Camarades,

 

Le résultat des européennes d’hier était à mes yeux depuis longtemps prévisible. Il suffisait, pour s’en convaincre, d’observer la manière dont nous militions, ainsi que celle dont nous avons tenté de communiquer. Je dis NOUS parce que, bien qu’ayant démissionné du PG, puis du PCF, puis du FdG, je reste avec vous de de tout cœur, toute âme et tripes sur les bancs de notre galère.

Nous devions passer devant le PS, écraser le FN… Nous voici bons derniers. Et, comme en aurait rigolé Céline, avec la chiasse au cul devant la bête immonde.

Inutile de passer des heures à analyser les raisons de notre sur-place. Elles sont évidentes : ceux qui nous dirigent, c’est-à-dire vous, camarades Mélenchon, Billard et Laurent, ne percevez des profondeurs du peuples que ce qu’il vous plaît d’entendre. Vos équipes sont là pour vous protéger de ce qui pourrait vous blesser (ce qui monte avec peine de l’inconscient des individus et des peuples), autrement dit de l’essentiel. Je sais cela pour la raison que j’ai eu accès, dans mes très jeunes années, aux vérités constitutives de l'homme et de l’univers et que, si je les ai laissées de côté durant une longue période de ma vie, je les retrouve aujourd’hui, plus brillantes et puissantes que jamais, par le moyen de l’écriture.

Trois essais politique rédigés par moi en trois ans, trois ouvrages méprisés non seulement par mes camarades de rang, mais aussi par vous, Mélenchon, Billard et Laurent, qui tenez le haut du pavé.

À quelle humiliation n’ai-je pas eu droit de votre part lorsque je vous ai proposé le manuscrit du premier bouquin, afin que nous l’éditions et le vendions au bénéfice de notre entreprise commune ! Humiliation, oui, et dépit, et fureur en réponse à votre mépris. Suite à la rédaction et la parution du troisième (Capitalisme, la chute, et ensuite), je devrais aujourd’hui triompher, m’amuser de votre débâcle. Mais ce n’est pas le cas, et la rage qui me saisit devant l’actuel gâchis me donne de nouvelles forces.

Quand comprendrez-vous, et avec vous les quatre millions d’électeurs qui ont voté pour vous, qu’il ne s’agit pas seulement de ferrailler contre la finance et fonder une sixième République, mais en appeler aux fondamentaux de l’esprit humain pour changer de civilisation, tendre vers l’infini que nous portons depuis toujours en nos gènes, et qui n’a cessé, depuis que le monde est monde, de nous désigner notre chemin.

Alors que l’humanité dispose depuis quelques années de l’outil de son émancipation, vous demeurez hélas dans un matérialisme suranné. Attachés en tout cas à des valeurs dont nos concitoyens commencent à renifler les senteurs de tombeau.

 

Bon j’arrêterai ici mon discours. En cliquant sur cette image, vous le trouverez au prix de 2,99 € en numérique, et dans les jours qui viennent un peu plus cher, mais au format papier.