D'abord, bonne année à toutes et tous. Mes vœux principaux : que Macron dégage, que le peupe souverain lui succède !

Ce texte est extrait d'un essai politique que j'ai commencé au mois d'aoüt et que votre apparition, gilets jaunes, a onsidérablement enrichi.

Vous êtes le Peuple, le peuple avec un P majuscule, le Peuple en sa noblesse. Que vous importe que les bobos des métropoles, du haut de leurs tours branlantes, s’en réclament eux aussi ; et que leurs intellos les singent, que leurs banquiers les imitent, que leurs économistes appointés rejoignent leur assemblée dans son panier de crabes. Vous serez tentés de cracher dessus mais ne le faites pas. Vous êtes le Peuple, vous cheminez dans le sillon de l’Histoire, et c’est de votre pâte que naissent les énarques, les artistes, les poètes, les diplômés d’HEC et les polytechniciens qui, sans vous,  ne seraient que des fan­tômes errant le ventre vide.

Ne leurs crachez pas dessus, ce seront demain vos fils et vos filles, pardonnez leur de vous avoir méprisés. Ils ne pouvaient comprendre, leur éducation n’avait porté que sur le profit, sur la concurrence, sur la loi naturelle de la jungle. Pour eux pas de champs de blé, aucune étoile, rien que des agrégats de matière, rien que le béton de la raison, un bloc sans âme que ne fleurira jamais aucune fleur.

Eh bien ceux-là, qui ont porté Jupiter aux nues et nous l’ont imposé, nous les regrouperons sur quelque stade, nous les ferons se mettre en rang par deux et, plutôt que de les pousser vers la guillotine où le charnier des totalitarismes, nous les inviterons à s’asseoir sur les bancs de l’école républicaine, universelle et fraternelle.

Là leur sera donné un enseignement digne de ce nom.