Chronique, virgule

Chronique d'idées, de mots et d'humeurs : derrière la virgule, il y a toujours à lire...

30 novembre 2008

Sans père ni repères

pere1    Je vous invite à découvrir de livre de Catherine Lehoux, paru aux Editions BOUCHENE. Catherine Lehoux, de son pseudo catimero, est une jeune femme dont vous trouverez le blog,Youpi loulipo, tout en bas de mes liens. Une jeune femme pour laquelle j’éprouve le plus profond respect, et à laquelle je redis ce soir mon admiration
    J’ai lu son livre. Non pas avec plaisir car le récit que déroule ses pages n’est ni bleu ni rose. Il est au contraire des plus sombres, des plus inconfortables pour un lecteur habitué, comme je le fus moi-même, à des ouvrages dont le réalisme demeure abstrait à qui ne connut ni la misère physique, ni le chaos psychique que peut induire une enfance massacrée.
    Mais plutôt que d’en rajouter, je laisse la parole à Catherine, dont s’imprime ici, sur la quatrième page de couverture, l’aboutissement d'une volonté désespérée qui lui permit de revenir parmi nous.

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28 novembre 2008

En réponse aux craintes de Valériane

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Juan Miro - Hermitage

    Lorsque j'ai démarré ce blog, il y a exactement sept mois, je ne savais où j'allais mais j'y allais, ça j'en étais certain. Déjà, quelques mois avant de me lancer dans l’aventure, alors que je n’avais jamais survolé le moindre blog à part celui d’Alain Juppé (d’une tristesse navrante), j’avais intuitivement compris que m’attendait là le champ d’expression qui me convenait, le merveilleux lac chimérique sur le miroir duquel j’allais enfin pouvoir m’élancer. Sept mois ont passé, j’ai patiné plus que de raison et je ne suis pas déçu. Je suis au contraire de plus en plus enthousiaste, je me sens de plus en plus libre, léger, heureux.

    Sachant à l’avance que je risquais de me perdre dans les dédales de ma propre psyché, je n’ai jamais voulu tenir de journal intime. Et puis ce genre de littérature, rédigé dans le silence et la solitude, rien que pour soi, non, vraiment, ça ne m’inspirait pas. Il m’aurait semblait-il manqué l’oreille complice, la présence virtuelle qui pût m’aiguillonner.

    Si vous vous êtes promenée parmi les billets de chronique-virgule, vous avez compris que je maniais la plume depuis un certain temps.

    Mon premier roman publié le fut voici trente ans. C’est la description, au jour le jour, de l’élan passionnel qui pousse un jeune homme vers sa “dame“. La dame était “vous“ et le jeune homme, qui ressemblait étrangement au narrateur avec lequel il partageait le moindre de ses instants, était désigné par “il“.

    En tant qu’auteur, je n’étais donc pas seul. La dame dont je m’étais épris me guidait, m’éclairait dans l’échange des sourires et des mots murmurés, si bien que je lui adressais par la poste les premiers jets du roman au fur et à mesure de leur apparition. Ecrire devenait un plaisir malgré les aléas des sentiments et, bien que recevant peu de commentaires, il me semble aujourd’hui que je faisais un premier pas dans ce qui deviendrait mon actuelle blogosphère.

    Second roman : un type retapant une fermette isolée entre azur et ruisseaux, quelque part en Provence. Solitaire, il rénove en se parlant à lui-même, puis en se figurant des personnages, réels ou imaginaires, avec lesquels il dialogue, puis en prenant à témoin de ses travaux, de ses visions et de ses délires les assemblées devant lesquelles il s’exhibe.

    Le troisième roman, quant à lui, est rédigé à la première personne du singulier. Un homme et une jeune femme qui ne se connaissent pas entreprennent une relation épistolaire à la suite d’une petite annonce… Et j’envoyais les lettres, il m’arrivait même d’inventer des réponses. Là aussi, une belle séance de patinage !

    Quatrième ouvrage, à mes yeux le plus important, fort différent des autres puisqu’il ne s’agit plus d’un roman, mais d’une allocution devant une classe de bambins : “ discours aux enfants “.

    Il est achevé, j’en suis on ne peut plus satisfait : à mon avis, en effet, il ne laisse pas au seuil de ce quelque chose auquel vous faites allusion, Valériane,  (et que nous cherchons tous), mais pénètre au contraire assez profondément dans ce qui demeure inconnu à nos yeux. Cependant, il m’est difficile d’en parler car il porte en lui, mon petit doigt me l’assure, le germe d’un futur discours, d’un “ discours aux jeunes gens “  cette fois-ci, dont ce blog est peut-être une esquisse.

    Dans cette succession de billets, comme dans le discours aux enfants, j’ai commencé par une analyse plus ou moins fantaisiste, plus ou moins poétique de l’état de la société actuelle, et par là de notre monde. Cela pour mieux asseoir, asseoir sur du solide et de l’incontestable, ma vision d’un futur que je ne distingue encore que partiellement. Mais depuis peu, depuis les figures bouddhistes et khmers, j’ai commencé à pousser plus loin le murmure — pas trop loin malgré tout, je ne voudrais pas gâcher par des fausses notes ce que je pressens et qui me paraît beau, qui me semble même d’une splendeur cosmique, l’aboutissement en quelque sorte du cinquième rêve des Cherokees.

    Sans cette blogosphère que nous animons tous, sans vous tous qui vous tenez devant l’écran et que la virtualité rend plus présents à mon esprit, je ne patinerais pas ainsi, ni ne me dévoilerais de cette manière, ni ne me sentirais gonflé de cet amour, de cette faculté de création sans lesquels on n’est rien.

    Je ne sais si j’ai bien répondu au commentaire de Valériane, j’ignore si je me suis égaré dans les dédales de mon esprit… mais quelle importance : ne sommes-nous pas ici pour échanger et partager, pour rire et pleurer ensemble ?

   A toutes et à tous : un bon week-end au coin du feu, avec le chien à vos pieds, le chat sur vos genoux, le breuvage à portée de vos lèvres.

   

Une dernière chose, à l’intention de Valériane et à votre intention à tous : les éditeurs me l’ayant refusé, j’ai dû publier moi-même le discours aux enfants. Je ne suis pas riche, je ne peux donc vous l’offrir. Mais si vous le désirez, je peux vous l’envoyer à l’occasion de noël. 11€ + 1,5€ de frais de port. En attendant, si vous désirez y jeter un coup d’œil, vous le trouverez dans la catégorie du même nom, située dans la colonne de gauche… Et j’arrête là ma pub.

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27 novembre 2008

Des propositions pour demain ?

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Paul Rebeyrolle - ?

    Ce court billet en réponse à un long commentaire de Valériane à propos de mes "lendemains qui ronronnent", vision d’après elle des plus noires. Arrêtons de nous plaindre, implore-t-elle. Le passé est derrière nous, l'urgence est là, nous devons y consacrer notre énergie, c'est le moment ou jamais de bâtir un programme.

    Un programme ? Ne quittez pas! Mais attention : les contributions arrivent en si grand nombre que ça devient une avalanche.  Essayons donc de les trier, sinon force nous sera de fréter des charrettes pour les livrer à Big Brother, comme au temps des doléances et de leurs cahiers, juste après les Lumières.

    D’abord, si les hommes naissent libres et égaux, du moins en théorie, nous inscrirons dans la constitution le droit inaliénable de chacun de se développer de la manière qu’il entend. Ceci pour les enfants, les grandes personnes ayant de leur côté, c’est évident, le devoir d’aider les marmots à se développer dans tel sens ou tel autre, selon leur bon vouloir.
    Donc, l’édifice bétonné de l’Education Nationale, aux oubliettes, sa hiérarchie et son ministre avec !

    Ensuite… ensuite plus besoin de se creuser la tête. Liberté pour chacun, égalité de tous dans l’épanouissement général, solidarité de tous vis-à-vis de chacun. Et pour que se mémorisent ces notions assez neuves, on remplacera le principe de liberté, égalité, fraternité, trop entaché de malversations républicaines, par celui de Libres, Egaux, Solidaires, plus proche de l’être humain par ce qu’il évoque d’individualité aussi bien que de collectif.
    Du coup, plus de voleurs, plus de gendarmes. On balance à la flotte le ministère de l’intérieur, on suggère à Michèle Alliot de ne plus nous faire les gros yeux, de modeler son beau sourire non plus dans la rigidité du marbre sarkozien mais dans la frivolité du printemps des cerises. Et c’en sera fini de l’inspecteur qui ne veut rien savoir, fini du policier borné, fini du fonctionnaire aux ordres, de même du trader impudent. Car le crédit, terminé lui aussi ! Les produits seront désormais attribués à qui voudra les prendre, et bien sûr gratuitement, les derniers banquiers ayant préféré se jeter par les fenêtres plutôt que répondre de leurs actes.
    Donc, fini le fric, finis par là même les problèmes d’héritage. L’héritage est banni lui aussi, de même  les kyrielles de frustrations, de jalousie, de haine au sein des différentes fratrie, de peaux de bananes oubliées aux carrefours des familles. Du coup plus de notaires ni d’huissiers, ni d’avocats d’affaires, ni de blanchisseurs de narco et pétro dollars… Aux oubliettes et qu’on n’en parle plus, de ces métiers pollués !

    Vous allez me dire… rien ne va plus marcher, les trains vont dérailler, les caténaires voler et les pylônes se mettre en vrille, les ayants droit par là-dessus se bousculer aux portes des ANPE…
    Là, je dis stop. Oh, ho, hoh !

    Dès lors que nous nous serons libérés d’une partie de la pesanteur qui inclina notre front vers le sol, ne supportant plus la moindre contrainte, nous regarderons au loin, nous atteindrons les nues. Et comme nous resterons de chair malgré que nous serons portés vers les hauteurs de l’idéal, il nous faudra œuvrer, toute forme de travail librement consenti apportant de la matière à la construction du bonhomme, de l’eau à son épanouissement psychique. D’autant que le nombre des gens disponibles réduisant là tâche de chacun à moins de quatre heures par jour (comme au temps de Cro-Magnon, avant que n’apparaissent le mercantilisme, le marchandising et l’usure), travailler deviendra un plaisir.

    En attendant que le PS rassemble ses forces et prenne les choses en main, ce qui ne saurait tarder si j’en crois France Inter, je vous souhaite une excellente soirée.

    Signé Buster,
    Educateur auto proclamé d’utilité publique.

    Au fait, avez-vous remarqué le titre du tableau d’hier ?
    Chien pissant sur son matricule
    Ce Rebeyrolle, tout de même, quel lascar ! et quel phare dans la nuit !
    Tenez, je vous en remets un autre. Et encore un autre…

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Rebeyrolle - Homme tirant sur ses liens

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Rebeyrolle - Chien
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26 novembre 2008

Des lendemains qui pleurent

rebeyrollechienpissant

Paul Rebeyrolle
Chien pissant sur son matricule

Le parti socialiste en ordre de bataille pour sa prochaine défaite
Remontée en fanfare des indices de la Bourse
Mon chat ronronnant devant le feu…

Aube d’un hiver qu’on prévoit rigoureux pour Sdf et chefs
les sans abris parce qu’ils craignent le gel
les chefs leurs actionnaires…

Ensemble tout devient possible a clamé un élu
mais nous ne sommes plus ensemble
l’argent nous a détruits…

Les uns s’endorment sur des montagnes d’oseille
d’autres au milieu de feuilles mortes
et de rêves en lambeaux…

Lorsque j’étais enfant nous chantions une chanson que je n’oublierai pas…
Ensemble nous avons marché, marché le long des sentes…
Mais qu’elle est loin, l’enfance !
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25 novembre 2008

Des lendemains qui ronronnent

FEU_GAZOMETRE__1_   Pour devenir un citoyen responsable, capable de juger si telle loi est censée, si telle autre est un leurre destiné à tromper et plumer le pigeon, il faudrait s’inspirer du chat, de sa capacité à pénétrer le mystère.
    Que perçoit-il, de la branche d’où il domine sa rue, son jardin et le monde ? D’abord la pollution de la planète, sur laquelle se greffe la fureur des vents ; ensuite la surpopulation… non pas de la gent féline mais de ceux qu’il prenait, lui, Félix, pour des dieux créateurs : les humains. Les humains en effet, afin que leurs jeunes prennent en charge les vieux jours de leurs vieux, n’ont cessé de croître et de multiplier.
    En revanche, concernant les miasmes générés et les débris abandonnés ça et là, aucun problème : messieurs Sarkozy et Borloo viennent de mettre en place un “grenelle“ qui va régler le problème. D’ailleurs, sans la crise financière de ces dernières semaines, ses effets bénéfiques, déjà sensibles aux pôles, occuperaient aujourd’hui la une des quotidiens.
    Pour notre population cependant, la moindre de leur croissance se traduisant par un effondrement du nombre d’animaux et de plantes, c’est un peu inquiétant.. Un humain, en effet, faut voir son coup de fourchette.
    Dans ces conditions, nos pourvoyeurs en pâtée sont-ils appelés à nous lâcher, nous autres minets ? Que non ! La masse humaine dispose en effet de plusieurs moyens de réduire sa taille : le zyklon et le sarin, d’abord, n’attendant dans les gazomètres que l’ordre de sévir leur vînt. Ensuite les microbes et l’atome, lequel réduira tout en cendres… mais demeurons sereins : le chat est immortel.
    L’humanité aussi. Et si l’on est en droit de considérer les humains comme des clowns, force nous est de constater qu’il y en a dans le cigare de certains. Voyons donc la situation de leur point de vue.
    D’une part ils sont en surnombre, d’autre part s’est formé en leur sein, entre nantis et démunis (les uns réclamant le partage des richesses et les autres l’inverse) un fossé que pourra seule combler l’éradication des uns par les autres, ou l’inverse, c’est selon.
    — Les maigres en leur multitude peuvent-ils éliminer les gros. ?
    — Impossible : manque d’imagination de leur part, et puis  ils se bouffent entre eux.
    — Dans ce cas, les gros peuvent-ils…
    — Eh bien oui, ma minette, les gros le peuvent. D’autant qu’ils sont parvenus, au moyen de leurs machines, de leurs écrans et de leurs programmes, à ne plus dépendre des maigres, lesquels jusqu’alors ont travaillé pour eux.
    — Alors les miséreux, les chômeurs, les râleurs et penseurs que Big Brother se contente pour l’instant d’observer, mon matou chéri, ils vont…
    — Ils vont s’en occuper, rassure-toi, mon tendron.  Et en beauté !

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Veille de l'opinion

BIG BROTHER
is watching you


Big_Brother_is_watching_you

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24 novembre 2008

Education nationale, citoyenneté, liberté.

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    Ma scolarité ne fut guère brillante. Si on ne m’avait menacé de la férule, je me serais mué en cancre blotti contre le radiateur. J’avais pourtant des possibilités, quelques talents, mais trop de fantaisie sans doute pour apprendre mes leçons et ne rien contester.

    Après recul et analyse, je me dis que j’ai eu tort dans un sens et raison dans un autre. Ainsi, dans la mesure où l’école ne m’a pas conduit à la réussite professionnelle souhaitée par mes parents, je dois reconnaître que nous avons échoué, elle et moi. D’un autre côté, ne m’ayant pas émasculé — entendez n’ayant contrarié ni ma créativité, ni mon désir de délaisser ce qui m’ennuyait pour m’attacher à mes passions et à mes rêves — elle a favorisé (là est sa réussite) la maturation d’une révolte qui me fournit aujourd’hui les armes de ma libération. J’ai toujours haï les systèmes, leur rigidité, leur pesanteur, et je poursuis dans cette voie d’allégresse.

    L’Education Nationale, me semble-t-il, traduit on ne peut mieux l’état d’un corps s’acheminant vers une raideur qui ne peut que lui nuire, vers une manière de sclérose reflétant la condition du système auquel il appartient, en un mot vers la rigidité de son futur cadavre.

     Vers quels horizons diriger la jeunesse, à quoi la préparer dans une société dont nul ne sait ce qu’elle deviendra dans dix ans ? Sitôt achevé l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, ne pourrait-on donner à chaque élève à la fois le goût d’apprendre et la faculté de grandir par lui-même, l’envie de recevoir dans un premier temps, puis de partager avec ses camarades ce qu’il aura appris ? En un mot, ne pourrait-on l’accompagner vers un devenir qui fera de lui, au sein de son village, de son pays et du monde, un citoyen conscient, c’est-à-dire éclairé ? Mais pour que l’Education Nationale puisse mener à bien, dans le respect de chacun, une tâche d’une telle ampleur, il lui faudrait de la souplesse.

    Cependant, quel règlement nous interdit-il, dans un objectif d’efficacité, de diminuer dans chaque classe le nombre des élèves ? Quelle logique nous empêche-elle d’accorder notre confiance tant aux enseignants épris de leur métier qu’aux enseignés retrouvant de la sorte l’élan qui fut le leur lors de leur découverte du monde ? Et quelle règle vieillotte, alors que les médias s’en font chaque jour l’écho, nous détourne-t-elle de l’envie de passer outre à des programmes figés pour nous baigner d’actualité, pour permettre à chacun de s’investir dans ce dont on parle, d’affiner ses jugements, de confronter ses idées  à celles de son voisin ?    

    Eh bien cette liberté, dont seul nous sépare l’épouvantail sinistre de la hiérarchie, revendiquons-la, conquérons-la, brandissons-la, mettons-la en pratique.    

    Pour la raison qu’elle nous éclaire de ses nuances et de sa subtilité, priorité à l’étude de la langue. Priorité de même à l’Histoire,  laquelle déroule sous nos yeux la succession de nos échecs et de nos succès à travers les âges, nous aide à comprendre d’où nous venons, à entrevoir ce vers quoi nous allons, à conjuguer nos énergies en vue d’un développement harmonieux de notre multitude.

    Enrichissement intellectuel des hommes et développement des peuples participent d’une même entreprise : la marche vers la maturité, vers l’équilibre, le progrès, le partage… Mais nous pénétrons là dans le royaume de l’utopie, redescendons sur terre, revenons à notre belle époque.

     Qu’a-t-il besoin de liberté et autres sornettes, cet univers de la grande bouffe dont nul dirigeant ne s’est rendu compte que la bedaine capitaliste et financière portait en elle les germes de sa propre décrépitude ? Dont nul dirigeant, démocratiquement élu ou non, n’a compris que c’en est terminé d’un système qui dévaste la terre et abêtit les hommes, les transforme en moutons qu’on dirige à sa guise.

    La crise financière qui nous frappe est une chance que nous devons saisir, tous autant que nous sommes — et vous en particulier, qui détenez le savoir et l’art de le transmettre. Terminé, le “travailler plus“ pour enrichir quelques maffieux qui n’ont que faire des écoles maternelles où les enfants dessinent, que faire des collèges qui voudraient enseigner autre chose que l’obéissance à des règlements, que faire des lycées et des facs qui  initient à la philosophie, à la réflexion, à la liberté !

     Xavier Darcos n’est pas un visionnaire, nous le savions depuis longtemps. Mais ce n’est pas non plus une brute, ni même un imbécile. C’est simplement un serviteur — en théorie serviteur de l’Etat, en pratique fidèle serviteur de son seul Président.

    Ce président envisage-t-il autre chose que la rivalité entre les citoyens, que la lutte permanente entre les décideurs, que la traduction en euros du stress et de la déprime générés de la sorte ? Nenni ! Et Xavier Darcos lui emboîte le pas, Xavier Darcos va droit dans le mur, droit dans le mur en compagnie de son président, droit dans le mur comme tant d’autres, qui s’accrochent au mirage d’un pouvoir qu’on ne partagera pas.

    Cependant, ne nous apitoyons ni sur eux, ni sur nous. Laissons-les ronger l’os d’un vieux monde essoufflé et préparons le nôtre, le nouveau, celui de l’avènement de l’Homme !

Billet à paraître également dans Vox Populi et sans doute Résistance Inventerre.

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23 novembre 2008

BULLETIN de SANTE


Après avoir fait plus que de raison,
Mimi a retrouvé un équilibre.
Il ne fait plus.
Désormais, son pot est vide et le restera
jusqu'au prochain désordre.
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En conséquence de quoi,
il (Mimi) sera demain lundi
de retour parmi nous.
Après une semaine de souffrance,
il espère
un accueil chaleureux.
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21 novembre 2008

AVIS


Frères et sœurs, amis et amies

J’ai actuellement quelques problèmes.
Une forme d’essoufflement psychique, d’abord,
dû à six mois de bloging forcené.
De la fatigue ensuite, à cause d’une saloperie de microbe
qui refuse de me lâcher les tripes.
Du coup, je me suis réveillé ce matin dans un état que je n’oserai décrire.
En conclusion de quoi,
sur avis de ma tête et de mes tripes,
histoire de me materner, de reprendre mon pouce ,
de retrouver dans la sucette cet équilibre
sans lequel tout humain s’abîmerait
en lui-même,
j’ai décidé de faire relâche.
Oh, pas longtemps,
c’est juré.

Je vous embrasse.

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19 novembre 2008

Trancendance et chatteries

Abyssin   Le comportement du chat, animal qui me semblait purement décoratif jusqu’à ce que je pusse l’observer, me turlupine depuis des lustres. Il y a chez cet animal soyeux d’extraordinaires capacités de réflexion, de supputation, de numérisation et de calcul, mental avec tracés de trajectoires on ne peut plus précis. Ainsi, lorsque notre félin, immobile sur la branche qu’il a atteinte on ne sait comment, semble fixer à un mètre de lui le pilier de son domaine, on peut se dire qu’il se repose, qu’il rêve ou qu’il s’est abîmé dans un vide insondable. Eh bien qu’on se détrompe. Tandis qu’il jouit de la douceur de l’air, du soleil qui l’endort et du panorama qui se déploie devant ses yeux mi-clos, le bougre réfléchit — ou plutôt, ça réfléchit dans chacun de ses atomes sans qu’il y soit pour rien, du moins en apparence. Car dès que se manifeste en lui la conclusion de son affaire, le chat est là pour la recevoir et la mettre en application, à savoir relâcher brusquement la corde intime qu’il maintenait bandée tel un tireur à l’arc, cette action le projetant, par des voies aériennes, jusqu’à un objectif qui soudain se révèle à nos yeux ébahis : le pilier du jardin, nouveau poste d’observation qui lui permettra cette fois, sitôt effectué le calcul d’une nouvelle trajectoire, d’aller retrouver Minette à l’autre extrémité de la rue.

    Pas con, le chat. Encore ne s’est-il agi, dans ce cas de figure, que de sa translation dans le cadre d’une matière inerte. Seul comptait son accès à la rue, peu  lui importait donc de bondir à tel instant ou tel autre.

    Maintenant replaçons Félix (nom habituel du chat) sur le pilier qu’il vient d’atteindre, et détournons son attention au moyen du mulot qui vient de sortir de son trou, de humer l’ambiance, de renifler du louche, de faire machine arrière et de regagner son trou. Là, l’affaire est d’une telle importance que Minette attendra, et que Félix n’a plus que cette idée en tête : s’emparer du mulot.

    Voici donc notre chat occupé à de nouvelles supputations, dans lesquelles entre cette fois le temps. Félix devra en effet, au moment où le mulot, deux mètres cinquante-trois plus bas, sortira de son trou pour aller se saisir de la noisette eniflée dans l’allée, se jeter sur lui et sur lui refermer ses griffes, à l’interception exacte de sa trajectoire (parabolique) et de la ligne plus ou moins sinueuse que suivra le mulot, c’est-à-dire en un point situé à un mètre zéro deux du pilier, sinon c’est le fiasco. Et comme la vitesse du mulot est de soixante-cinq centimètres par seconde, que d’autre part le temps mis par Félix pour atteindre le sol, donc le mulot, sera d’un quart de seconde, vous voyez d’ici la complexité du calcul.

    Eh bien si de mon côté je renonce, c’est pour Félix hors de question. Depuis son poste d’observation, immobile, il en est à calculer au millième de seconde l’avance qu’il devra laisser au mulot pour être certain, après le lâcher des tensions, de s’emparer de sa proie.

    Immobile, le Félix ? Certes, encore que loin de se prélasser bien que ses muscles semblent au repos, mais dans un état mental que nous qualifierons de transcendant : il est en effet concentré et ouvert. Concentré sur le trou du mulot et l’apparition dudit a un instant qu’il ne saurait prévoir, ouvert en même temps à tout imprévu, auquel cas il lui faudra en un millième de seconde revoir tous ses calculs.

    Eh bien je dois vous avouer que moi, Mimi, auquel cependant quasiment rien n’échappe, j’aimerais comme le chat m’élever au-dessus des contingences sans pour autant m’en détacher, et demeurer en cette grâce. Un tel état est à mes yeux, en effet, celui de tout citoyen se voulant responsable.

    Ce qui n’empêche nullement d’aller retrouver Minette.

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