Point-dinterrogation

Entre le Grand Oral des candidats sur Antenne 2 et le pitoyable attentat des Champs Élysées, la soirée  de jeudi a été mouvementée… et épuisante. Mais oublions l'exploit mortifère perpétré par une cervelle de la taille d'un petit pois  aux ordres d'une coquille vide, et venons-en à la soirée électorale.

Des plus intéressante fut elle. Chacun des candidats, à tour de rôle, a pu en effet s'exprimer et développer ses idées — du moins lorsqu'il en a. Nous pouvons ainsi, d'emblée, éliminer  en premier lieu monsieur Fillon, dont les points de vue l'apparentent à ceux du néandertalien de l'époque des cavernes, en second lieu monsieur Macron,  pure projection de l'humanisme promu par les voyous de Bilderberg. Éliminons de même madame Le Pen, encore que tout ne soit pas faux dans ce qu'elle jette en pâture aux têtes d'œuf que nous sommes. mais passons…

Vous connaissez mes opinions, je n'irai donc pas par quatre chemins. Encore que les chrétiens de gauche, les gaullistes de gauches et autres citoyens peu ou prou clairvoyants ne me laissent pas indifférents. D'ailleurs, Mélenchon lui-même ne craint-il pas de s'en référer au Général lorsque le titille le destin de la Nation ?

Venons-en à présent aux huit candidats restants et constatons à quel point, si on en croit leurs professions de foi,  ils vont tous dans la même direction, celle d'une France par eux-mêmes tirée du cloaque où nous ont enfoncés les Hollande, les Valls, les Sarkozy et leurs anciens  ministres, tous à quatre pattes devant leur amie la finance. Et bien sûr tous le cœur sur la main, celle qui ne s'éloigne jamais du portefeuille.

Je le répète : au plus haut point intéressé fus-je devant les huit candidats se succédant sur mon écran. En même temps accablé me sentis-je par le spectacle du chacun-pour-soi, du certain-d'écraser-les-autres-et-de-parvenir-au-second-tour. Car si l'on veut en finir avec les clivages gauche-droite, catho-coco ou trotsko-staliniens, si en un mot on désire parvenir à une démocratie au sein de laquelle chacun trouvera sa place, peut-être serait-il temps que les promoteurs du changement se regroupent et envoient se faire foutre les fossiles de la pensée unique et du regard oblique — ou, comme dans le cas de Macron, de l'œil trop bleu et de la dentition trop blanche. Cet héritier des barons du PS et de l'UMP, autrement dit de la franc-maçonnerie et d'un catholicisme vidé de sa substance, ne propose rien d'autre que la refondation de notre France sous la férule de l'argent, du business et du Nouvel Ordre Mondial.

Asselineau, que j'ai invité, dans une lettre semblable à celle-ci,  à se rapprocher de Mélenchon et d'autres, continue de porter ses griefs sur le devant de la scène, JLM de son côté l'ignorant royalement. D'où la rage du premier, la perte de puissance de l'un que de l'autre, la perdition des électeurs et sans doute le triomphe de Marine, de Fillon ou de Macron, donc une nouvelle victoire de l'obscurité sur le désir de vivre.

Si je suis décidé à voter Mélenchon, je ne me fais guère d'illusions sur sa volonté de refonder notre démocratie. D'abord (et je puis en témoigner personnellement), ce n'est guère un personnage agréable pour qui n'appartient pas au cercle de ses courtisans. Ensuite, quand bien même aurait-il fait voter Hollande en 2012 (il fallait à tout prix éliminer Sarko, et le diable n'avait pas encore imprimé sa marque sur la face du Premier Secrétaire) il a commis certaines erreurs, dont celle de délaisser le Front de Gauche pour s'en aller inutilement ferrailler contre la Madame, offrant ainsi à Flamby, dans chacune des deux assemblées, une majorité de godillots. On pouvait donc à ce moment-là se demander s'il désirait le pouvoir, ou si ses beaux discours n'avaient pas pour seul but de noyer le poisson.

Les temps ont changé, certes, et JLM est maintenant allé trop loin pour tricher et trahir son programme. Mais entre  briguer la présidence et la conquérir, il y a un pourcentage de voix qui risque fort de lui faire défaut. 

Il en eut été autrement, je pense, si Asselineau et lui-même s'étaient publiquement rapprochés. Mais tel ne fut pas le cas, et je prends le pari que notre cher Insoumis va se ramasser la veste que son manque de souplesse (même chose pour Asselineau) leur aura  réservée.

Et la même veste pour nous, jeunes et moins jeunes dont le sourire d'espoir risque d'ici vingt-quatre heures de ressembler à celui de ce pauvre Fillon…

Et le costume des "jours heureux" pour l'aristocratie du fric !