30 septembre 2009
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Il aurait eu quarante ans aujourd'hui…
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28 septembre 2009
La dernière image
.... Puis-je vous faire un aveu ? Je ne suis pas assez solide pour le
clamer haut et fort, mais je peux vous le murmurer, m’en réjouissant en mon for
intérieur…
....Alors voilà : depuis deux ou trois jours, je me sens mieux. Pas au
plus haut de ma forme — je ne suis d’ailleurs pas sûr de recouvrer mon
optimisme d’avant, ni la vivacité de ma révolte — mais je sens qu’il se passe
quelque chose. La photo de mon fils en allé, placée en évidence devant ma table
de travail, cesse de me foutre en l’air chaque fois que j’y porte les yeux.
....Une nouvelle fois, je viens de croiser son regard. Sa lumière m’a giflé
sans me brouiller la vue, je le vois qui me fixe de là où il n’est plus…
J’aimerais le prendre dans mes bras, lui dire combien sa voix me manque.
....J’aimerais qu’il me prenne contre lui et qu’il me réconforte. Je
fermerais les yeux, je me laisserais faire.
....Avouer cela est une épreuve ? C'est plutôt une caresse, et je
reste debout .
....Je resterai ainsi malgré que le matin, à mon réveil, la position qui est alors la mienne (la position du gisant) me ramène en esprit à la dernière image qu’il m’a laissé de lui.
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26 septembre 2009
Destin
Nous allons, depuis le jour de notre naissance, comme sur les berges d’un fleuve dont les reflets nous font parfois cligner des yeux, perdre nos compagnons et nous égarer, mais dont les ombres nous rapprochent, nous poussent à nous donner la main et marcher en silence. Nous partageons alors le ciel de nos pensées, les horizons de nos chimères. Et les méandres que nous suivons, les gués que nous franchissons, les esquifs que nous empruntons pour franchir le courant nous mènent immanquablement là où nous devions aller, là où nous ne pouvions qu’aller tant est puissant le cours de notre destin.
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Pourquoi un texte aussi peu optimiste que celui-ci, de la part d'un militant de l'espoir ? Je n'en sais fichtre rien, j'ai perdu ma boussole, je navigue au hasard.
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20 septembre 2009
laisser hurler la bête
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On s’était dit avec l’ordinateur et la toile on va faire des miracles, on s’était lancé, et ça marchait. Premiers échanges, premiers clins d’œil, la puissance du virtuel. Là-dessus, adhésion à un parti politique en naissance, enthousiasme et désir de donner, projets, bonheur que l’on savoure… Et puis un soir un coup de fil à onze heures, début de vacillement, second appel à une heure du matin et là lus rien n'existe que cela : il s’est jeté sous un train, il est mort.
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Tout croule autour de soi mais on est toujours là, debout, on se sent fort, on prend les choses en main, on soutient, on cherche à consoler.
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Là-dessus campagne électorale et on s’y lance, on s’envole,
puis on revient sur terre au début de l’été.
Ça peut encore aller, mais tout juste. On reprend le blog, on y publie un billet, puis on laisse passer une semaine, une seconde, une troisième avant d’y revenir, puis de s’en éloigner de nouveau car on se sent vide, inexistant, pulvérisé. Commence alors une descente aux enfers qu’on ne parvient à fuir que l’outil à la main, travaux essentiellement physiques. Mais à la moindre pause le manège infernal se remet à tourner, le train d’entrer en gare et de ralentir, et Lui qui riait en Provence de le laisser ralentir car il redoute le choc, recule devant la douleur , malgré cela bras ouverts, yeux ouverts, se jette sur la motrice.
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Son corps, à l’institut médico-légal, et le train qui hurle.
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Ses bras en déploiement et les pans de sa veste comme deux ailes dans la nuit, et ses amis qui vous écrivent, vous téléphonent, et ce qu’on dit, ce qu’on découvre, ce qu’on ne comprend pas.
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Il est 21 heures, il ferme sa porte et descend les étages, s’engage le long du canal qui le mène à sa mort. Passée l’écluse, il franchit une passerelle de fer, pénètre dans la gare. Là , de son portable il appellera son amie, lui laissera un message qu’elle ne découvrira que tard, juste avant d’appeler, de crier son angoisse, et qu’elle entend des trains, et qu’elle ne sait que faire.
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Que faire…
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Que faire avec cela, avec son corps à la rencontre du train, le regard du machiniste, les yeux épouvantés de cet homme impuissant qui le percute et le fracasse…
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Laisser hurler la bête, a dit Mû. Penser à lui comme on caresse, a murmuré Laurence…
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Je ne voulais pas décrire cela, je pensais que c’était fini,
mais ça n’en finit pas, n’en finit pas de finir.
Je vous demande pardon et vous me pardonnez, vous me réconfortez, je disparais entre vos bras.
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16 septembre 2009
La nouvelle émancipation
Fin août à Clermont-Ferrand, juste avant les chevaux et la voile de trop courtes vacances, le Remue-Méninges du PG… 400 personnes et de nombreux orateurs, parmi lesquels bien sûr Jean-Luc Mélenchon, de retour d’Amérique latine. Un Mélenchon à la fois heureux de ce qu’il vient de vivre et de partager, parallèlement consterné par ce qu’il retrouve à sa descente d’avion.
Ce qu’il a vécu là-bas ? La fusion des couleurs, le chant des peuples se libérant de l’oppression, envoyant paître les affidés d’un empire qui tente encore de les maintenir sous son joug. Le peuple équatorien par exemple à qui on demandaient de quelle manière il entendait conquérir le pouvoir alors qu’il n’avait aucun député de gauche, et qui répondait simplement : nous allons remporter les présidentielles, dissoudre les chambres, organiser de nouvelles élections. Alors… adieu les exploiteurs, dehors les profiteurs !… Eh bien savez-vous ce que nous a rapporté J-L M à propos de ce peuple ? Simplement ceci : il a réalisé ce qu’il avait annoncé !
Ce qu’il retrouve à son retour en France ? Alors que les problèmes économiques, sociaux, écologiques, etc, ne font que désigner le précipice, une droite toujours aussi rétrograde, agressive et méprisante avec, pour soi-disant opposition, un Parti Socialiste qui n’a d’autre objectif (outre une alliance avec le centre) que l’organisation de primaires.
De quoi serrer, les poings, et nous avons serré les poings
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Mais le plus remarquable, dans ce remue-méninges, ce fut l’allocution de Jacques Généreux, la nouvelle émancipation, que je vous invite à découvrir, que je vous pousserais à découvrir, que j’exigerais que vous découvrissiez si vous étiez moins éloignés, ô mes amis que j’aimerais tant connaître.
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13 septembre 2009
Dans le fracas des choses
Dans ce rêve camarguais, rêve prolongé par le glissement, le cabrement et l’inclinaison d’un voilier dans un cercle d’alpages, rêve se poursuivant dans le déhanchement des chemins du retour, eh bien dans ce rêve je demeure. Et ne parviens à m’en extraire.
Envie de repos, de magie, de silence devant ces impressions qui défilent et perdurent ; envie que seule ramène à la réalité la chute d’une pomme dans l’herbe d’un jardin, ou le crissement d’une feuille ; que l’inutile trop longtemps rejeté reprenne le dessus, que règnent sur la terre les chevaux et les voiles, la lumière, le clapotis des eaux, l’indicible bonheur de l’étirement du corps…
Mais voici le courrier, le téléphone la radio qui appellent au fatras, aux urgences, à cette agitation qui nous paraît, croyons-nous avec modestie, la condition de notre destin de démiurges.
Ouvrir alors le Mac, y pianoter un texte, y renoncer, y revenir…
S’allonger pour une sieste, fermer les yeux, frôler la paix mais le voir apparaître soudain, lui qui n’est plus, lui qui s’en est allé et ne reviendra pas, s’en est allé sans même un au revoir… S’en est allé si loin des chevaux et des voiles, si loin du soleil et du vent lancé sur sa moto, si loin de cette beauté de la vie et des choses que me viendraient des larmes.
Je ne comprends pas, ne comprends toujours pas, n'accepte toujours pas. Me voici vide à mon tour, qui crispe les mâchoires et les poings pour fuir le chagrin qui me ronge, combler le vide par le brouillon des choses. Et me voici cloué devant des tâches dont je me demande de quelle manière je vais m’y prendre pour les mener à bien dans cet épuisement de l’âme.
Me voici à présent face à mon impuissance.
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11 septembre 2009
Dans le rêve des chevaux
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15 heures, paysage de Camargue, les chevaux au repos. Tous
semblables ou presque, comme peuvent l’être les horizons de ce pays d’ailleurs.
Vent léger agitant les roseaux, caressant les crinières,
vous enveloppant de la chaleur des rizières et des champs, des parfums du vivant .
Puis le choc d’un sabot et vous ouvrez un œil sur l’œil d’un Pegalou qui vous
fixe de sous sa crinière, paraissant vous sourire. Et c’est tout. Rien ne se
passe. Les roseaux s’inclinent devant une coulée de sable, l’après-midi
s’envole avec un échassier.
Le soleil s’est figé, temps a cessé d’être, la perfection
s’atteint.
Mais de cela, de cette sieste en les limbes, vous n’avez nulle conscience. A peine réalisez-vous que vous êtes accoudé à une barre de
bois qui fut autrefois blanche, à quelques centimètres d’un cheval à la peau
douce et chaude. Son museau vous effleure. L’œil fixé sur le vent, sur
l’ailleurs, sur un crottin que vous voyez à peine, vous partagez son
souffle.
Le temps s’écoule au loin, hors d’atteinte. Aucun son ne bouscule votre surface étale, aucun mouvement ne rompra le silence des brindilles.
Lorsque rentrent enfin les cavaliers partis pour la promenade, le monde reprend sa course. Mais c’est à peine si vous réalisez que vous étiez ailleurs, que vous venez de traverser les heures dans le rêve de chevaux au repos dont l’un, soudain, se redresse et s’ébroue.
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