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 À ce sujet, je me souviens d’une pensée de Marguerite Duras, une écrivaine elle aussi.

 Certaines caresses font pleurer, a-t-elle écrit, on dirait qu’elles consolent.

Parce que les armes peuvent aussi consoler. Et parce qu’une caresse ce n’est jamais un ennemi qui te la prodigue, ni un passant. C’est quelqu’un qui se sent proche de toi et qui éprouve de l’affection à ton égard. Aux côtés de cet ami, qui partage aujourd’hui ton chagrin comme il a partagé ton rire, te voici arrachée à ta solitude. De te sentir comprise et de pouvoir te délivrer du poids de ta peine, tu éprouves alors un tel bonheur que tu fonds en larmes. Mais pas en larmes de douleur. Oh non ! En larmes de reconnaissance, en larmes de fraternité…

Comme si la porte de ta prison s’ouvrait sur un beau paysage. Comme si la caresse qui avait ouvert la porte avait délivré ton esprit d’un bagage trop pesant pour que tu le portes seule. La caresse a permis au chagrin  de ne pas rester prisonnier du silence, mais au contraire de s’évaporer au grand jour.

 

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 Par exemple, comme tu le sais sans doute, la terre se réchauffe, la banquise fond, le niveau des océans s’élève, menaçant des pays entiers. Du coup, la guerre et la misère se développent à la vitesse d’un cheval au galop. Tout cela nous révolte, mais on nous distrait par des émissions entrecoupées de publicité. Laquelle publicité, en plus de nous pousser à acheter ce dont nous n’avons pas besoin, nous fait croire que la belle voiture qu’on nous montre va devenir la nôtre. Et que c’est nous, aussi bien vêtus et bronzés que le guignol qui la présente, nous qui allons la conduire. Nous croyons alors que nous allons être riches, que nous allons nous dorer au soleil.

Quelle différence entre les veillées d’autre­fois, où se formait la conscience de chacun, et les soirées insipides où de gentils animateurs, tel monsieur Pujadas, essaient de nous per­suader que nous sommes les meilleurs !

 

Ici, la colère me saisit. Au point que je dois me retenir et ne pas ramasser de cailloux pour les jeter à la tête des spécialistes du mensonge. De tous ces experts, de tous ces directeurs et ministres qui nous bourrent le mou à longueur de journées, et qui souhaitent que nous obéissions aux caprices de monsieur Bolloré. Et je suis triste en même temps car messieurs Pujadas et Bolloré, avant d’obéir à la loi du plus fort, à la loi du plus fortuné, furent eux aussi des enfants.

Où sont passés leurs rêves ?

Leurs rêves sont devenus des comptes en banque, autant dire de la crotte.

 

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 Que se passe-t-il dans les sociétés modernes, plus évoluées que les précédentes, malgré cela en piteux état ? Il y a cinquante ans nous n’avions ni tablettes ni appareils photo, nos chaussures prenaient l’eau, et nous devions nous acharner à gagner notre vie. En dépit de ces conditions, nous étions persuadés d’aller vers le progrès…

Et le progrès est là. Nous possédons de plus en plus de machines qui nous évitent de nous briser le dos, de plus en plus d’avions nous transportant d’un point de la terre à un autre, de plus en plus de moyens de communiquer. Pourtant, nous ne sourions plus guère. Et de plus en plus d’entre nous ont beau manifester contre ceci ou contre cela, peine perdue, rien ne change.

Afin de comprendre pourquoi, prenons l’exemple d’un agriculteur.

 

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 Si nous rétablissons la sérénité, si nous lais­sons les alouettes chanter, les coquelicots et les bleuets fleurir nos champs de blé, l’être humain poursuivra sa marche vers le progrès. De même ses cousins bonobos, et de même les baleines, pareillement les oiseaux et tous les animaux. Nul n’est venu au monde pour rester immobile. La vie appelle la vie, chacun doit cultiver et faire éclore le germe de l’Esprit dont il a hérité.

Et ce germe sommeillant en chacun, cet infini qui voudrait se répandre, nous devons le protéger comme un enfant, le nourrir de nous-mêmes.

Nous devons accepter que le rêve engendre l’utopie. Nous devons faire en sorte que l’utopie devienne réalité, et que de nouveaux rêves viennent bousculer les habitudes nous menant à la tombe.

 

« Aimons -nous les uns les autres » nous a conseillé voici deux mille ans un certain Jésus Christ.

Nul à l’époque ne l’a écouté. On l’a cloué sur une croix, mais sa parole demeure.

D’autant qu’il chassa “les marchands du Temple“, autrement dit les financiers, les banquiers et voleurs d’un lieu appartenant à tous.

20 novembre 2015

Pour une petite fille

    Je viens de terminer la rédaction ce livre, dédié à une enfant de huit ans que je connais d'autant mieux qu'elle fut une lectrice enthousiaste, et qu'elle est la fille d'une amie. D'une amie qui milite au sein de la gauche de combat. De celle qui a le courage de s'opposer au manque total de visions  de nos gouvernements PS ou autres. Il s'agit  là d'un prolongement de Discours aux enfants. Seule différence, cet ouvrage n'est pas illustré. Tourné vers un avenir qu'il nous faudra construire sur les... [Lire la suite]
Posté par curiosofurioso1 à 13:39 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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