22 décembre 2009
De Buster Mimi à Clementine Baltha
Mon Mimi
Joli,
Il me
serait insupportable que tu changeas quelque chose à ton écriture. En fait ce
serait là chose impossible, sauf à ce que tu changeas toi, toi et ton écriture
ne faites qu'un, tels la spontanéité et toi encore.
Et puis, et
puis Mimi, tu m'as fait tellement rigoler bien souvent par cela même que tu
espères changer peut-être, tu m'as tellement fait participer à tes émotions,
tes rêves, délires, joies, peines que je ne supporterais pas que tu y apportes
quelque changement que ce soit.
Ainsi a parlé Baltha.
Et Mimi de lui
répondre…
Mon frère, ma
clémentine, mon inquiet, n’aie pas peur. Et fais confiance à ton Mimi, épaulé
présentement par un Buster au regard fixe, au cerveau de béton, qui ne se
détournera pas d’un cheveu du but qu’il vise depuis toujours : la
gloire !
Alors mets-toi
à sa place : quand il relit un de ses anciens billets, ça le fait parfois
se marrer lui aussi. Mais trois billets à la suite, ça lui donne envie d’aller
faire un tour du côté de ses choux abandonnés dans les frimas. Alors quatre,
cinq, six billets, a fortiori tout un bouquin de billets… ça serait comme un
escalier de cave qui n’aurait pas de marches identiques mais des étroites, des
larges, des tordues, avec des hauteurs différentes que tu te ramasserais avant
d’atteindre le goulot. Un truc à s’arracher les cheveux. Pas tellement à cause
des coquilles, des virgules mal placées, des termes inappropriés, non, mais
plutôt parce que, tu comprendras, c’est rédigé au jour le jour sans concordance
des temps parce qu’un matin il pleut et le lendemain ça vente, et le
surlendemain revoici le soleil, les papillons de la frivolité sur une floraison
d’images tandis qu’avant c’était des cheveux coupés en quatre devant les
flaques de raisonnements boiteux, de rêves mal fagotés, à vous foutre un
bouquin en l’air. En plus, comme un jour c’est Mimi qui conduisait et le lendemain
Buster, et que ces deux-là, étant donné que ce sont ni jumeaux ni parfaits,
n’ont ni le même doigté, ni la même énergie, ni la même façon de voir les
choses à travers le pare-brise de leurs moi, eh bien pas moyen d’obtenir les
mêmes tonalités, ni les mêmes octaves, ni les mêmes tons, si tu vois ce que je
veux te dire. Du coup, l’ensemble fait bordel,
ça serait comme une maison à restaurer de fond en comble et ça, Buster n’en
veut pas, pour la raison qu’on sait, et Mimi non plus, par amour du boulot bien
torché.
Ce qu’ils
veulent, les compères ? Un truc à la fois hilarant, sérieux, coloré et
piquant, avec des mots qui cognent et d’autres qui caressent, et des formules
cinglantes à l’encontre des cons, je veux dire le Xavier, la Christine, le
Brice, la Mam et la Dati, et le Besson, et le Kouchner, et le Frédéric
Lefebvre, etc, accompagnés bien sûr du plus connu de cette bande de braillards de haut
vol, le chef d’orchestre du chaud show, si tu suis mon regard.
Alors tu sais quoi, Baltha ? Il vont y arriver, Mimi et Buster. Juré !
30 novembre 2008
Sans père ni repères
Je vous invite à découvrir de livre de Catherine Lehoux, paru aux Editions BOUCHENE. Catherine Lehoux, de son pseudo catimero, est une jeune femme dont vous trouverez le blog,Youpi loulipo, tout en bas de mes liens. Une jeune femme pour laquelle j’éprouve le plus profond respect, et à laquelle je redis ce soir mon admiration
J’ai lu son livre. Non pas avec plaisir car le récit que déroule ses pages n’est ni bleu ni rose. Il est au contraire des plus sombres, des plus inconfortables pour un lecteur habitué, comme je le fus moi-même, à des ouvrages dont le réalisme demeure abstrait à qui ne connut ni la misère physique, ni le chaos psychique que peut induire une enfance massacrée.
Mais plutôt que d’en rajouter, je laisse la parole à Catherine, dont s’imprime ici, sur la quatrième page de couverture, l’aboutissement d'une volonté désespérée qui lui permit de revenir parmi nous.
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