Le texte qui suit n'est pas de moi, mais de Dimitris Alexakis. Je l'ai trouvé sur le site Les Crises (http://www.les-crises.fr), et je vous invite à le lire entièrement. Il est en parfaite harmonie avec ce que j'écris. À mes yeux en effet, pas de différence entre Macron et Le Pen. Nous sommes à deux doigts de tomber dans un piège monstrueux, car le choix qui nous est proposé n'en est nullement un. La véritable solution ne serait pas de voter Le Pen ou Macron, ni de s'abstenir ou de voter blanc, mais de refuser le piège, et pour ce faire de metre en route la révolution citoyenne. Mais en avons-nous la force ? En avons-nous seulement l'envie ?

Nous sommes des milliers, en ce moment même, à débattre des décisions que nous prendrons le 7 mai, à nous débattre et à nous déchirer, mais peut-être conviendrait-il d’abord de dire l’évidence : que le vers est dans le fruit, que les termes du débat sont faussés. Que ce débat est un piège car il repose sur un chantage et sur l’appui objectif apporté depuis des décennies par l’establishment aux thèses de l’extrême-droite, au détriment des revendications de justice. (Favorisons la création du monstre, nourrissons-le puis déclarons : Votez pour la finance, sans quoi nous sortirons le monstre de sa cage.) Ce débat vicié doit et peut être, maintenant, radicalement dénoncé, contesté dans ses termes. L’alternative entre Macron et Le Pen est le symptôme le plus éclatant de la perversion profonde du système capitaliste contemporain, dans sa forme néo-libérale et (forcément) autoritaire. Nous ne devons pas nous résoudre à ce que « gouvernance » soit désormais, dans tout le continent européen et au-delà, synonyme de «chantage». Cette imposture doit être maintenant, aujourd’hui, dénoncée et ramenée à ses causes.

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