Chronique, virgule

Chronique d'idées, de mots et d'humeurs : derrière la virgule, il y a toujours à lire...

09 décembre 2009

Les Investisseurs


Z_A_

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  Hormis des textes politiques, non, Baltha, et vous non plus, Carita et Catimero, je ne lis plus grand chose ces temps-ci. Et puis le dernier bouquin que j'ai englouti puis aussitôt relu (La Route, de Cormac McCarthy) m'a rassasié au point que je n'ai voulu en attaquer d'autre. Comme si le fait de le tourner et de le retourner dans ma tête suffisait à m’armer pour affronter ce qui se prépare, et dans le même pour me nourrir.

Il faut dire que ce roman-là n'appartient pas à la littérature ordinaire, celle que réserve Gallimard aux castrés de la rive gauche. Il entrerait plutôt dans la catégorie des romans de Céline, de Jean Raspail et autres visionnaires qui font se renfrogner nos éditeurs bcbg, politiquement corrects et adulés du prince. Et puis, comme eux et quelques autres, celui-là a participé à l’ancrage de ma pensée politique, pensée qui se nourrit autant du raisonnement de nos philosophes que du flou bariolé de nos poètes, de la contemplation des étoiles et de la connaissance du peuple.

Pauvre peuple !

Ce week-end, j’ai participé à Crosne (91) à la Convention nationale du Parti de Gauche. Quatre cents personnes, fin de semaine formidable, formidable discours de clôture J-L M.

Mais je ne m’attacherai pas à vous en rapporter les points forts. Je me contenterai d’une anecdote  révélatrice :

Dans cette France qui s’en va à vau-l’eau, dans cette France de l’enrichissement de quelques uns sur le dos de la multitude interrogée sur son identité, nous étions logés, militants de cette multitude, à la lisière d’une vague zone d'activités, dans un hôtel Formule 1 basiquement confortable, et dont les fenêtres normalisées donnaient sur un panorama de champs de boue et de hangars.

Pas de quoi se réjouir, penserez-vous. Et pourtant si !

Car le nom de la rue où s’érigeait cet empilement de cases préfabriquées… non, je ne l’invente pas… le nom de cette rue était on ne peut plus parlant :

Rue des Investisseurs !

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18 octobre 2009

La lutte continue.

faute d'accord de l'artiste, visuel supprimé.

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Unir les différentes composantes (une dizaine au bas mot) de la gauche située à la gauche du parti socialiste (ou, selon la terminologie actuelle, du parti social libéral étant donné qu’il a depuis Mitterrand, et sans doute depuis Guy Mollet, renoncé aux idéaux de Jean Jaurès pour devenir ce qu’on appelle une gauche d’accompagnement… d’accompagnement du Capital jusqu’à la tombe où ils basculeront ensemble, et sans doute nous aussi parce que, pendant qu’on se crêpe le chignon autour des tables rondes, la banquise continue de partir en javelle, les eaux de monter et les puits de se polluer en même temps que le bon sens — ici je ferme une parenthèse qui me permit de bien situer le problème), eh bien unir des gens et des partis d’accord sur l’essentiel (foutre en l’air le capitalisme, s’emparer de la finance, bâtir une société au sein de laquelle l’être humain, crachant enfin sur les comptes en banque, sur la rentabilité à tout prix, sur la course à des profits nocifs et sur la mise en concurrence de forces qu’il faudrait au contraire unir face aux menaces du changement climatique), au sein de laquelle l’être humain sera désormais le centre… eh bien au pays de Voltaire et de Rousseau, au pays de Nicéphore Niepce et de Fulgence Bienvenüe, respectivement inventeur de la photographie et bâtisseur du métro parisien, en bref au pays des Lumières et de l’énergie nucléaire… réussir l’union, c’est vraiment pas de la tarte.

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… Songez : hier samedi, en vue non seulement de donner une claque au PS mais aussi d’empêcher le godillot Sarkozien de s’emparer de la Bourgogne, réunion des forces vives de cette fameuse gauche — à l’exception bien sûr de Lutte Ouvrière, formation décidée à mener le combat par la seule force de son verbe — à Plombières-les-Dijon.

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… Ben vous savez quoi ? Alors que tout le monde parlait d’une même voix, était à 90% d’accord sur tout, impossible de signer le texte proposé. Les uns n’avaient aucun mandat pour ce faire, les autres devaient attendre les résultats de leur Conseil National, un troisième groupe n’était pas d’accord sur le titre, etc. Quant à la majorité des participants, elle n’éprouvait aucun désir de s’user sur trois phrases.

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… Cependant, la réunion s’est achevé sur l’Internationale. La lutte continue. Nous allons nous revoir en décembre.

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16 septembre 2009

La nouvelle émancipation

Fin août à Clermont-Ferrand, juste avant les chevaux et la voile de trop courtes vacances, le Remue-Méninges du PG… 400 personnes et de nombreux orateurs, parmi lesquels bien sûr Jean-Luc Mélenchon, de retour d’Amérique latine. Un Mélenchon à la fois heureux de ce qu’il vient de vivre et de partager, parallèlement consterné par ce qu’il retrouve à sa descente d’avion.

Ce qu’il a vécu là-bas ? La fusion des couleurs, le chant des peuples se libérant de l’oppression, envoyant paître les affidés d’un empire qui tente encore de les maintenir sous son joug. Le peuple équatorien par exemple à qui on demandaient de quelle manière il entendait conquérir le pouvoir alors qu’il n’avait aucun député de gauche, et qui répondait simplement : nous allons remporter les présidentielles, dissoudre les chambres, organiser de nouvelles élections. Alors… adieu les exploiteurs, dehors les profiteurs !… Eh bien savez-vous ce que nous a rapporté J-L M à propos de ce peuple ? Simplement ceci : il a réalisé ce qu’il avait annoncé !

Ce qu’il retrouve à son retour en France ? Alors que les problèmes économiques, sociaux, écologiques, etc, ne font que désigner le précipice, une droite toujours aussi rétrograde, agressive et méprisante avec, pour soi-disant opposition, un Parti Socialiste qui n’a d’autre objectif (outre une alliance avec le centre) que l’organisation de primaires.

De quoi serrer, les poings, et nous avons serré les poings

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Mais le plus remarquable, dans ce remue-méninges, ce fut l’allocution de Jacques Généreux, la nouvelle émancipation, que je vous invite à découvrir, que je vous pousserais à découvrir, que j’exigerais que vous découvrissiez si vous étiez moins éloignés, ô mes amis que j’aimerais tant connaître.

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26 avril 2009

J-L M.

  Je viens de mettre en lien avec celui-ci le blog de Jean-Luc Mélenchon. J-L M. n'est pas seulement un homme politique d'une sincérité remarquable, mais également un homme d'action doublé d'un philosophe, sans doute même d'u poète.
    C'est également un remarquable tribun.
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05 octobre 2008

Je vous invite tous à aller découvrir, sur Septième Sel,  la poule extraordinaire pondue la 4 octobre par Pasmonkov

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30 septembre 2008

Pour rester dans le même sujet, deux questions

   

La première :
    qu’est devenue, au sujet du pouvoir d’achat,  la campagne de pub initiée par le gouvernement Fillon, financée par le contribuable, et dont on fit grand cas avant le naufrage de la barcasse banquière ?

   

La seconde :
    et le bouquin de notre cher Delanoë, brillant essai réconciliant socialisme, libéralisme et prises de bénéfices, ne serait-il pas passé au pilon, lui aussi ?

    Tout cela, vu de mes hauteurs funambulesques, c’est à tomber par terre — je vous jure !

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01 août 2008

Buster, le retour

     Une image qui me traverse l’esprit, inspirée par les C.I.Ottes d’Uncle Balthazar, que je tiens ici à remercier, et que j’embrasse…

    Sur la place Tien’An-men, au centre de Pékin pavoisée, sur la plus haute marche du podium, devant la foule innombrable des Chinois (Tibétains exclus) et des peuples d’un monde qui en oublie pour une fois ses querelles (chacun a dû déposer les armes aux pieds des 100 000 fonctionnaires d’un service d’ordre ignorant les pots-de-vin), Buster en personne, dans toute sa gloire puisque mondialement acclamé. Il faut dire que le bougre vient de remporter, à l’issue des épreuves du lancer de marteau, puis du lancer de faucilles, puis du lancer de gadoue, et pour finir du lancer d’imprécations en direction de dirigeants qui, malgré leur âge avancé, continuent de vouer leur vie à l’idéal dévoyé de leur parti, une médaille d’or pas piquée des hannetons.

    Acclamations, donc, avec tout le folklore qu’implique une manifestation de la preuve attendue, augmentée de la joie qui en résulte, pimentée du plaisir qui s’exprime : voltige au-dessus des têtes de couvre-chefs de toutes formes et de toutes couleurs, déploiements de banderoles en toutes langues et patois, badaboum de tam-tam, chacun de s’égosiller… — et soudain un silence : re-li-gieux : Buster, qui vient en un V magnifique de lever les bras au ciel, fixe les dirigeants qui veillent au bon déroulement des Jeux, et à leur propreté. Il baisse alors son bénard et leur pisse à la raie, se retourne ensuite, leur offre le fondement de son être et leur pète à la face — et à la vôtre mes chéris ! Et les peuples d’éclater de rire, les peuples de s’oublier, les peuples du Monde de soudain se comprendre, et chacun de s’éprendre de son voisin, et chaque voisine de son Buster désormais couronné de son calcif, saisi à bras le corps et porté en triomphe.

Les dirigeants pendant ce temps…
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04 juillet 2008

Ingrid

ingrid_betancourt

Ingrid à sa descente d’avion
Ingrid après dix ans de captivité, dix passés entre les mains de gens sans conscience ni honneur,
Ingrid quittant son déguisement pour embrasser sa mère,
embrasser sa sœur, embrasser ses enfants devenus des adultes et leur dire qu’ils sont beaux,
et nous dire à tous, en nous offrant un visage rayonnant que nous sommes beaux, et nous sourire, nous caresser,
et s’envoler…
Ingrid, quelle merveilleuse Marianne !

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02 juillet 2008

Nos enfants

Pour Cloudy, Catimero, Kloelle, et pour toutes celles et ceux qui savent ce qu'illumine et dissimule en même temps le mot "enfance", cet extrait du Prophète, dont j'ai mis une partie en exergue de mon "discours".
Je le place dans la catégorie "Enthousiasmes", et je vous le recommande.
Si vous souhaitez vous le procurer, préférez la version publiée chez Casterman. Profitant du passage de cet ouvrage dans le domaine public, Gallimard en a fait faire une traduction à sa propre sauce, c'est-à-dire aussi laborieuse que merdique.

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles
de l'appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

                Khalil Gibran. Le Prophète.
                Editions Casterman


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03 juin 2008

La daube.

Bon, si j’en crois le dernier commentaire de En réponse à Aude, je vais devoir me fendre, frères et sœurs blogueurs et blogueuses (mais surtout vous, mes blogueuses, car nos frères ne sont pas au rendez-vous, du moins pas pour l’instant, mais vous allez les y poussez, mes cocotes, je le sens), me fendre donc d’une recette de cuisine, celle en premier lieu de la daube provençale dont je régale mes fils, ma fille, ma femme et mes copains (à condition qu’ils apportent de quoi boire, du vin de préférence).
La daube, donc. Pour quatre personnes.

DAUBE

Et d’abord le matériel culinaire…
Il vous faudra, en plus de l’amour du travail bien fait : 1/ une cocote conséquente, en fonte, avec ses anses et son couvercle. 2/ une cuiller en bois. 3/ une cuiller à soupe en acier inox. 4/ une planche à découper. 5/ quelques casseroles. 6/ un ou deux bols. 7/ un couteau. 8/ quelques morceaux de sopalin pour essuyer vos larmes. 9/ une écumoire et 10/ deux passoires. Le tout en ordre de bataille sur un plan de travail vierge de toutes épluchures, ragotons et reliefs de la veille.

Ensuite, les matières premières, ou ingrédients :
Deux livres et demie de bœuf bourguignon découpé en cubes, ou tout autre morceau de bœuf (à choisir avec le boucher en fonction de son offre), et deux cent cinquante grammes de poitrine fumée découpée en petits morceaux, ou lardons.
Trois oignons que vous aurez fait pousser sur votre balcon, que vous éplucherez dans les larmes (c’est là qu’intervient le sopalin), puis que vous couperez, au moyen du couteau et de la planche, en quatre quartiers égaux.
Quatre carottes replètes que vous éplucherez et couperez en rondelles au moyen du couteau, tac tac tac, après les avoir étendues sur la planche, et sans vous entailler les doigts.
Deux ou trois gousses d’ail.
Quelques branches de persil, deux feuilles de laurier, quelques pincée de thym et de poivre.
Et pour couronner le tout une bouteille de vin de table (rouge) grand ordinaire ou cru bourgeois, ou encore, si vous avez les moyens, une bonne bouteille de derrière les fagots.

Vous arrivez ainsi, au bout d’une demie heure maxi, à disposer dans la cocote la viande et la poitrine fumée, les oignons, les carottes, le persil et le bouquet garni, l’ail épluché, puis à noyer le tout dans le vin auquel vous ajouterez quelques gouttes de vinaigre et un zeste d’orange. Puis vous mettrez le couvercle, vous laisserez mariner toute la nuit, et ce sera tout.
Tout pour le premier jour…

Car il y a un second jour : celui de la cuisson, et de nouveaux ingrédients, essentiellement quatre tomates mûries en pots, ainsi qu’un sachet d’olives vertes dénoyautées.

Le matin de ce deuxième jour, donc, sortez de votre marinade la viande et la poitrine d’une part, d’autre part les légumes. Placez la viande dans une passoire et laissez-là s’égoutter, mettez les légumes dans une autre, versez la marinade dans une casserole.
Votre cocote ainsi vidée, mes poulettes, versez-y deux cuillérées à soupe d’huile d’olive, faite chauffer à feu vif, versez-y bœuf et lardons que vous aurez essorés, touillez au moyen de la cuiller en bois jusqu’à ce que ça commence à rôtir, mais à peine, puis remettez dans la passoire que vous aurez installée sur une casserole de manière à ne pas transformer votre cuisine en une bauge à cochons.
Même chose avec les légumes, que vous remuerez pendant cinq minutes au moyen de la cuiller en bois, puis que vous réserverez dans la seconde passoire.

Versez dans l’évier le reste d’huile de la cocote, remettez y deux cuillérées à soupe d’huile d’olive neuve et vierge, refaites chauffer et ajoutez le contenu des deux passoires. Mélangez l’ensemble, ajoutez-y une bonne cuillérée à soupe de farine, reprenez la cuiller en bois et touillez, touillez et retouillez pour y verser enfin, et sans attendre, la marinade de la casserole. Remettez le couvercle, portez à ébullition, puis réduisez la flamme de manière à obtenir un faible bouillonnement. Pendant ce temps, coupez quatre tomates en deux (il n’est pas nécessaire de les peler mais rien ne vous l’interdit) et mettez-les avec ce qui commence à mijoter.
Lavez-vous les mains, buvez un coup, puis laissez cuire à feu réduit durant cinq ou six heures, et rajoutez les olives que vous aurez plongé quelques minutes dans de l’eau bouillante. Puis éteignez, préparez l’apéro, coupez le pain, dressez la table pendant que votre mari épluche les pommes de terres qui seront cuites à l’eau et qui viendront accompagner la daube.

Une heure avant de passer à table, remettez à chauffer, avec ou sans couvercle, selon que vous voulez réduire ou pas.

Et là, mes amies, mes cocotes, mes blogueuses… je ne vous en dit pas plus.

Si, juste cette précision : pour le sel, c’est à vous de voir, tout dépend de la qualité du lard, de sa salinité. Plongez donc votre index dans la daube, léchez-le, appréciez les yeux clos, et jugez s’il en faut.

Je vous embrasse.

Posté par curiosofurioso1 à 19:21 - Enthousiasmes - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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