Chronique, virgule

Chronique d'idées, de mots et d'humeurs : derrière la virgule, il y a toujours à lire...

09 août 2008

Délire et désir

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Picasso - Les demoiselles d'Avignon - détail
   

    La promise sur la selle, lui la suivant à pied ? Dangereux car la femme, versatile par nature, profitera de la première descente un peu rapide pour tenter l'évasion, la réussir, alors adieu la bécane.

    Lui sur la bicyclette, avec le trousseau, et elle à pince, porteuse entre les seins d’un joli crucifix ? Hors de question, because les Droits de la Femme.

    Elle sur le cadre, s’accrochant au guidon tandis que lui sur la selle pédalant, la serrant contre lui pour qu'elle ne puisse ni fuir ni choir ? Les roues n'y résisteraient pas, non plus que la lucidité — trique immédiate et main où vous savez, scandale en plein marché de Nyons et ça braille de partout, les bâtons dans les roues, piqué du nez dans les olives et rebelote, vos nom prénom adresse, panier à salade, ambulance et Grande Ourse, à la satisfaction de von Libido, le directeur et thérapeute… Plutôt qu’un dangereux bicycle, référence donc pour un ensemble roulant judicieusement motorisé. L'élue doit pouvoir en effet, dès le premier coup d'œil, distinguer le possédant, le prétendant crédible, du va-nu-pieds qui ne vise qu'à se dégorger le chinois et adieu la bergère, son intimité mise à mal, sa chambre mise à sac, ses espérances au rencard pour cause de départ de l’oiseau. Alors brodequins cirés et fleurs, de nouvelles bottes par respect de Muriel, et pour couvrir ma nudité ce peignoir féminin. Une branche de genêt, un couteau je la coupe, et encore une pour elle, son visage dans un cadre d'or.

    Aucune nouvelle de la charmante ? Pas étonnant, elle allait être indisposée, redoutait donc la venue du fiancé et comptait sur tes doigts… plus que trois jours, plus que deux jours, plus que demain, écrivons-lui ce soir.

***

    Ma gorge délicate, songera-t-elle, ma toison joliment défrichée… le sauvage amoureux a dégrafé ma robe, je sens son souffle sur ma peau. Il me voit tressaillir, lui traversé de même de sourdes vibrations, qui aimerait me dévorer car ainsi sont les hommes, de féroces prédateurs mais celui-ci prévenant, inquiet de mon plaisir. Sa langue s'égare et vient chercher la mienne, sa main me frôle et m'ouvre, oh l'incendie, ô mon chéri, oh cette proue qui me pénètre et lentement ressort, à ma porte se fige pour jouer de mon désir, de mon plaisir, et maintenant replonge, m'investit toute entière, me laboure et retourne, m'emporte sur des houles, ô Buster, ô maman,  ô Seigneur, oh oui, oh oui, oui, oui, encore, encore, enco, enc…— doux Jésus !

    Evasion (extrait)
    Ce texte est dédié à Balthazar, qui comprendra pourquoi.

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30 juillet 2008

Buster et Colombine — L'acharnement à l'extase

                               

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Moi qui suis l’homme, Buster, le mâle, je prends en charge le feu, le pain, le grain et son transport en sacs, Colombine quant à elle s’occupant de couture, de jardinage, de fructification et de pâtisserie. Le linge nous le lavons ensemble, ensemble récoltons, et pour le reste chacun s'emploie à ce que bon lui semble, sans concession surtout. En effet, contrairement à ce que pense le Quai d’Orsay, la moindre concession a tôt fait de saper les fondements d’une entente. Le conjoint A, abandonnant en effet une partie de son infini en vue de s'attirer les bonnes grâces de son conjoint B, mais en même temps refusant d'empiéter, de peur de se voir rabroué, sur ce qui reste de l'infini de B, il en résulte une contraction de deux espaces mentaux et la formation, entre les deux ego de la sorte réduits, d'une zone dans laquelle nul ne s'aventure plus — sinon renfrognements, mauvaise humeur, coups de gueule vous crucifiant sur la croix du ressentiment. Ceci car tout individu, isolé en son Moi, est séparé de son semblable par une distance que seule permettra de franchir, à condition qu’elle s'achève en beauté, c’est-à-dire par un tremblement réciproque accompagné du rire du Créateur, l’action fornicatrice.

    Fumeux aux yeux d'Aglaé, complexe à ceux d'Ernestine et de Cocotte, ce raisonnement paraîtra limpide pour peu qu'on l'illustre, comme en publicité, du visuel adéquat — que voici justement :
    Sur la droite de l'image sa projection à lui, et sur la gauche sa projection à elle. Entre ces deux repères un champ de glace, entre ces deux entités l'espoir de n’en plus faire qu’une. A s'élance donc bras grands ouverts vers B tandis que B fait de même en direction de A…
Plaçons maintenant une bulle au-dessus de chacun des deux protagonistes, soit deux espaces mentaux dans lesquels prendront place les psychés respectives…

    Première figure : les deux corps se rejoignent mais les bulles, élevées à des hauteurs différentes, se croisent sans se toucher. Il en résulte pour A et B un déchirement d’âme et de corps,  torrents de larmes accompagnés de grognements, Chacun de se replier alors dans sa coquille, pestant contre il ne sait trop quoi.

    Deuxième figure : les deux corps se rencontrent mais les bulles, élevées par deux désirs distincts à des hauteurs différant cette fois-ci d'un peu moins de la somme de leurs deux rayons, ne se pénètrent qu'en partie. Demi-échec, demi-succès. D'une part  un cri, d'autre s'part un soupir.

    Troisième figure, la dernière : corps et bulles se présentent de front, si bien que l’on assiste à la fusion totale, “le pied“ chanté par le poète branché, encore que dans les heures suivantes tout soit à recommencer (les Moi recouvrant  leur désolante unicité). Chacun de rentrer chez soi comme dans l'exemple précédent, mais on se sourit, et on publie les bans. Cependant, comme les bulles sont rarement de volume identique, l'absorption de l'une par l'autre engendre  rapports de force,  prises de becs,  clouages de becs ainsi que rancœur tenace, comme avec Ernestine, ou encore un divorce à l'amiable, comme avec Aglaé.

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      Seul espoir : pour éviter de s'enliser dans le sable mouvant des psychés, favoriser les corps à corps sans se soucier d'esprit,  de sentiments ou autres balivernes. Briser la glace chaque fois que l'occasion se présente, s'entre-saisir et s’éclater pour s'en aller ensuite, seul à jamais mais libre, enrichi de souvenirs agréables dont les échos iront nourrir l’avenir, vaquer dans les champs de la conscience. Ou encore… mais là nous pénétrons — par effraction ou presque — dans les domaine conjoints de l’utopie et du sacré… une fois abandonnées les prisons de l'ego patiner de concert sur deux infinis confondus, se rapprocher, se séparer, s'accorder par le pas et s'unir par le geste, valses viennoises ou rock, tangos à vous faire chavirer, bulles fusionnant et flamboyant au-dessus.

Evasion – extrait philosophique choisi.
Calder — sans tritre (détail).
Gargallo — sculptures

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29 juillet 2008

Le chemin de l'extase

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Pablo Gargallo Le Prophète

    Du calme, mon chéri, et surtout de la méthode. Si en redescendant tu cherches à droite et que tu ne trouves rien, c'est que ton blouson fut balancé à gauche. Tu le trouveras donc sur ta droite en remontant, à moins que tu ne l'aies manqué dans la descente a cause que ta raison a sombré dans le pastis, ou dans la remontée, avec dans ce cas obligation de repartir à zéro ou de dormir dans le foin, au fond du trou normand. Cependant ne te tracasse pas, Buster, mon lapin, mon combattant de l'impossible, cherche à tâtons ton vêtement dans les branches, clef ans la poche t’en souvient-il, sinon dans la doublure. Ne néglige aucune piste, cherche, cherche dans la nuit noire ton blouson mon canard, et que sens-tu soudain, là, hé hé, sous ta main ?

    Du cuir, merci Seigneur , merci Vierge Marie, et dans ce cuir… la clef !

    Soulagement, satisfaction, cuite oubliée, progression si véloce à présent que bientôt, derrière le combattant du Moi, derrière le philosophe en éruption se presse une cohorte de pénitents hagards, de banquiers déprimés par le CAC, de barons de l’industrie diminués par les cors, décimés par le stress, flingués par la conscience aiguë de l’inutilité de leur existence de singes. Ils implorent une halte, en appelleraient à leurs secrétaires et s'en retourneraient dans les bureaux de la Défense s'ils n'espéraient recevoir, en échange des milliers de dollars versés le jour de l'inscription, quelque lumière sur le moyen de sortir du marasme, quelque lueur pour retrouver, dans la pataugeoire des flux tendus, des retours d’investissements et des financements en rideau dans les circuits du web, la simplicité qui permet à Juju d'aller le samedi aux asticots, le dimanche à la pêche avec la femme de l'éclusier, et d’arborer chaque lundi à l’usine le visage du bonheur.

    De l'obscurité monte alors ce discours : Oui, sœurs d'infortunes, oui, frères de misère, malgré le lumbago parano vous gravirez la pente, malgré bedaines et infarctus vous vous élèverez, malgré schizophrénie mégalo pédalo vous parviendrez à une vision non plus brouillée mais claire du chemin de la réussite, de la vraie, de celle qui conduit à l’extase. Vous aurez pour unique nourriture le tubercule arraché de vos mains à la terre imbibée, pour boisson l'eau des flaques, mais vous découvrirez une sensation qui vous réchauffera, vous allégera, vous grandira aux yeux de vos subordonnés, je veux parler du sentiment d'amour que vous inspirera désormais votre frère et semblable, si bas se situât-il sur l’échelle des salaires. Si bien que vous repartirez à l'issue de ce séminaire  non plus comme en cette heure le nez morveux et le gros orteil gonflé, mais le front haut, la jambe souple, le mollet prêt à la détente. Maintenant arrêtez-vous, frères et sœurs VIP, laissez vos ronchonnements aux ronces et groupez-vous par deux : vous voici parvenus aux Chèvres. A l’issue de cette ascension couronnée d’une victoire éclatante sur vous-mêmes, victoire dont voici les lauriers, vous allez boire un coup, vous déloquer, vous aligner devant moi et vous donner la main. Mais je voudrais d'abord vous présenter le frère animateur de votre groupe, Juju, le voici justement, qui va vous conduire au baquet où  vous serez priés de vous laver les pieds.

Extrait de Evasion

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27 juillet 2008

Oserai-je ?

    

Nota :  Buster est la carricature de l'auteur, Nicéphore la caricature de Buster. Maman Pestalozza fut la nourrice de Nicéphore.

    J'aimerais, mais je n'ose… alors ose, toi qui es l'homme, et viens, viens vite me retrouver… pas d'ami plus d'amant… seule affreusement dans mon grand lit glacé… merveille que ta maison, as-tu déniché cette baignoire, l’y as-tu installée ?  La lune est pleine et ronde, d'apparence immobile mais tournant en secret, laiteuse et nous guettant à l'aplomb du Ventoux, toi dans ton bain, moi sur mon lit songeant à toi, cherchant dans la lecture  à tromper mon désir mais ce livre m'ennuie, je le jette et me laisse dériver sur la mer démontée de mes draps, fenêtre grande ouverte aux parfums de Paris et l'amante attendant ta venue, abominable attente, haute marée d'amour bien que je n'ose… alors ose, ose paraître et te dresser, venir avec ton chèvrefeuille dans le chaud de mon corps. Entre et referme la porte, fixe-moi d'un regard décidé, empoigne-moi, ou alors… te déshabilles pour moi et nu me considères, moi tournée retournée sur le gril, fondante et cuite à point qui vais crier toute seule, ô mon Buster pourfendeur d'interdits, libérateur de mes désirs de femme ! Mais ma lubricité ne va-t-elle pas t’épouvanter ? Et voudras-tu de moi ? Voudras-tu d'une idiote ? Nicéphore voulez-vous pour épouse Maria Pestalozza, ici présente et consentante ?

    — Si je la veux ? Pestalozzi pestalozzo, je la prends et la reprends, nom d'un psychanalyste, la lèche et la relèche, lui défais ses agrafes, lui dégrafe ses effets, ô Voie lactée, et sous mes yeux vois se répandre un amour où je m'enfouis entier, à moi les seins douillets, à moi les profondeurs brûlantes d'où jamais ne sortirai, à moi Marie pleine de grâce et toi petit Jésus laisse-moi prendre ta place, pauvre de moi tombé de la Grande Ourse un jour sombre d'hiver, ni papa ni maman, né de mon propre cri, long hurlement sur la banquise, abominable frustration alors besoin d'un sein, besoin d'un réconfort, Marie réincarnée Pestalozza miracle, miracle d'une liqueur m'envahissant le gosier, bénédiction que ces mains se saisissant de moi, si petit, si fragile… un garçon s'extasie a concierge de l'orphelinat… nourrisson dans les bras de sa nourrice qui l'abreuve et le berce, Apostoli glouglou je peux dodo en paix, viens mon quinquin, viens mon petit pouchin, viens dans mes bras oublier ta détresse.

   

Je n'ose, a-t-elle écrit de sa main fine et souple, et cependant elle a osé, lettre non seulement rédigée mais aussitôt postée, avec le parfum féminin du piment. Ainsi pour elle a commencé l'attente, mi-closes les paupières et la bouche entrouverte, et ses pensées sur une pente herbeuse où s'effilochent les heures.

   

Extraits de "Evasion", roman herbeux, psuchanalytique et venté.

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26 juillet 2008

La surprise

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Pierre Bonnard - nu bleu (détail)

    « Rapplique dare-dare », me bigophone Georges un soir à onze heures. Je crois à une plaisanterie mais l'animal insiste, une surprise me dit-il, et me voici en pleine obscurité dans son capharnaüm, à me demander… quand un grattement sur une persienne… Aperçu d'une silhouette féminine par la porte vitrée, chuchotements, rires étouffées, et je vois Georges réapparaître en slip, me faire signe de me déloquer vite fait, m'entraîner vers sa chambre… Présentations à tâtons, dans le noir toujours, les lueurs de la rue me permettant seules de la deviner, blanche et nue sur le lit, Marie-France crus-je entendre, aussi étonnée que moi car au courant de rien, elle non plus, et peu après troublée, elle aussi.

    Je l'avouerai sans honte, je n'avais pas l'habitude de telles situations, léger blocage dans les premiers instants. Disons une demi-heure à pédaler dans la choucroute, pas moyen d'assumer mais ça ne se voyait pas, Georges occupé et elle qui me prenait la main, m'enfonçait ses ongles dans le cou avant de réclamer mes lèvres. Elle m'a ému, cette Marie-France, avec ses seins qui me battaient le flanc tandis que Georges la prenait par derrière, si bien que lorsqu'il eut fini je pus à mon tour m'introduire sans problème, un délice, puis me presque retirer, second délice, et ainsi de suite, sans hâte, de manière à nous mettre tous deux au diapason, et elle qui gémissait en prenant un second panard, une folle en perdition, et Georges qui se marrait. J'en ai oublié mes problèmes, j'ai cru au renouveau mais ce ne fut qu'un leurre. Lorsque, une semaine plus tard, Marie-France m'a tendu ses lèvres et le reste, Georges m'a fait la gueule. L'homme de pouvoir dans toute son abjection, lus-je en ses yeux, et de ce fait jaloux, le malade intégral, qui s'était fourré dans la tête que j'allais lui piquer une conquête dont il se fichait comme d'une guigne, un pot de colle à ses yeux, mais qui devait rester sa chose et n'obéir qu'à lui, comme Sylvie pareillement possédée le lendemain sur un coin du bureau, l'une comme l'autre s'étant ouvertement félicité de ma délicatesse, et secrètement de mon coup de rein.

    A la faveur de cette séance de convivialité (inhabituelle m'avoua-t-il), Georges se serait-il posé des questions sur lui-même ? Il ne débande jamais, d'accord, coup de fil et Florence qui rapplique, autre coup de fil et voici Jeanne, il les tronche à la pelle dans son officine de conseiller littéraire, matelas planqué derrière un meuble, mais en éprouve-t-il le moindre plaisir ? N'est-ce pas la seule façon qu'il ait de contenir ses angoisses ? Dommage, j'ai cru que nous allions nous entendre, lui et moi, à tel point que je me demande si j'aurais pu les satisfaire, Sylvie et Marie-France, hors sa présence à lui. Ma psy m'a demandé si je ne le prenais pas pour mon père, par hasard, j'ai hésité quelques instants mais non, et là je suis formel, aucune trace de  filiation, plutôt de la fraternité, et même de la fratrie, lui mon aîné et mon initiateur.

    L'initiateur, hélas, s'est révélé faux frère. Le voici qui me repousse, qui me laisse démuni devant la porte brutalement fermée de mon épanouissement tardif, en un mot titubant au bord de mon néant existentiel, ma génitrice ayant tout fait pour me flinguer dès le jour de ma naissance…

    Comment voulez-vous qu'un jeune homme, un adolescent mal aimé par sa mère, parvienne un jour à l'équilibre ?… J'aurais pu finir chez les dingues ou devenir un vaurien, sombrer dans la pédérastie ou dans la délinquance si je n'avais dès l'époque des branlettes soupçonné quelque faille en mon être chéri, un boulon mal serré, un défaut de fonctionnement, en tout cas pas moyen de rencontrer une fille sans bâtir le roman d’un amour éternel, et sans bien sûr me faire virer avant le premier chapitre. Mais c'en est terminé de ces misères, je sais à présent qui je suis, d'où je viens, où je vais.

    Je me nomme Buster, je viens de chez les Coucous et je m’en vais aux Chèvres.

    Extrait de "Evasion", roman écrit en 1980, d'abord accepté, puis refusé par un éditeur de renom.

Posté par curiosofurioso1 à 16:58 - Evasion - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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