Annoncé à grand fracas, le retour de Sarkozy : il allait reprendre les rênes, on allait voir ce qu’on allait voir !… Et voici, il obtient 64,5 % des suffrages exprimés, hourrah ! — mais, horreur ! 37,3 % seulement du total des inscrits. On cache bien entendu le 37 sous le 64,5 et on crie victoire,  mais il n’empêche qu’on s’inquiète du côté du Fouquet’s : Marine, à l’unanimité, vient d’être réélue à la tête du FN.

Grise mine à Neuilly, jubilation discrète en zones pavillonnaires et en cités dortoirs. Mais ne nous arrêtons pas à ces détails, et voyons ce qui va se passer d’ici 2017.

Sarko, lancé de toute la puissance de son génie dans sa fuite en avant, va tâcher de rassembler la droite et la France, d’en appeler au vote utile en sa faveur, cela de façon à s’attirer les voix que le FN, par ses manigances, a puisées dans le camp de ses admirateurs de jadis. Seulement, ceux qui sont passés de l’UMP à Marine ne sont pas prêts à retourner vers un pantin dont ils ont mesuré la malfaisance (comme d’ailleurs 64 % de l’UMP et une majorité de nos concitoyens).

Marine de son côté, lancée vers une chimère qui la fait apparaître en Thatcher couronnée du bonnet phrygien, va accentuer son apparent virage à gauche, pomper de cette manière, en plus de ceux d’une droite républicaine qui se dissimule pour pleurer, nombre de déçus du pseudo socialisme solférinien. Et ce qui devait se produire se produira : déconfiture de l’UMP (tant mieux), faillite absolue du PS (même chose)… Mais à qui profitera la déroute générale ?

Certainement pas au centre, qui fait appel au bon sens d’électeurs en totale dépression, non plus qu’au Front de Gauche, dont le programme inspire une Marine qui, après se l'être sapproprié, l’a bricolé de manière à se rallier aveugles et analphabètes.

Dans de telles conditions, quel est celui ou celle qui a le plus de chance de l’emporter ?

Qu’importe ! En tout cas, ce ne sera ni la France, ni le peuple, ni la justesse, ni la droiture, ni l’égalité, non plus que la liberté. Attendons-nous à voir se déverser sur nous-mêmes et notre pays, et l’Europe, et l’Occident, et la chrétienté, le tsunami d’une fosse d’aisance démocratique (paraît-il) en plus de politicienne.

Ensuite… Ensuite qui survivra verra.

En attendant, histoire de ne pas perdre le fil d’Ariane, ni de mourir idiot dans le noir le plus complet, qu’on aille jeter un coup d’œil à mon dernier bouquin Capitalisme, la chute et ensuite —ouvrage largement méprisé par les pisse-froid, les pisse-vinaigre, les pisse-en-biais et les esprits englués dans un matérialisme mortifère.

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