buster. N'en peut plus.
Et Mimi pareil. Patauge dans la choucroute, le gars.
Alors tous deux ferment boutique pour deux mois.
Deux petits mois, histoire d'aller prendre les eaux à l'étang du Bourdon,
si le soleil n'a pas tout pompé.
En attendant la rentrée
la bise à toutes et à tous,
c'est-à-dire aux uns, aux unes et aux autres.
23 juin 2009
Amora/Maille - Exide : exit les gars, exit les bonnes femmes !
Fulmen, fabricant auxerrois de batteries pour l’automobile, l’agriculture, l’armée, l’industrie etc, est tombé voici quelques années sous la coupe de la société américaine Exide Technology.
Or, pour des raisons de productivité, d’obéissance aux actionnaires désirant gagner toujours plus, cette société vient de déclarer la fermeture des usines Fulmen, pourtant génératrices de bénéfices, donc la mise au chômage des 314 salariés qui y travaillent. Tout cela pour monter au Canada un nouveau site industriel “performant“, y développer la fabrication de batteries au lithium — comme si cette fabrication ne pouvait s’effectuer à Auxerre, mais passons.
Le plus drôle, dans l’affaire, est qu’un repreneur s’est présenté, s’engageant à conserver l’ensemble des salariés.
Eh bien, pour une raison de haute stratégie — le repreneur risquant d’entrer en concurrence avec lui — Exide refuse de vendre.
Dans cette affaire, le traité de Lisbonne qui prône une concurrence libre et non faussée, n’est même pas respecté.
Dans ce même ordre d’idée, la société Amora/Maille, proche d’Auxerre, vient elle aussi de fermer boutique. Non en raison de la mévente de ses moutardes, mais parce que le groupe UNILEVER, qui se l’est appropriée, a besoin d’argent pour sa prochaine campagne de pub. Alors dehors les gars, dehors les bonnes femmes qui s’y crèvent !
Pauvre Nicolas Sarkozy, qui s’est mis en tête (du moins le prétend-il), de moraliser le système capitaliste !
— Au fait, avez-vous entendu parler du Grand Marché Transatlantique, qui doit s’ouvrir en 2015 ?
— Non ?
— Alors allez voir J-L M, il passe à la télé.
20 juin 2009
Buster
Au fond, le bordel de sa vie, à Buster, n’est pas aussi catastrophique qu’on pourrait le songer. Du moins pas aussi systémique que les conneries d’un monde dans lequel chacun patauge. Simplement, notre Buster a lâché un instant le fil qui le reliait à lui-même, c’est à dire à ce qu’il fut à l’aube de sa jeunesse : un demi-dieu auquel rien n’allait résister, et dont l’imagination, la clairvoyance et l’idéal allaient illuminer la confrérie de ses semblables.
Car Buster, s’il se veut aujourd’hui un être ayant conquis sa liberté, se revendique l’égal des autres (avec bien entendu la foi en une même égalité des autres non seulement entre eux mais aussi avec lui). Nous n’en sommes pas encore là, hélas, et Buster, pour atteindre de ce paradis ne serait-ce que le seuil, se déclare prêt à confier au souffle de l’avenir les innombrables semences dont il protégea les promesses contre tsunamis et vents glacés durant l’hiver de son adolescence. Si cet hiver en effet se prolongea au-delà du raisonnable, si le froid lui fut intolérable, et révoltante à ses yeux l’indifférence des filles, il assume aujourd’hui son destin, en ressent de la fierté.
En effet, après une longue période de gestation de soi, durant laquelle il prit à diverses reprises ses rêves pour la réalité, il a fini par ébranler les murs de sa prison intime, par crever les parois de la chrysalide en laquelle l’avait enfermé une inadéquation tragique entre son monde à lui, nourricier, généreux, luxuriant, et l’univers de malades en lequel on voulait qu’il se tînt. Mais basta ! Hier, en réunion de son parti, réunion au cours de laquelle il fut question d’écologie, d’aspirations des peuples et de fraternité entre les hommes, il dut sans le savoir se transporter dans le monde chaud de son enfance. De cette réunion en tout cas il ressortit vif et joyeux. Les restes de sa chrysalide, de même les gravats de son passé, avaient totalement disparu. Le monde lui ouvrait les bras. Les graines qu’il avaient conservées dans ses poings allaient bientôt germer.
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17 juin 2009
Buster, le naufrage
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On annonce son retour dans la blogosphère, on effectue un premier pas… et le lendemain patatras, il faut aller chercher des tracts au diable vauvert puis accueillir un frère mince et barbu qu’on n’a pas vu depuis deux ans. On profite alors de la pluie pour s’accorder trois jours à échanger, fraterniser devant des cerises et se raconter deux vie — plutôt deux tentatives parallèles en vue d’un incertain bonheur —, puis on s’octroie une quatrième journée, et revoici le soleil. On s’étire alors devant sa porte-fenêtre pour découvrir son jardin envahi d’herbes et de limaces, ses laitues naufragées qui vous renvoient le jardinier à son désordre intime, une véritable barcasse… — nom de Dieu ! Buster a maintenant le cerveau comme de la béchamel et la pensée en vrille — largué, le zèbre ! Comprend plus rien à rien, patauge dans les arcanes de facebook où viennent de l’inviter Sylvaine et quelques autres, l’avoue honteusement à Sylvaine, laquelle Sylvaine, adorable, aimante, lui fait parvenir le mode d’emploi mais que dalle, comprend de moins en moins, et voici que Firefox commence à lui jouer des tours, bloque, débloque, déménage avant de tomber en javelle. De quoi s’arracher les cheveux tandis que Sylvaine, cette photographe internationale, cette artiste, qui connaît un tas de gens tandis que lui très peu, très peu d’amis Buster dans ce foutu facebook, et Sylvaine qui vous torche avec son Haselblad des photos qu’à les voir on tomberait à genoux alors que lui la tête en perdition, qui ne sait rien faire qu’inventer des conneries et foncer tête baissée, et maintenant KO, qui contemple sur son bureau le bordel de sa vie…
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11 juin 2009
Buster, le retour
Frères et sœurs délaissés (mais nullement oubliés), me revoici. Pas tout à fait fringant, ni au plus haut de ma forme, mais à peu près vertical, encore qu’épuisé par trois semaines d’une campagne électorale intense. Quelque peu titubant, donc.
Le résultat ? Pas si mauvais qu’il y paraît puisque le Front de Gauche a fait un score non négligeable et obtenu 5 sièges. Si le NPA, devancé de 1,5%, avait daigné se joindre à lui, la synergie produite aurait sans doute mené la gauche de la gauche au niveau du PS et des Verts. Aucune rancœur cependant, ni d’un côté ni de l’autre, et chacun de souhaiter une union durable pour les prochaines échéances.
Il faut vous dire que nous, gens de gauche, vivons sous le signe de l’espoir.
Et des rêves inachevés, en plus des fantasmes qui nous visitent.
A propos de fantasmes, l’un des miens s’est réalisé de manière fortuite : celui d’un dénommé Buster prophète mis en scène dans un ancien billet, et qui pour l’occasion s’adressait à un groupe de décideurs obèses, angoissés à l’idée de perdre leur pognon. Si je me souviens bien, il leur affirmait que l’amour du prochain, soutenu par une vie saine…
Mais revenons à nos moutons.
Poussé par la seule espérance de ramener au Front de Gauche un maximum de voix, j’ai demandé une voiture, une sono, un micro et, moi qui n’avais jamais parlé en public, l’autorisation de porter à travers la campagne une parole puissante. J’ai eu tout cela, avec en prime une liberté totale.
Carte blanche.
Alors pour m’exprimer, je me suis exprimé. A travers tout le département, et en direct, à visage découvert.
J’avais au début des petits papiers que je déclamais au micro, puis que je modifiais selon les circonstances, puis que je liais ou que je fractionnais. Mais petit à petit j’improvisais, qi bien que je me suis vite élevé au-dessus de ma condition de mortel.
Bien sûr, j’ai subi quelques agressions verbales, un bourgeois fou furieux a même voulu arracher les haut-parleurs crachant la vérité, une hystérique m’a dit d’aller me faire voir du côté de Tien An Men, un flic municipal bourré comme une mule a voulu saisir la voiture avant de m’ordonner de me casser, mais c’est tout. Rien de bien méchant, mais les montées d’adrénaline que j’ai ressenties à chaque fois ont réveillé Buster, si bien que ce n’est plus vraiment moi qui parlais au micro devant la gare d’Auxerre, par un soleil magnifique et dans un vent d’électrons, et que ce n’était plus moi que les gens écoutaient mais bien celui qui venait de s’éveiller, mon rôle à moi se réduisant à surveiller le bougre qui risquait, emporté par l’ivresse des harangues et le désir d’en rajouter, et d’en rajouter à la pelle, à chaque instant de péter un fusible.
Il n’a pas disjoncté durant ces trois semaines , notre cher Buster, ni pété le moindre câble. Simplement, lorsqu’il rentrait le soir après s’être égosillé durant quelques heures, avoir collé une vingtaine d’affiches et défendu son honneur, sa peau et celle du peuple, il n’avait plus de voix.
Aphone qu'il était, le bougre. Et ce n'était plus du Bergerac qu'il portait à ses lèvre, mais un sirop sans sucre, une vraie dégueulasserie.
29 mai 2009
Faut le pendre !
Les jours se suivent et se ressemblent, ou ne se ressemblent pas, se bousculent, chavirent les uns par-dessus les autres.
Hier, journée de militantisme et de promotion du Front de Gauche dans un petit bled, Sergines, à quelques kilomètres de Sens. Des rues étroites et désertes, la sono qui raisonnait sur les façades, une tête apparaissant de temps à autre, une impression de surréalisme. Puis un dialogue avec un monsieur de 93 ans , un homme alerte, intelligent, qui me parut illuminer ce début de matinée. Puis Sens, et là une journée de grisaille et de crachin, l’impression de perdre son temps, à part à la sortie d’un lycée où je dus improviser un speech à l’intention des jeunes, dont plusieurs vinrent discuter et nous souhaiter bonne chance.
Et aujourd’hui, Auxerre (40 000 habitants), itinéraire déterminé à la va-vite, sur un coin de bureau.
D’abord le marché.
Nous voici donc à la croisée des routes, des camelots à gauche, la rue du Temple devant nous, et allons-y pour le micro, et allons-y pour la distribution de tracts, et allons-y pour le dialogue avec les gens qui passent. Soleil, petit vent agréable, rien que du bon enfant, des sourires, des clins d’œil. Puis nous levons les voiles sur le coup de midi et nous nous transportons au centre de la ville, place Cadet-Roussel.
Inutile de rapporter la suite, ce fut comme au marché, avec en plus cette impression de parler de manière plus puissantes, l’architecture amplifiant les sons. Inutile pareillement de rapporter la suite de cette suite, ni la suite qui suivit.
Juste ce souvenir, place Cadet-Roussel…
Un jeune homme, qui vient de jeter un coup d’œil au tract que vient de lui tendre un copain, s’approche de la voiture sono et me dit :
— Sarko, c’est pas la peine de lui donner un carton rouge.
— Ah bon, et que… ?
— Faut le pendre, c’est tout.
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24 mai 2009
Le dimanche, la lutte continue
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Michel Cornillon le 21 mai 2009
2 rue de Fontenoy
89130 LEUGNY
blog :
chroniquevirgule.canalblog.com
Editions Gallimard
Monsieur Antoine Gallimard
Objet :
mon roman Auschwitz Karnaval
Monsieur,
Comme à leur habitude, voici quelques années, vos services m’ont refusé le manuscrit du roman cité en référence. Il n’entrait pas dans le “cadre de vos collections“.
Soit. Mais lorsque j’ai vu, six mois plus tard, que vous sortiez Les Bienveillantes accompagné d’un redoutable service de presse, mon sang n’a fait qu’un tour. Aussitôt lu le roman de Jonathan Littell, je vous écrivis.
Vous me fîtes répondre téléphoniquement par un de vos collaborateurs, Philippe D. Après avoir tenté de démolir mon travail, cet homme infiniment poli m’a fait comprendre que mon livre était certes jubilatoire, que j’avais un sens aigu du tragique, du comique également mais que… euh… sur le plan de la bienséance, il était… euh… comment dire… euh… politiquement assez peu correct.
Misère, misère, et re-misère ! Je venais de lire, dans le Nouvel Obs, un article de Toni Morrison (prix Nobel de littérature) sur le politiquement correct, justement.
Je ne vous rapporterai pas ce que cette écrivaine pense du sujet, ce serait vous faire injure, vous dire que vous manquez de courage, que les romans que vous publiez font l’objet d’un formatage plus ou moins dicté par vous, plus ou moins accepté par les auteurs eux-mêmes.
Je le reconnais aussi, mon livre invitait à se poser des questions peu plaisantes.
Mais voici que sur la Croisette fut hier présenté un film qui devrait bénéficier d’un beau succès. Il s’agit d’Inglorious Bastards de Quentin Tarentino, réalisateur américain de renom.
Le scénario ? Proche de mon Karnaval, à ceci près qu’il situe l’action dans la France occupée et non dans le camp que dirigea Rudolf Höss, et que son héros se nomme Brad Pitt et non Mordékhaï.
Son sujet ? Le même que celui de mon roman : la vengeance consciente, assumée, brandie tel un étendard.
Son atmosphère ? Comme la mienne, parfois sanglante, hilarante et loufoque à d’autres moments, en un mot dérangeante, donc apte à faire couler de l’encre dans les milieux policés de la critique, donc à titiller le lecteur, comme vous savez si bien le faire.
Alors, monsieur Gallimard, ne voulez-vous vous rendre au cinéma, reprendre ensuite mon Karnaval et juger par vous-même ?
Pour achever de vous convaincre, je pourrais ajouter que mon livre, pour qui sait renifler l’affaire juteuse, est tout à fait dans l’air du temps, qu’il conserve de plus quelques années d’avance
La balle est dans votre camp, le “camp des saints“.
Je vous adresse mes plus cordiales, mes plus respectueuses salutations.
Michel Cornillon,
alias Mimi Vaurien,
écrivain.
P.S.
Sans votre permission, mais avec un immense plaisir, je publie la présente lettre sur Chronique Virgule.
Vous pouvez inviter vos services à visiter ce blog, il ne manque pas de piquant.
21 mai 2009
De mimi le bonheur dans la campagne se niche
Le MoDem de Bayrou, c'est la roue de secours de la droite.
Le PS de Martine Aubry, c'est la roue crevée de la gauche.
Pour tenter de remettre en marche la limousine de la finance et du chacun pour soi, la roue crevée cherche une alliance avec la roue de secours.
© Mimi Vaurien
19 mai 2009
Soleil, averses, douceur du soir, liberté
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Je ne sais si c’est l’ivresse d’une journée de militantisme non-stop, ou bien l ‘air des campagnes traversées, ou bien le Bergerac que je me suis enfilé au retour du tournée, mais vraiment, ce soir, pour moi, ça baigne.
Ça baigne si fort que je vous prends tous dans mes bras,vous mes sœurs, et vous aussi mes frères, et que je vous enlace, et que je vous embrasse, et que je danse avec vous.
Levé ce matin à 7h30, médocs café tartines, brossage des dents, deux gouttes d’eau sur le front, une goutte sur la nuque, et hop ! allumage du Mac. Un slogan deux slogans trois slogans, relecture des slogans de la veille, bidouillage, virer les adjectifs, faire court et direct parce que l’auditoire est en général peu lettré, ensuite tout ça dans ma sacoche, et la sacoche dans le véhicule, à côté du pot de col, des affiches et de la sono. Rouler jusqu’à Joigny, y retrouver Lucien, et allons-y pour le collage d’affiches. On a les mains pleines de colle mais pas grave, il a plu, on se rince dans les flaques et nous voici repartis, et nous voici qui débarquons rue Berner, et justement pile poil devant chez Berner, une usine pas croyable, qui conditionne paraît-il tout ce que lui livrent d’énormes bahuts qui s’en repartent chargés de produits emballés, et aux Berner le pactole. Voiture en face de la sortie, la sono sur le toit, des affiches sur les flans, et v’là votre mimi qui s’empare du micro pour déglinguer aussi bien l’UMP que le MoDem et le PS, sans oublier Besancenot, ce traitre. Et il y va pas de main morte le con, au point qu’un zèbre à tronche de FN lui aurait fait la peau si ses potes ne s’étaient interposés, le frontiste lui faisant alors un bras d’honneur auquel répond un délicieux sourire.
Puis, à l’autre extrémité de la ville, la cité HLM, où habite justement le Frontiste, qui rentre chez lui en rasant les murs.
Et de nouveau le micro, et les fenêtres qui s’ouvrent, les mômes qui surgissent des immeubles, l’atmosphère qui soudain s’emplit de la prose de Mimi mais ce n’est plus de la prose, c’est devenu le bouillonnement d’un peuple tout entier, et l’on voit la bagnole du banquier basculer dans les fraises, le banquier se faire déculotter tandis que ses pairs votent comme un seul homme l’abolition de leurs privilèges.
Et demain à Sens pour toute la journée, avec un bataillon de camarades, et ça repart sur le marché, puis devant des usines, puis devant des HLM, face à la jeune fille accoudée au balcon dans la douceur du soir.
Je me dis que le camarade Mélenchon, il a lui-même connu la même ivresse que Mimi. N’a-t-il pas dit au Zénith, devant six mille militants subjugués : « Militer, c’est être libre » ?
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17 mai 2009
Bons mots et petites phrases
« Quand l’Europe veut, clame Nicolas Sarkozy en première page de son tract, l’Europe peut. »
L’Europe peut, ça ne vaut pas le Yes we can de Barack Obama, Et puis, c’est difficile à prononcer. Mais enfin, pour dissimuler le néant d’un programme, faut avouer, c’est pas mal.
Pourtant, il y a mieux.
Avec le vote utile du parti socialiste, là, amis et camarades, nous atteignons l’apothéose. L’apothéose du néant.
Parce que la plupart des socialistes, qui se sont empâtés depuis Jean Jaurès et Léon Blum, au point de paraître bouffis, voire grotesques, ont tout à cacher de leur enfumage des salariés, des chômeurs et des RMIstes.
Mais, bon, allons-y ! Et puisque l’Europe peut, que l’Europe euh peut, euh… que l’Europepeu, allons-y tous ensemble, et droit dans le mur avec le vote utile, le voti tule, le voteuh peu, le votepeu, le voteu
peuuhhhh !…
Martine Aubry et Nicolas Sarkozy, même combat, même finesse ! Alors laissons la drôlesse et le nanti à leurs recherches de bons mots, de petites phrases et d’entourloupes. Quant à nous, votons pour des gens sérieux, votons pour le Front de Gauche !
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12 mai 2009
Buster : discours aux populations des ZUP, des ZAC et des zones
Frères et sœurs,
amis,
camarades, …bonjour !
Nous sommes des gens comme vous, des travailleurs, des retraités, des chômeurs, des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes, qui nous aussi nous débattons dans les difficultés de l’existence.
Nous sommes aussi des militants du Front de Gauche, et nous venons à votre rencontre pour parler avec vous de ce que les grands partis essaient de vous cacher : l’importance des prochaines élections, des élections européennes qui se dérouleront le 7 juin.
Le Front de Gauche est la réunion de plusieurs organisations qui refusent de se laisser enfermer dans un libéralisme destructeur, dans la misère, dans l’ignorance et la régression sociale :
• le Parti communiste Français que Marie Georges Buffet a contribué à réformer,
• le Parti de Gauche que Jean-Luc Mélenchon et quelques autres ont initié à partir de la révolte que leur inspire le parti socialiste et ses compromissions,
• une partie du NPA qui n’a pas accepté qu’Olivier Besancenot se désolidarise de la lutte commune pour faire cavalier seul, et que Christian Piquet a réunie dans la Gauche Unitaire.
• une partie du MRC de jean-Pierre Chevènement
mais aussi des syndicalistes, des libres penseurs, des animateurs d’associations, tous décidés à combattre la politique injuste, anti-sociale et finalement catastrophique de Nicolas Sarközy de Nagy Bocsa, notre glorieux président.
En 2005, à une large majorité, le peuple français a rejeté le projet de constitution européenne. Non que cette majorité, ce jour-là, ait rejeté l’Europe. Mais elle a refusé l’Europe capitaliste et libérale que cette constitution entendait graver dans le marbre.
Peu de temps après, à leur tour, les Hollandais ont dit non à ce même projet.
Ainsi, cette déplorable constitution aurait dû être enterrée à jamais, du moins aurait dû être révisée en accord avec ce que souhaitent les citoyens. Mais les Sarkozy, les Angela Merkel, il cavaliere Berlusconi et autres tenants de l’Europe du pognon, de l’Europe des inégalités et de l’enrichissement de quelques uns, ont réussi à passer outre à la volonté populaire. Niant le vote des Français et des Hollandais, ils ont craché sur la démocratie. Ainsi est né le traité de Lisbonne, réplique du TCE, que les députés de droite et du MoDem ont ratifié à Versailles, avec l’appui de députés socialistes.
Car les socialistes à la Martine Aubry, les socialistes à la Strauss-Kahn, à la François Hollande et autres Jack Lang n’ont plus de socialistes que le nom : ce sont pour la plupart d’anciens élèves de l’E.N.A, des politiciens de métier qui s’accrochent à leurs sièges et à leurs avantages, à leurs limousines de fonction. Ils ont oublié depuis belle lurette leurs origines populaires, ouvrières et laborieuses. Ils ont oublié Jean Jaurès, ils ont oublié Léon Blum, qui pourtant nous offrit les congés payés et la semaine de quarante heures. Ils rejoignent ainsi les chantres de l’UMP, du Medef et de la droite française, comme chacun sait la plus bête du monde.
Cerise sur le gâteau, les Irlandais à leur tour, consultés par référendum, ont rejeté le traité de Lisbonne !
Eh bien les irlandais devront revoter et accepter d’être niés par ce fichu traité. Comme nous autres, ils sont appelés, sous la houlettes de dirigeants qui les enfument et n’ont qu’une trouille : le réveil de la rue, à devenir les dindons d’une farce sinistre.
Sinistre qui tourne au comique depuis le naufrage de la finance capitaliste ! Cela devrait nous réjouir si nous n’étions au passage plumés jusqu’au fond de nos poches : car c’est à nous, aujourd’hui, de renflouer les banques qui ont précipité le monde dans le la crise que l’on sait. Et cela au moyen des deniers publics, c’est-à-dire l’argent de vos impôts augmenté de celui qu’on vous vole en délocalisant vos entreprises, en vous privant de vos emplois, en vous mettant en concurrences avec les plus défavorisés, les plus miséreux des ouvriers bulgares et roumains, accueillis dans cette Europe de riches comme de nouveaux esclaves.
Eh bien le Front de Gauche est décidé à lutter contre cette fausse fatalité.
Le Front de Gauche dit NON à l’Europe du chômage et de la misère sociale.
Le Front de Gauche dit NON à l’Otan et à la guerre qui se prépare en douce.
Le Front de Gauche vous invite à le rejoindre, à grossir ses rangs, à voter le 7 juin pour les candidats qu’il présente, parmi lesquels ceux-ci, placés en tête de liste :
• Hélène Franco, du P.G. Hélème Franco est juge pour enfants, secrétaire générale du syndicat de la magistrature, en lutte contre Rachida et Sarko, leurs fermetures de tribunaux, leur tentative de mise au pas des magistrats, leur protection des dictateurs africains et de leurs acolytes.
• Jacky Dubois, du PCF. Militant CGT, J. Dubois est adjoint au maire de Châlon/Saone, chargé des Services Publics, et conseiller régional de Bourgogne.
• Céline Malaisé, une des fondatrices de la Gauche Unitaire. Elle est enseignante et militante syndicale, attachée à la défense des services publics.
Cela dit, le Front de gauche a besoin de vous, la France qui souffre a besoin de vos voix, l’Europe en perdition attend le vote de chacun d’entre vous.
Ces élections se déroulent à la proportionnelle. Elle n’offrent qu’un seul tour.
Ainsi, chaque voix va compter, aucune d’entre elles ne sera escamotée : vous ne voterez pas en vain, mais pour des hommes et pour des femmes comme vous, décidés à ranimer ces notions que sont la justice, l’égalité, la solidarité entre les hommes qui sont la vraie richesse du monde.
Alors, frères et sœurs, amis, camarades, interrogez-vous :
Etes vous satisfaits de la fermeture de la Reliure Industrielle, des licenciements qui ont lieu chez Fulmen, chez Fruehauf, chez Amora et Paul Renard, etc, ainsi que des difficultés grandissantes que vous et vos enfants rencontrent journellement pour trouver un emploi, gagner sa croûte et vivre décemment ?
Eh bien, avec le Front de Gauche, en envoyant bouler les candidats de l’UMP, du Modem et du PS, en envoyant valser tous ces rapiats, tous ces voleurs et menteurs qui nous inondent de leurs mensonges, en renvoyant l’avocat d’affaires Nicolas Sarkozy à la défense de ses potes milliardaires, dites OUI à une autre Europe, OUI à une Europe démocratique et sociale, OUI à une Europe qui entend vous remettre au centre de ses préoccupations, rendre à chacun de vous le plaisir de vivre qui lui fut volé.
Et sachez que nous ne sommes pas les seul à raisonner de la sorte : les Allemands, les Portugais et bien d’autres, dotés eux aussi d’un Front de Gauche, sont eux aussi résolus à se battre.
Frères et sœurs, amis, camarades, merci de votre attention. Nous vous attendons. Venez rire et gronder avec nous, venez réfléchir avec nous.
07 mai 2009
à toutes et tous
Pardonnez mon absence, mon silence, cette manière que j'ai de me dissimuler pour ne plus voir personne, pour que nul ne devine dans quel état je suis, à l'intérieur de moi.
Je vivais en marge de la réalité, le rapport d'autopsie m'a rappelé à l'ordre.
J'ai réalisé soudain que mon fils était mort.
01 mai 2009
Plus de pain ? Eh bien qu'ils mangent de la brioche !
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Frères et sœurs,
amis,
camarades,
merci.
Merci d’être venus si nombreux. Comme lors des manifestations d’hier, nous sommes une multitude, et nous sommes le peuple.
Le peuple qu’on spolie, le peuple qu’on méprise, le peuple que son président, Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, se refuse à entendre et continue de regarder de haut, conforté qu’il est dans ses illusions par la cour des Fillon, des Lagarde, des Pinault, des Bolloré, des Botton. De cette racaille dorée qui s’engraisse à nos dépens, qui s’imagine pouvoir nous mener à la baguette, nous faire produire lorsque ses affaires se développent, nous mettre au chômage lorsqu’il s’agit, sous prétexte d’une crise qu’a provoquée sa seule voracité, de sauvegarder l’accroissement de ses bénéfices.
Que lui importe le peuple, à ce ramassis d’argousins, tant que le peuple se contente des reliefs du festin, des ragotons d’une croissance qui est le fruit de son travail avant d’être celui de princes qui n’ont nullement semé ! Que lui importent les besoins des manants que nous sommes, à cette bande qui bientôt s’écrira, comme l’épouse de Capet : « Le peuple n’a pas de pain ? Alors qu’il mange de la brioche ! »
Ah, frères et sœurs, amis, camarades, de cette brioche que se réservent les puissants, nous allons en manger ! Parce que cette boule légère et dorée, qui d’autre que nous en a pétri la pâte ? Eh bien nous allons nous l’approprier, cette succulence, et nous allons la partager. Nous la découperons en portions égales et l’ouvrier aura sa part, et le maître d’école, le soldat et le paysan, et le chercheur et le poète auront eux aussi de quoi se sustenter.
Et même Bolloré en aura, à condition que l’ami Bolloré vienne s’asseoir parmi nous, que le camarade Bolloré, nous rejoignant, distribue les milliards de brioches honteusement entassées dans ses coffres.
Oui, frères et sœurs, amis, camarades, nous sommes un peuple libre, et nous voici à présent qui marchons, solidaires et égaux, vers un avenir à notre portée. Alors disons aux seigneurs et à leurs vassaux :
« Notre table n’est certes pas une table de ripailles, mais vous y êtes invités. Alors, avant de commettre l’irréparable, avant de rameuter vos chiens, vos hallebardiers et vos CRS, avant d’en appeler à vos armées encagoulées, et si votre gloutonnerie vous a laissé un restant de sens commun, réfléchissez, et réfléchissez vite : pour des questions à la fois de bonheur et de survie, notre planète en sursis, ses blés, ses derniers coquelicots et ses peuples, n’ont plus de temps à perdre en de funestes calculs financiers ! »
Serrer les poings
Je pensais en avoir terminé non pas avec le chagrin, mais avec ses débordements imprévisibles. Il n’en est rien. Je me suis rendu lundi au tribunal de Bobigny, où le substitut du procureur, après maints palabres, a bien voulu photocopier à mon intention le rapport d’autopsie.
Raphaël, intérieurement, était infiniment plus atteint que ne le ‘avait laissé supposer l’examen du Samu. Il est mort à son arrivée à l’hôpital. Cela m’a secoué. Les débordements ont repris.
Ne manque plus que le rapport de police, c’est-à-dire la dernière épreuve, du moins je l’espère.
En ce premier mai, je vais défiler en serrant les poings.
26 avril 2009
J-L M.
Je viens de mettre en lien avec celui-ci le blog de Jean-Luc Mélenchon. J-L M. n'est pas seulement un homme politique d'une sincérité remarquable, mais également un homme d'action doublé d'un philosophe, sans doute même d'u poète.
C'est également un remarquable tribun.
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Copie conforme
XXX le 24 / 04 / 09
Michel Cornillon
2 rue de Fontenoy
89 XXX
chroniquevirgule.canalblog.com
V réf ; 07524528 MAT-ELI
Parquet du Tribunal de Police
Immeuble le Brabant
11 rue de Cambrai
75019 PARIS
Monsieur l’Officier du Ministère Public,
Comme je m’y attendais, votre réponse est une fin de non-recevoir, et je me vois contraint de donner raison à cet ami qui me déclarait l’autre jour : « la Police parisienne, qui s’est illustrée durant la seconde guerre mondiale en conduisant les juifs à l’abattoir, est constituée de voyous : rien dans le crâne, le doigt sur la couture du pantalon… et allez-y pour bourrer les fourrières depuis que le Vel d’Hiv est passé à la trappe… et allez-y pour piéger les bagnoles depuis les ponts des autoroutes et l’ombre protectrice des bétaillères banalisées*. A part cela bon pères, bons époux, excellents gardiens de l’ordre, toujours le mot pour rire et la descente facile, d’autant qu’ils n’ont rien à redouter de la biture. »
Mais admettons. Et admettons que la fourrière (comme autrefois le Vel d’Hiv, Drancy, Pithiviers et autres lieux d’insanité publique), ça rapporte à l’Etat, que ça lui permet de renflouer ses banques et de filer du fric à ceux qui en possèdent à ne savoir qu’en faire… — inutile de vous faire un dessin, vous connaissez la chanson, il s’agit de racket.
Dans le cas présent cependant, l’enlèvement de mon véhicule, réclamé sans même que fussent indiqués sur la vitre avant gauche le lieu et l’heure de la contravention, ni que fût mentionnée l’absence de stationnement interdit dans la rue des Rondeaux (elle jouxte le Père Lachaise), où j’avais garé mon véhicule sans qu’il gênât personne, relève de la voie de fait.
Mais où puis-je porter plainte, Monsieur l’Officier ? Pas auprès de vous, je m’en rends compte, puisque vous vous retranchez derrière votre hiérarchie.
Je ne puis donc que me rebeller, ce que je fais sans honte. Et je ne suis pas le seul : étant donné le comportement de nos princes, nous sommes à la veille d’un sérieux coup de grisou.
En attendant les lendemains qui chantent, et en tant que rebelle encarté, je vous demande donc de m’inscrire au fichier Edvige, dont la presse a parlé.
D’avance merci.
signé M... C...
* Inviter des fonctionnaires de la République à remplir leur devoir dans des bétaillères, comme on le voit sur internet, avouez avec moi que c’est là une belle preuve d’humour, de liberté d’esprit et de respect non seulement de la Fonction publique mais également de nos frères hennissants !
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22 avril 2009
À bas le capitalisme, place au Bien Vivre
Du commentaire de Gilles sur mon dernier billet, frères et sœurs, je suis passé au blog de Gilles, et du blog de Gilles à ce discours d’Evo Morales*.
Je suis venu exprimer la façon de récupérer l’expérience de nos peuples, appelée le Bien Vivre, récupérer notre vision de la Mère Terre, qui pour nous est vie, parce qu’il n’est pas possible qu’un modèle capitaliste transforme la Terre Mère en marchandise. Nous voyons de plus en plus des coïncidences entre le mouvement indigène et les organisations de mouvements sociaux qui parient aussi sur le Bien Vivre. Nous les saluons pour que nous puissions, de manière conjointe, chercher un équilibre dans le monde.
Et dans ce cadre, je veux partager et proposer quelque 10 commandements pour sauver la planète, l’humanité et la vie.
1. Premièrement, si nous voulons sauver la planète Terre et sauver la vie et l’humanité, nous sommes dans l’obligation de mettre un terme au système capitaliste. Les effets graves du changement climatique, des crises énergétiques, alimentaires et financières, ne sont pas le produit des êtres humains en général, mais du système capitaliste en vigueur, inhumain avec son développement industriel illimité.
2. Deuxièmement : renoncer à la guerre, parce que les peuples ne gagnent rien avec les guerres, seuls gagnent les empires. Ne gagnent pas les nations mais les transnationales. Les guerres profitent à de petites familles et non aux peuples. Les milliards de milliards de millions destinés à la guerre doivent plutôt l’être pour réparer et soigner la Terre Mère, blessée par le changement climatique.
3. Troisième proposition : un monde sans impérialisme ni colonialisme, où les relations doivent être orientées dans le cadre de la complémentarité et prendre en compte les asymétries profondes qui existent d’une famille à l’autre, d’un pays à l’autre, et d’un continent à l’autre.
4. Le quatrième point est orienté sur l’eau, qui doit être garantie comme un droit humain et protégée de la privatisation. Car l’eau c’est vie.
5. Comme cinquième point, je veux vous dire que nous devons chercher la manière de mettre un terme au gaspillage de l’énergie. Nous sommes en train d’épuiser, depuis 100 ans, les énergies fossiles créées durant des millions d’années. Comme certains présidents qui réservent des terres pour des automobiles de luxe et non pour l’être humain, nous devons mettre en œuvre des politiques pour freiner les agrocarburants et, de cette manière,éviter la faim et la misère pour nos peuples.
6. Le sixième point est celui de la Terre Mère. Le système capitaliste ramène la Mère Terre à une matière première. Or la terre ne peut être comprise comme une marchandise : qui pourrait privatiser ou louer sa mère ? Je propose que nous organisions un mouvement international de défense de la Mère Nature, pour récupérer la santé de la Terre Mère, reconstituer avec elle une vie harmonieuse et responsable.
7. Le septième point est constitué par le thème central des services de base, c’est-à-dire l’eau, la lumière, l’éducation, la santé qui doivent être pris en considération comme un droit humain.
8. Comme huitième point : consommer ce qui est nécessaire, donner la priorité à ce que nous produisons et consommons localement, mettre un terme à la surconsommation, au gaspillage et au luxe. Nous devons donner la priorité à la production locale pour la consommation locale, stimuler l’autosuffisance et la souveraineté des communautés dans les limites permises par la santé et les ressources limitées de la planète.
9. L’avant-dernier point est la promotion de la diversité culturelle et économique. Vivre unis en respectant nos différences, non seulement physionomiques mais aussi économiques — des économies maniées par les communautés et associations.
10. Soeurs et frères, comme dixième point, nous proposons le Bien Vivre. Bien Vivre basé sur l’expérience de nos peuples, sur les richesses de nos communautés, terres fertiles, eau et air propres. On parle beaucoup du socialisme, mais il faut améliorer ce socialisme du XXIe siècle en construisant un socialisme communautaire, ou simplement le Vivre Bien, en harmonie avec la Terre Mère, en respectant les modèles d’expérience de la communauté.
Je suis finalement persuadé que vous assurez, soeurs et frères, le suivi des problèmes existants. J’en conclus qu’il y aura toujours des problèmes, mais je veux vous confirmer que je suis très heureux — et non déçu ni préoccupé par le fait que ces groupes qui ont asservi nos familles de façon permanente, pendant la colonie, sous la république et à l’époque du néo-libéralisme, continuent, regroupés dans quelques familles, à nous résister.
Il est de notre devoir de faire face à ces groupes qui vivent dans le luxe et ne veulent pas perdre celui-ci ni perdre leurs terres. C’est une lutte historique, elle doit se poursuivre.
* Evo Morales est le premier indien Aymara à avoir été élu président de la Bolivie.** Il soutient tant le Parti de Gauche que le front de Gauche en france, et Die Linke en Allemagne.
** Et nous, toujours présidés par notre guignolo !
20 avril 2009
Jour de baptême
Ce samedi, Mimi se lève à huit heures. Petit déjeuner, coup de peigne, voiture, notaire. Il repasse chez lui à 9h30, récupère le matériel nécessaire à une matinée de militantisme, puis s’en va au marché de Toucy rejoindre la camarade Nathalie. Café, partage du matériel de propagande et c’est parti : distribution de tracts Front de Gauche, puis de Tracts PCF quand les premiers sont épuisés, aux gens venus remplir leurs cabas ou simplement se montrer et profiter du monde. Des pépères, des mémères, des petits, des grands, des ras-le-gazon, des bien en chair, des bérets, des fichus, des boiteux, des têtes vides, des casquettes, des hippies, des veaux, des gazelles…
Pour Mimi, question tract, c’est le baptême du feu. Cependant, après quelques hésitations et maladresses, il a tôt fait de se saisir d’une technique infaillible : repérer la cible, la fixer d’un air engageant, lui tendre le papier d’un geste généreux, lui sourire, et bonne journée si c’est une vielle dame, à lire attentivement si le gars fait la moue, enfin je vous le mets sur les carottes dans le cas où la citoyenne, entourée de marmots, a de surcroît les mains enchaînées aux légumes…
Des centaines de visages on ne peut plus ordinaires, et dont certains repassent au gré de leur errance parmi les étals de produits régionaux — alors clin d’œil complice, tenez, je vous ai gardé celui-ci.
Mais le plus touchant, pour Mimi, observateur finaud de la vie quotidienne, ce ne sont pas les visages, façonnés dans des moules niant les différences sociales. Ce sont le mains. Les mains qui s’ouvrent, se portent en avant et se saisissent du papier. Pour la plupart des mains d’ouvriers, de paysans, de petites gens qui ont trimé pour s’offrir ce samedi de repos, de retrouvailles entre copains, de tournées d’apéros au Café de la Place : des mains calleuses, ridées par le turbin, qui ne parviennent à s’ouvrir complètement tant les modèle le souvenir de l’outil, tant continue de les hanter la forme de son manche.
Malgré trois saisons de jardinage, les mains de Mimi, quand à elles, sont des mains de plaisantin — enfin… d’intello. A peine un soupçon de corne à la jointure des phalanges et de la paume.
Et Mimi de se demander comment les paluches du bon peuple, si grossières, ont bien pu pactiser avec les poules, soigner es lapins et cochons, récolter le nectar des abeilles.
11 avril 2009
Famines, misère et mascarade

Je ne sais si ma paresse est due au passage de l’hiver au printemps, au choc des civilisations ou encore au changement climatique, mais je rechigne à sortir de mon lit. J’interroge le réveil, je tire un bras de sous la couette et j’allume la radio, mais pas question d’en faire plus. Ce matin, sur France Inter, Edgard Pisani, 90 ans, ancien ministre de l’agriculture, et gaulliste de gauche …
Si vous le voulez bien, une courte digression.
Ce qu’il y a de consternant dans nos sociétés dirigées par experts, énarques et autres incapables ( oublions pour l’instant les malfrats et menteurs qui se sont emparés du pouvoir), c’est notre faculté de nous boucher les oreilles à la voix de l’intuition, au balbutiement de cette partie de notre esprit qui nous invite à ouvrir les yeux, nous désigne l’abîme vers lesquels nous glissons, le mur inébranlable qui nous attend au bout de notre ligne droite, pauvres moutons que nous sommes.
Eh bien Edgard Pisani, dans le train qui nous a menés de notre victoire sur le nazisme à la dégradation actuelle de notre société, peut-être à la ruine de notre civilisation, de l’espèce humaine et de la terre entière, a toujours tiré la sonnette d’alarme. Mais qui a su l’entendre ?
Pas les maîtres de forge, ni les barons de l’agro-alimentaire, qui se sont à ce point empiffrés qu’ils n’entrent plus dans leurs chausses. Ni les agriculteurs, protégés des guêpes dans les cabines climatisées de leurs mécaniques nourricières, qui donnent du grain à moudre aux fabricants de ces insecticides et pesticides qu’ils ne cessent de répandre et dont nous sommes friands, nous autres que la crise inquiète. Il faut dire que nos décideurs, dans l’expansion exponentielle de leurs chiffres d’affaire, se fichaient à l’époque de l’avenir de l’humanité : ils étaient occupés à se remplir le ventre à la mamelle des peuples. Et ils n’ont pas changé : ils sont toujours occupés à pomper, avec fougue, de plus avec le cynisme qu’on sait.
Ni les intellectuels, occupés avant tout, comme le sont Bernard-Henri Lévy, Alain Jupée et Jean d’O , de la blancheur de leur chemise , de leur gloire personnelle et de leur nœud de cravate.
Ni le cadre de PSA, qui n’a pas le temps de lever les yeux de son ordinateur tant son boulot le passionne.
Ni l’ouvrier de Renault, auquel on fait croire que son patron se bat jour et nuit pour lui décrocher des commandes et pouvoir le nourrir, et faire en sorte qu’il ait de quoi s’acheter lui aussi sa bagnole, et qu’il ait son appart’ et son écran plat, comme son chef, et qu’il reçoive la HD, et bla et bla et bla…
Eh bien nous voici dans de beaux draps. Car tandis que les algues vertes prolifèrent en Bretagne, 900 millions d’hommes n’ont pas de quoi se nourrir. Mieux encore, 15 personnes, avant tout des enfants, meurent de faim chaque minute que Dieu fait. Et la razzia de se poursuivre, de s’amplifier le pillage tandis qu’on vend des armes à qui demeure le ventre vide !
Mais comment se fait-il, demandait naïvement le journaliste de France-Inter, que personne à part vous, monsieur Pisani, ne se soit inquiété de fournir des charrues à ces gens ?
Certaines personnes y songent, ai-je eu envie de répondre à ce brave journaliste. Mais quel est le média, en ce bal des énarques et des gens bien, qui oserait parler publiquement de charrues ?
Pour changer de sujet, du moins faire semblant… : nous avions hier soir réunion du PG de notre département. A deux mois de notre première échéance électorale, nous nous sommes penchés sur un formulaire à remplir .
Bla bla, une heure de réunion, 80km aller-retour, la nausée.
Comme l’a chanté Ferré, nous vivons une époque moderne.
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10 avril 2009
Matin, joli matin
Décidément, c’est le matin que j’écris le mieux, après le petit déjeuner, lorsque la satiété permet à mon esprit rassuré de s’en aller folâtrer, par la fenêtre ouverte, du côté de l’utopie, de la virtualité qui prendra corps un jours, qui d’ailleurs le commence déjà. Soleil et vent léger, 18° au thermomètre, mon chat Coucouli à ma gauche, sa queue entre l’écran et le clavier… Et face à moi, au dessus de l’escalier plongeant vers le rez de chaussée, me fixant depuis son éternité, le sourire de l’absent. Une de ses amies m’a laissé hier un message. Venue sur ce blog, elle s’est aperçue que non seulement nous partagions nos belles idées, mais que nous militions l’un et l’autre dans le même parti… Elle habite Paris, tout près de chez mon fils Romain. Nous devons nous rencontrer dans un proche avenir, c’est juré. Elle se prénomme Céline.
Deux réunions hier. La première, à Auxerre, entre un certain nombre de partis de gauche (de la vraie gauche) et des syndicats qui devaient se présenter au nombre de cinq mais dont trois n’avaient pas jugé bon de se déplacer. Dommage pour eux car les deux organisations présentes, qui sont de loin les plus importantes, ont adhéré à ce que proposait le Front de Gauche : l’union du syndical et du politique dans un Front de Lutte pour la défense de l’emploi. Dans l’Yonne comme ailleurs — Fulmen, Amora, Valéo, Yoplait — multiplication des licenciements. Le salariat désespère, mais le préfet, de son côté, ne s’inquiète pas pour si peu. Une personnalité, cet homme. La police le protège.
Dans la foulée, seconde réunion, à Avallon cette fois. Devant une assistance de neuf personnes, j’y suis allé de mon exposé sur l’enjeu des européennes. Ce fut convivial, bon enfant. Nous avons longuement discuté, et nous nous sommes entendus et souris.
Le 7 juin, si j’en crois les premières hirondelles, devrait réserver d'agréables surprises.











