article_14juillet

 

L’armée a défilé. J’étais chez des amis, avec plein de bonnes choses à manger, du vin et du soleil, J’ai pas allumé la télé pour la voir, tant pis. Et puis le lendemain, j’allume la radio et qu’entends-je ? Eva Joly ! Ou plutôt les propos d’Éva Joly rapportés par la bien pensance UMP/FN, à laquelle se sont ralliés les godillots du Parti Socialiste…

 

Parce qu’Eva Joly, candidate aux présidentielles, a contesté le défilé militaire sur les Champs Elysées, avec Sarko dans l’axe du troupeau et ses ministres derrière lui, pétris tous de leur importance en ce jour de gloriole, tous arborant l’air grave de qui se trouve en charge du destin de la nation et de sa protection contre les voyous.

 

Et parce qu’Eva Joly, en sus (on distingue là ses origines étrangères), a proposé un défilé citoyen avec en tête les écoles maternelles, les mères de famille suivies des chômeurs, des ayants droit, des intermittents du spectacle, des smicards, etc., le bourgeois quant à lui trouvant refuge derrière le CRS !… Alors les Fillon, pensez donc, et les Copé, et les Marine et Martine de hurler au scandale dans les micros de France Inter.


Il n’y a que Mélenchon, intelligent comme il est, qui a su demeurer loin du capharnaüm en déclarant ceci : " Un défilé militaire (un, deux – un, deux) pour la patrie républicaine, d’accord, à condition suivi qu’il soit suivi, pour la partie sociale de la première, d’un défilé du peuple."


Pas con, encore qu’un défilé populaire, même supervisé par Guéant, dont on connaît la rigueur, succédant à celui d’une armée tirée au cordeau (n’ayant en sus consommé ni krak ni alcool), ça risque de faire désordre dans le paysage audiovisuel (PAF).


Comment lier élégamment ces deux parties de la France que sont le peuple et son armée de métier ?


Tout simple : en les faisant s’épouser, comme il en fut en 1789 , et que le bidasse de Bergerac défile au bras de la drôlesse  du Fouquet’s, et qu’ils se repassent la bouteille, et que le général en fasse autant, qu’il soit hissé au pinacle du char de la fierté homosexuelle, et que le drag-queen, le prenant en pitié, partage avec lui son exubérance tandis que sa copine, enfin son copain (mais allez donc savoir, on est tous frères et sœurs à la surface du monde), le débarrasse délicatement de son képi pour le coiffer de la perruque de Robespierre, ou de celle de Louis XVI, récupérée au pied de la veuve, ou encore de quelque faux (-se) roux (-sse), et que notre 14  juillet national redevienne une fête à tout casser, et qu’on oublie les exactions de nos armées en Indochine, ensuite en Algérie, sans parler de leur comportement lors de la colonisation de l’Afrique, plus récemment durant un génocide, ni de la débâche de… — mais putain, pourquoi on en parle jamais, des populations massacrées !


Bon ces mots, ces virgules, tout ça, vous l’aurez compris, c’était pour ramener mon bout de gras à la table des discussions, histoire de pas rester en rade sur le bord de la route.


Parce que un défilé de la grande muette, tout  comme un alignement de casques et de têtes de bois face à des gens qui réclament simplement justice, moi, ça ne me provoque pas le moindre frétillement au niveau de la braguette. Je l’avouerai même : ça me rend malade.


Maintenant, descendre les Champs avec Éva jolie, d’autant qu’on a le même âge elle et moi, qu’on a tous les deux des lunettes et que j’aimerais visiter le pays de son enfance et qu'en échange elle vienne chez moi… alors là, bien qu’illuminé par la personne de Mélenchon il y a quelque jours encore (je vous expliquerai ultérieurement pourquoi je le suis moins, pourquoi je ne ne suis plus tout à fait PCF non plus), eh bien vous me croirez ou pas, ça m’émoustille à tel point que me voici reparti à bâtir des chimères. 

 

PS : Quand même, si j'étais une fille, une jeune, et que je voyais en vrai ce beau militaire arborant sa virilité, une deux, une deux, dans l'axe du triomphe, ça me… ça me… me… — enfin, quoi, il y a photo, je vais pas vous faire un dessin.

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