coloriage_ecologie_environnement_terre_partage_44

Réponse au troisième commentaire du précédent billet : « Échange d’idées »

 

Tu me dis : Une véritable démocratie directe est possible par internet.

 Ma réponse : Je ne le pense pas.Mes multiples tentatives de discussions par voie virtuelle se sont toutes soldées par des échecs. Que ce soit au sein d’un groupe d’une cinquantaine de participants ou entre quelques individus. Et la même chose en tête à tête.

On mesure ainsi combien il est indispensable, si l’on veut s’entendre, de se voir et de se connaître. Alors débattre par écrans interposés entre quelques millions d’individus, c’est à mon avis le déraillement assuré.

La démocratie serait-elle impraticable dans un pays comme le nôtre ? Dans son état de régression actuel, je ne le pense pas. Il faudrait pour cela que chaque citoyen ait un minimum de culture historique et de conscience politique.

C’est la raison pour laquelle nous ne pourrons nous en tirer qu’en mettant à notre tête une assemblée de sages, autrement dit de gens ayant à cœur de faire passer, tant au niveau intérieur qu’au niveau international, le bien commun avant les intérêts privés.

Cette assemblée s’occuperait d’une part des relations et échanges avec les autres nations, d’autre part des grands problèmes intérieurs tels la santé, l’éducation, l’énergie etc. — cela sous la surveillance éclairée du peuple, qui pourrait la dissoudre en cas de dérapage.

Comment nommer cette assemblée, de qui la constituer, de quelle manière la surveiller… par tirage au sort ?… je n’en sais rien… il serait nécessaire d’en discuter à tête reposée.

Ce gouvernement, une fois en place, n’aurait en tout cas recours à la démocratie que lors de référendums sur des sujets de société. Et ce durant une cinquantaine d’années, le temps de former un minimum de deux générations adultes. Durant ces cinquante ans, la démocratie s’appliquerait à l’atelier et au village, puis à l’entreprise et à la ville, enfin aux multinationales et aux régions.

À ce sujet, remarquons que c’était une idée qu’avait osée Soljenitsyne lorsqu’il fut question d’amener la Russie à un régime démocratique.

Et remarquons que la démocratie est un outil d’une grande fragilité. Qui en effet a-t-elle porté au pouvoir après la révolution de 1848 ? Napoléon III. Pareillement Hitler en 1933.

 Et puis, ne penses-tu pas, Charles, que confier son destin à des gens de confiance durant quelques années ne nous permettrait pas de souffler, de regarder autre chose que le champ de bataille auquel on nous confronte avec de plus en plus de cynisme ?

Si je regarde au fond de moi, j’ai plus envie de bâtir, de créer et de connaître autrui que de m’encombrer de politique.

 

Je  dis : Permettre à qui le veut de s'enrichir au cours de son existence… Et toi : Au détriment de qui ?

 Ma justificationComprends que la transformation de notre société passe par un certain nombre de nationalisations, qu’elle sous-entend la mise hors d’état de nuire du capitalisme — autrement dit son enterrement.

De quelle manière l’enterrer, si ce n’est en le coupant de ses capitaux, en lui interdisant de les accumuler, donc en supprimant les héritages de fortunes, d’actions, de flottes aériennes et navales, de moyens de productions…

Seulement, Charles, imagine le pataquès dans les familles huppées !

Donc, généreusement, durant les cinquante ans de "non-démocratie" telle que proposée ci-dessus, laissons à qui le veut bien la possibilité de s’enrichir dans la limite des lois. Car lorsque nous saurons que l’héritier de “qui-le-veut-bien“ ne touchera pas un centime de plus que celui de son ouvrier, nous pourrons prévoir que l’appât du gain, en cinquante ans, se sera transformé en une passion moins égoïste, celle du partage par exemple.

 À toi d'enchaîner, Charles, et pardonne-moi : je suis un grand rêveur.