Chronique, virgule

Chronique d'idées, de mots et d'humeurs : derrière la virgule, il y a toujours à lire...

24 février 2009

Crématorium du Père Lachaise, mercredi 25 février 2009, 15h 30

 

    Raphaël est mort…

    Ces trois mots, prononcés par tes parents à l’intention de ceux qui t’aimaient ne pouvaient que buter sur les lèvres, sur le silence de l’incompréhension. Il était nécessaire de les répéter, Raphaël, de les répéter pour celui-là et de les répéter pour la suivante et le suivant, et de les répéter trois fois, dix fois, vingt fois, sans que leur signification ne parvînt à éveiller d’écho.

    Ces mots imprononçables, Raphaël est mort, ont ainsi roulé en chacun de nous comme une invraisemblance, un ricanement immonde, le hurlement d’un train dans les ténèbres d’une contrée que nul ne veut connaître. Personne n’a pu juxtaposer la joie de vivre que nous te connaissions, ton beau sourire, la luminosité de ton apparent bonheur à ce cinglant rappel à une réalité que nul n’avait envisagée, à cette gifle qui nous crucifiait : Raphaël est mort.

    Tu nous a quittés, Raphaël, presque volontairement, dans un moment de déraison, un moment de détresse, un appel au secours si secret que nul n’a pu ou n’a su l’entendre. Ni ta mère, ni ton père, ni ta compagne, qui pleure en compagnie de ta sœur, de ton frère, de ceux dont tu as traversé la vie.

    Tu es parti, Raphaël, et tout le monde s’est regroupé autour de ta place vide. Tu es parti, et tes frères et tes sœurs s’efforcent de retenir leurs larmes. Mais les larmes tarissent, les larmes s’évaporent avec le temps, tes frères et tes sœurs te pardonnent, tes frères et tes sœurs te serrent délicatement entre leurs bras.

    Va, Raphaël, va où tu dois aller. Va notre enfant, notre ami, notre amour,  va sur le fleuve du temps, là où nous irons tous.

     Nous t’embrassons une dernière fois, Raphaël, et nous fermons les yeux pour te voir t’éloigner dans la pulvérulence des cendres.

     Pardonne-nous notre émotion.

    Pardonne-nous notre chagrin.

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18 février 2009

Frères et sœurs, pour me faire pardonner…

Ne m'en veuillez pas, j'ai une envie folle de parler et d'écrire, et de répondre à vos commentaires, mais pas le temps. Pas le temps. Flics, paperasses, avocat, institut médico-légal, son corps sans vie, son corps sans âme, son sourire effacé — putain !
Un discours d'adieu à rédiger pour lundi, ou mardi, je ne sais.
Puis à prononcer sans m'effondrer devant le monde.
Puis plus rien.
Plus tard, je prendrai une bouteille de bourgogne, je me la viderai dans le gosier  en pianotant sur le clavier, je vous raconterai, vous comprendrez. Je le sais.
Vous serez là, tous.
Ce sera notre repas mortuaire. Un festin virtuel. Une agape dans les limbes. Un carnaval grotesque et aviné — vous savez, quand on fait cercle autour du disparu, que s'entrechoquent les verres au-dessus de son cercueil, que ça lui coule sur le plastron.
Je ne sais rien, j'invente.
Mais ce mot, carnaval, je l'aime bien
Karnaval…
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15 février 2009

Pour ne rien vous cacher

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famille124


au centre : Marie, épouse de mimi

à gauche, Raphaël, fils aîné de Mimi
à droite, Mimi
à leur pieds, le chien Gédéon, admiratif.
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14 février 2009

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Amies, amis,

Mon fils aîné Raphaël
Un petit garçon que j’ai bercé,
que j’ai chéri
qui a grandi
qui est devenu un homme et qui m’a aidé
beau comme un dieu
aimé de Rislaine
passionné par son travail
mon fils Raphaël
39 ans
ce mercredi 11 février à 21h40
en gare de Saint-Denis
s’est jeté sous un train.

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11 février 2009

Tous ensemble ! Tous ensemble !

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    Mon précédent billet date du 7, nous voici le 11. Quatre jours ont donc passé. Quatre jours à tourner en rond : on ne laisse pas tomber son blog sans en payer le prix
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    Eh bien me revoici. Non pas amer malgré la difficulté qu’on a, dans notre pays, à réunir quelques individus — alors une demi douzaine de mouvements politiques, je ne vous raconte pas — mais malgré tout inquiet. En cette période où l’on entend les salariés gronder devant une crise dont a classe dirigeante voudrait leur faire payer le prix, et cela dans touts les professions, toutes les catégories sociales, toutes les régions y compris l’outre-mer, je suis effaré de découvrir que des partis politiques ayant les mêmes objectifs, à savoir le renversement d’une droite à ce point sans imagination qu’elle en est réduite au bling bling, sont incapables de s’entendre.

    Mettons les choses au clair. J’ai versé mon obole au Parti de Gauche dès que j’eus vent de sa création. Et, sitôt contacté, j’ai adhéré à un de ses comités en formation dans ma région. Je l’ai fait d’instinct, ou presque, et je ne le regrette pas. En effet, le discours de Jean-Luc Mélenchon et les prises de paroles de quelques responsables, au congrès dont j’ai fait écho ici même, m’ont convaincu du bien-fondé de mon engagement récent. Beaucoup d’humanisme dans les propos, une ouverture aux grands problèmes qui se posent à la planète et à l’humanité, une volonté de débattre démocratiquement des solutions possibles. Et si cette formation nouvelle s’éloignait du Parti Socialiste, sans pour autant le rejeter, elle ouvrait les bras, sans aucun préalable, à qui voudrait la rejoindre dans un front commun à l’ensemble de la gauche, et se battre à ses côtés contre le libéralisme, le capitalisme et l’enrichissement de quelques uns au détriment de l’ensemble. Sans parler des “réformes“ anti-républicaines qui se concoctent sous notre nez à tous.

    Nous savions que rien n’était gagné, que le congrès du NPA constituerait le moment de vérité, au point que certains d’entre nous se prenaient à douter de son adhésion au projet. Ceux-là avaient raison. Le parti d’Olivier Besancenot, bien que révolutionnaire, a de telles exigences et fait de tels caprices qu’il apparaît plutôt comme le gardien de musée d’un trotskysme enterré depuis longtemps.

    Que lui importe que le Parti Communiste, lors des prochaine élections régionales, s’entende avec le PS pour conserver quelques élus, puisqu’il s’agit de battre la droite ?

    Mais le NPA de Besancenot, issu de la LCR de Krivine, semble préférer la défaite à toute participation à un quelconque pouvoir démocratique. Comme si le NPA avait horreur de la démocratie. Comme si son charismatique leader s’était entendu avec l’ennemi qu’il s’est juré d’abattre tout en se gardant bien de s’en donner les moyens.

    Seule note d’espoir : que la rue, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens qui vont y défiler de nouveau dans une belle unité, l’amène à réfléchir et se remettre en question.
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07 février 2009

L'appel du Parti de Gauche

 

L’appel  à toutes les organisations et partis de gauche est clair, on ne peut plus ouvert :

    Ce “front de gauche" est  sans exclusive. Il est aussi sans préalable. Nous ne mettons personne au pied du mur. Nous ne demandons à personne de se renier. Nous sommes prêts à toutes les discussions, prêts à débattre de toutes les conditions que l’on souhaiterait poser, y compris notre approche des élections qui suivront les européennes, des régionales aux présidentielles, afin de constituer ensemble un front politique permanent face à la droite.

    Nous reste à  réaliser l'unité, ce qui n'est pas simple, mais  qui constitue aussi une formidable gageure, une lutte  résolue contre ce qui fait croire à chacun  qu'il est le meilleur, qu'il détient seul la vérité.
    Une lutte contre le Sarko qui se trouve en chacun de nous.

   Une lutte contre la langue de bois, contre les tics intellectuels, contre les déplorables manies qui nous font avancer de travers, déraisonner, nous égarer.

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06 février 2009

Cette photo vient de m'être envoyée par une fée…

Sarko_manif

je n'ai pu résister.

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03 février 2009


Frères et sœurs, amies, amis

Vous le savez, j’ai l’intention de reprendre la plume, d’écrire un discours aux jeunes gens, et cela est une urgence.
D’autre part, militant enthousiaste du jeune Parti de Gauche je suis pris d’un formidable désir de faire bouger les choses, de prendre les banques, la finance et quelques uns de nos décideurs, donneurs d’ordres et prédateurs, de ficeler l’ensemble, de balancer ce fatras dans la fosse.
Seulement, une victoire ne se remporte pas sur écran. Elle se conquiert dans la réalité.
Déjà, la liste des réunions auxquelles je suis convié s’allonge de jour en jour. Or, si j’ai deux mains, je n’ai qu’une seule tête, et me voici confronté à un choix auquel je ne m’attendais pas :
ou bien la toile, ou bien la politique.
Seulement comme l’abandon de la blogosphère m’arracherait le cœur, je ne vais pas fermer Chronique Virgule. J’y ai de trop bons souvenirs. Simplement, j’y serai moins présent.
Même chose en ce qui concerne Curioso Furioso.
Mais littérature, politique et bloging se confondant à mes yeux en une même aventure, je reviendrai dès que le besoin m’y poussera.
Et puis, chaque fois que je le pourrai,comme je vous apprécie et que vous m’aimez bien, je passerai vous voir.
A bientôt

Je vous embrasse.


Découvrez Quilapayún!

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02 février 2009

Libres, égaux, solidaires

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    Ah, frères et sœurs, j’ai assisté ce week-end, à Limeil-Brevannes, au réveil de la France. Et pas n’importe quelle France. La France de la liberté, la douce et belle France dont nous portons la lumière en nous, et que nous aimons, et que nous désirons servir. Celle qui s’est dressée voici deux siècles contre l’obscurantisme de la royauté et de ses privilèges ; celle qui a demandé, en 1848, que s’installe à sa tête une république démocratique et sociale ; celle qui s’est levée devant l’envahisseur nazi ; celle enfin que le consumérisme et la publicité ont failli étouffer sous de fausses promesses, faire s’agenouiller devant des carottes agitées sous son nez. Celle qui enfin, voici quelques jours, a retrouvé ses couleurs pour défiler dans les rues et s’opposer à la casse programmée de ses conquêtes récentes. La France de Marianne.

    Eh bien cette France qui n’avait plus ni carte ni boussole, cette France en déshérence, cette France qui nous laissait orphelins et nous désespérait, nous autres ses enfants, eh bien sachez-le : cette France est de nouveau vivante, cette France est de nouveau debout, et cette France nous appelle.

    Et cette France n’est plus seule. L’Allemagne et le Portugal brandissent les mêmes drapeaux, l’Amérique latine toute entière a entrepris de secouer le même joug.

    Je ne vous retracerai pas le détail de ce congrès constituant du Parti de gauche. Je ne suis pas un rapporteur fidèle, mais un rêveur, et puis il y a des choses que je n’ai pas comprises. Je n’ai pas compris, par exemple, s’il était mieux de confier à la B.C.E. le soin de s’occuper de la finance, ou bien de s’en remettre à chaque état. Pour moi, la finance est une usine à gaz qui s’effrite, un coup de pieds la jettera bas, nous planterons à sa place des arbres de la liberté. Mais dans le rouge des drapeaux et des écharpes, dans les poings levés aux accents de l’Internationale, j’ai entrevu les éclats d’un bonheur que je n’oublierai pas.

    Je n’oublierai jamais ce syndicaliste allemand, militant de die Linke, à l’issue de son discours improvisé nous dire que nous n’avions nul besoin d’inventer un programme, que notre programme était là, nous l’avions gravé au fronton de nos mairies, il nous suffisait de lever les yeux. Et c’était l’évidence, nous avions oublié nos rêves, nous les retrouvions grâce à lui.

    Je n’oublierai pas ces hommes et ces femmes, mes semblables, monter à la tribune et dire avec intelligence, avec simplicité, ce qu’ils pensaient de tel ou tel point que nous devions adopter ou rejeter.

    Et je n’oublierai jamais, en clôture du congrès, le fabuleux discours de Jean-Luc Mélenchon, ni les applaudissements, ni les slogans qui ne parvenaient à l’interrompre. Car ce n’était plus un homme qui s’adressait à nous, ce n’était plus un orateur qui nous faisait vibrer, c’était notre force à tous, notre espérance commune, qui s’exprimaient à travers lui.

    A la fin du congrès, alors que les applaudissement ne parvenaient à s’apaiser, j’ai regardé mon voisin. Un vieil homme qu’emportait l’émotion, un vieux militant revenant à la vie après une interminable traversée du désert, et qui voyait se dessiner l’oasis, et qui pleurait.


Le parti de gauche a été mis en place voici deux mois par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, responsables socialistes en désaccord total avec l’orientation centriste et libérale du PS. Il rassemble actuellement 5000 militants venus de tous les horizons de la gauche et, comme je le suis moi-même, de gens de gauche qui ne s’étaient encore retrouvés dans aucun parti.
Sa première réalisation : une union dans un Front de gauche avec le Parti communiste.
Ses deux objectifs immédiats :
• élargir ce Front de gauche à tous les partis et mouvements progressistes (à l’exclusion du PS).
• faire en sorte que le Front de gauche (dont il ne sera qu’un des éléments) passe aux européennes devant le Parti Socialiste, que nous n’aurons plus alors qu’à porter en terre.

Posté par curiosofurioso1 à 12:03 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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