20 décembre 2009
Le chemin
En ombrageant nos places, voici plus de deux siècles, des arbres de la Liberté, nous avons oublié ceci : la servitude dont nous émergions nous avait interdit de grandir. Incapables de nous entendre, infoutus de mener nos nations vers les lumières promises, nous sommes ainsi demeurés dépendants des pouvoirs. Le vin nouveau de la démocratie a tourné au vinaigre, et c’est l’acidité de cette fermentation, laquelle se poursuivit de nos jours, qui nous rend impuissants à mener notre république vers ce qu’elle devrait être : le bien de tous, le foyer de tous, la richesse commune.
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12 mai 2009
Buster : discours aux populations des ZUP, des ZAC et des zones
Frères et sœurs,
amis,
camarades, …bonjour !
Nous sommes des gens comme vous, des travailleurs, des retraités, des chômeurs, des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes, qui nous aussi nous débattons dans les difficultés de l’existence.
Nous sommes aussi des militants du Front de Gauche, et nous venons à votre rencontre pour parler avec vous de ce que les grands partis essaient de vous cacher : l’importance des prochaines élections, des élections européennes qui se dérouleront le 7 juin.
Le Front de Gauche est la réunion de plusieurs organisations qui refusent de se laisser enfermer dans un libéralisme destructeur, dans la misère, dans l’ignorance et la régression sociale :
• le Parti communiste Français que Marie Georges Buffet a contribué à réformer,
• le Parti de Gauche que Jean-Luc Mélenchon et quelques autres ont initié à partir de la révolte que leur inspire le parti socialiste et ses compromissions,
• une partie du NPA qui n’a pas accepté qu’Olivier Besancenot se désolidarise de la lutte commune pour faire cavalier seul, et que Christian Piquet a réunie dans la Gauche Unitaire.
• une partie du MRC de jean-Pierre Chevènement
mais aussi des syndicalistes, des libres penseurs, des animateurs d’associations, tous décidés à combattre la politique injuste, anti-sociale et finalement catastrophique de Nicolas Sarközy de Nagy Bocsa, notre glorieux président.
En 2005, à une large majorité, le peuple français a rejeté le projet de constitution européenne. Non que cette majorité, ce jour-là, ait rejeté l’Europe. Mais elle a refusé l’Europe capitaliste et libérale que cette constitution entendait graver dans le marbre.
Peu de temps après, à leur tour, les Hollandais ont dit non à ce même projet.
Ainsi, cette déplorable constitution aurait dû être enterrée à jamais, du moins aurait dû être révisée en accord avec ce que souhaitent les citoyens. Mais les Sarkozy, les Angela Merkel, il cavaliere Berlusconi et autres tenants de l’Europe du pognon, de l’Europe des inégalités et de l’enrichissement de quelques uns, ont réussi à passer outre à la volonté populaire. Niant le vote des Français et des Hollandais, ils ont craché sur la démocratie. Ainsi est né le traité de Lisbonne, réplique du TCE, que les députés de droite et du MoDem ont ratifié à Versailles, avec l’appui de députés socialistes.
Car les socialistes à la Martine Aubry, les socialistes à la Strauss-Kahn, à la François Hollande et autres Jack Lang n’ont plus de socialistes que le nom : ce sont pour la plupart d’anciens élèves de l’E.N.A, des politiciens de métier qui s’accrochent à leurs sièges et à leurs avantages, à leurs limousines de fonction. Ils ont oublié depuis belle lurette leurs origines populaires, ouvrières et laborieuses. Ils ont oublié Jean Jaurès, ils ont oublié Léon Blum, qui pourtant nous offrit les congés payés et la semaine de quarante heures. Ils rejoignent ainsi les chantres de l’UMP, du Medef et de la droite française, comme chacun sait la plus bête du monde.
Cerise sur le gâteau, les Irlandais à leur tour, consultés par référendum, ont rejeté le traité de Lisbonne !
Eh bien les irlandais devront revoter et accepter d’être niés par ce fichu traité. Comme nous autres, ils sont appelés, sous la houlettes de dirigeants qui les enfument et n’ont qu’une trouille : le réveil de la rue, à devenir les dindons d’une farce sinistre.
Sinistre qui tourne au comique depuis le naufrage de la finance capitaliste ! Cela devrait nous réjouir si nous n’étions au passage plumés jusqu’au fond de nos poches : car c’est à nous, aujourd’hui, de renflouer les banques qui ont précipité le monde dans le la crise que l’on sait. Et cela au moyen des deniers publics, c’est-à-dire l’argent de vos impôts augmenté de celui qu’on vous vole en délocalisant vos entreprises, en vous privant de vos emplois, en vous mettant en concurrences avec les plus défavorisés, les plus miséreux des ouvriers bulgares et roumains, accueillis dans cette Europe de riches comme de nouveaux esclaves.
Eh bien le Front de Gauche est décidé à lutter contre cette fausse fatalité.
Le Front de Gauche dit NON à l’Europe du chômage et de la misère sociale.
Le Front de Gauche dit NON à l’Otan et à la guerre qui se prépare en douce.
Le Front de Gauche vous invite à le rejoindre, à grossir ses rangs, à voter le 7 juin pour les candidats qu’il présente, parmi lesquels ceux-ci, placés en tête de liste :
• Hélène Franco, du P.G. Hélème Franco est juge pour enfants, secrétaire générale du syndicat de la magistrature, en lutte contre Rachida et Sarko, leurs fermetures de tribunaux, leur tentative de mise au pas des magistrats, leur protection des dictateurs africains et de leurs acolytes.
• Jacky Dubois, du PCF. Militant CGT, J. Dubois est adjoint au maire de Châlon/Saone, chargé des Services Publics, et conseiller régional de Bourgogne.
• Céline Malaisé, une des fondatrices de la Gauche Unitaire. Elle est enseignante et militante syndicale, attachée à la défense des services publics.
Cela dit, le Front de gauche a besoin de vous, la France qui souffre a besoin de vos voix, l’Europe en perdition attend le vote de chacun d’entre vous.
Ces élections se déroulent à la proportionnelle. Elle n’offrent qu’un seul tour.
Ainsi, chaque voix va compter, aucune d’entre elles ne sera escamotée : vous ne voterez pas en vain, mais pour des hommes et pour des femmes comme vous, décidés à ranimer ces notions que sont la justice, l’égalité, la solidarité entre les hommes qui sont la vraie richesse du monde.
Alors, frères et sœurs, amis, camarades, interrogez-vous :
Etes vous satisfaits de la fermeture de la Reliure Industrielle, des licenciements qui ont lieu chez Fulmen, chez Fruehauf, chez Amora et Paul Renard, etc, ainsi que des difficultés grandissantes que vous et vos enfants rencontrent journellement pour trouver un emploi, gagner sa croûte et vivre décemment ?
Eh bien, avec le Front de Gauche, en envoyant bouler les candidats de l’UMP, du Modem et du PS, en envoyant valser tous ces rapiats, tous ces voleurs et menteurs qui nous inondent de leurs mensonges, en renvoyant l’avocat d’affaires Nicolas Sarkozy à la défense de ses potes milliardaires, dites OUI à une autre Europe, OUI à une Europe démocratique et sociale, OUI à une Europe qui entend vous remettre au centre de ses préoccupations, rendre à chacun de vous le plaisir de vivre qui lui fut volé.
Et sachez que nous ne sommes pas les seul à raisonner de la sorte : les Allemands, les Portugais et bien d’autres, dotés eux aussi d’un Front de Gauche, sont eux aussi résolus à se battre.
Frères et sœurs, amis, camarades, merci de votre attention. Nous vous attendons. Venez rire et gronder avec nous, venez réfléchir avec nous.
01 mai 2009
Plus de pain ? Eh bien qu'ils mangent de la brioche !
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Frères et sœurs,
amis,
camarades,
merci.
Merci d’être venus si nombreux. Comme lors des manifestations d’hier, nous sommes une multitude, et nous sommes le peuple.
Le peuple qu’on spolie, le peuple qu’on méprise, le peuple que son président, Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, se refuse à entendre et continue de regarder de haut, conforté qu’il est dans ses illusions par la cour des Fillon, des Lagarde, des Pinault, des Bolloré, des Botton. De cette racaille dorée qui s’engraisse à nos dépens, qui s’imagine pouvoir nous mener à la baguette, nous faire produire lorsque ses affaires se développent, nous mettre au chômage lorsqu’il s’agit, sous prétexte d’une crise qu’a provoquée sa seule voracité, de sauvegarder l’accroissement de ses bénéfices.
Que lui importe le peuple, à ce ramassis d’argousins, tant que le peuple se contente des reliefs du festin, des ragotons d’une croissance qui est le fruit de son travail avant d’être celui de princes qui n’ont nullement semé ! Que lui importent les besoins des manants que nous sommes, à cette bande qui bientôt s’écrira, comme l’épouse de Capet : « Le peuple n’a pas de pain ? Alors qu’il mange de la brioche ! »
Ah, frères et sœurs, amis, camarades, de cette brioche que se réservent les puissants, nous allons en manger ! Parce que cette boule légère et dorée, qui d’autre que nous en a pétri la pâte ? Eh bien nous allons nous l’approprier, cette succulence, et nous allons la partager. Nous la découperons en portions égales et l’ouvrier aura sa part, et le maître d’école, le soldat et le paysan, et le chercheur et le poète auront eux aussi de quoi se sustenter.
Et même Bolloré en aura, à condition que l’ami Bolloré vienne s’asseoir parmi nous, que le camarade Bolloré, nous rejoignant, distribue les milliards de brioches honteusement entassées dans ses coffres.
Oui, frères et sœurs, amis, camarades, nous sommes un peuple libre, et nous voici à présent qui marchons, solidaires et égaux, vers un avenir à notre portée. Alors disons aux seigneurs et à leurs vassaux :
« Notre table n’est certes pas une table de ripailles, mais vous y êtes invités. Alors, avant de commettre l’irréparable, avant de rameuter vos chiens, vos hallebardiers et vos CRS, avant d’en appeler à vos armées encagoulées, et si votre gloutonnerie vous a laissé un restant de sens commun, réfléchissez, et réfléchissez vite : pour des questions à la fois de bonheur et de survie, notre planète en sursis, ses blés, ses derniers coquelicots et ses peuples, n’ont plus de temps à perdre en de funestes calculs financiers ! »
04 avril 2009
Manquent juste les flingues
Formidable, le G 20 de Londres. Non seulement des solutions ont été trouvées pour sauver le monde — enfin, le monde financier —, mais notre aimé président, le valeureux Sarko, a presque réussi à se faire photographier avec sa nouvelle idole, Barak Obama. Cocorico, l’honneur est sauf !
Une seule chose me chagrine : ce foutu G 20, d’après les images du 20 heures, à mon avis ressemblait plus à une réunion de malfrats qu’à une rencontre entre chefs d’état soucieux du bien-être des peuples. D’autant qu’étaient réunis là tout ce que la planète compte de plus âpre au gain, de plus retord, de plus magouilleur, de plus intéressé par la roulette et le retour sur investissements, et que tous, malgré qu’aucun ne pût blairer son voisin, arborait à la ronde un sourire angélique. Et que la valse des milliards que chacun tirait de sa manche , déversait sur le tapis vert et donnait à brasser par tombereaux entiers, sans que le moindre biffeton pût franchir les fenêtres blindées et s’en aller voltiger vers les mains sales de quelque SDF (“tramp“ en anglais) ni jusqu’à celles, pourtant immaculées, d’aucun d’entre nous, cette valse donc évoquait l’anniversaire d’Al Capone dans un remake sur la prohibition. A ce tableau ne manquait (dommage) que la pièce montée dissimulant le tueur, mais basta, c’était quand même pas mal !
En tout cas, des mesures salvatrices pour l’humanité ont été prises à l’unisson, comme celle de ramener à moins de 2% la rémunération du livret A, celle de demander au retraité de mettre la main à la poche, ou plutôt de l’ouvrir, sa poche, pour que l’état soit en mesure d’y puiser, mensuellement, de quoi alimenter les aides accordées à ses banquiers, verser des primes à ses gardes du corps et relancer la machine. A noter que nos machinistes, pendant ce temps — enfin… nos décideurs — s’octroient des salaires à faire pâlir un prince du pétrole, se servent le caviar à la pelle (à propos, j’ai trouvé que Strauss Kahn, le gars qui s’est fait prendre il y a quelques mois la main dans la culotte d’une intrigante, avait encore grossi), et n’ont aucune honte à retourner leur vestes. Ainsi le Valeureux, qui ne se cacha nullement tandis qu’il léchait le cul de son homologue chinois, hier menacé de sanctions, aujourd’hui satisfait, souriant, fraternel. Un frère, quoi.
Mais au fait, la crise, elle nous regarde aussi, nous autres pauv’ cons. Et où étions nous, dans ce putain de G 20 ?
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21 mars 2009
Au-delà de l'ineptie, la vie
Lorsque le mur de Berlin, autrement dit le mur de la honte, (ou mur du béton stalinien) s’est abattu sous la pression des peuples, que les derniers vestiges d’un communisme néandertalien ont rejoint les gravats de la bêtise, de l’incompétence et de la surdité, le monde occidental ne s’est pas réellement réjoui : brusquement privé de son ennemi, et comme abasourdi, il s’est soudain retrouvé confronté à son propre désert.
Allait-il réfléchir ?
Ne rêvons pas ! Sitôt passé le premier moment de stupeur, il eut tôt fait de s’engouffrer dans la brèche que lui offrait l’histoire.
Perspectives grandioses. Le gigantesque marché qui s’ouvrait à ses appétits de carnassier offrait sur le plateau du profit la bouffée d’air qu’il attendait, l’alcool dont il avait besoin pour s’étourdir un peu plus, tituber à son tour devant les gravats de sa finance, de ses crédits, de ses dettes et de ses déjections.
La république des chevaliers de l’industrie, des banquiers, de la Star’Ac et du chacun pour soi serait-elle à son tour, vingt ans après le totalitarisme bolchevique, sur le point de s’effondrer ?
Le pouvoir n’est plus aux mains du mousquetaire qui nous gouverne et ferraille en tous sens pour le sauvetage des serviteurs du fric. Le collier de la reine qu’il serre entre ses dents est à notre portée, à la portée du peuple.
Avec notre peuple et tous les peuples de la Terre, renvoyons-le à ses intrigues. Et cela fait, réinventons le monde !
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11 février 2009
Tous ensemble ! Tous ensemble !
Mon précédent billet date du 7, nous voici le 11. Quatre jours ont donc passé. Quatre jours à tourner en rond : on ne laisse pas tomber son blog sans en payer le prix
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Eh bien me revoici. Non pas amer malgré la difficulté qu’on a, dans notre pays, à réunir quelques individus — alors une demi douzaine de mouvements politiques, je ne vous raconte pas — mais malgré tout inquiet. En cette période où l’on entend les salariés gronder devant une crise dont a classe dirigeante voudrait leur faire payer le prix, et cela dans touts les professions, toutes les catégories sociales, toutes les régions y compris l’outre-mer, je suis effaré de découvrir que des partis politiques ayant les mêmes objectifs, à savoir le renversement d’une droite à ce point sans imagination qu’elle en est réduite au bling bling, sont incapables de s’entendre.
Mettons les choses au clair. J’ai versé mon obole au Parti de Gauche dès que j’eus vent de sa création. Et, sitôt contacté, j’ai adhéré à un de ses comités en formation dans ma région. Je l’ai fait d’instinct, ou presque, et je ne le regrette pas. En effet, le discours de Jean-Luc Mélenchon et les prises de paroles de quelques responsables, au congrès dont j’ai fait écho ici même, m’ont convaincu du bien-fondé de mon engagement récent. Beaucoup d’humanisme dans les propos, une ouverture aux grands problèmes qui se posent à la planète et à l’humanité, une volonté de débattre démocratiquement des solutions possibles. Et si cette formation nouvelle s’éloignait du Parti Socialiste, sans pour autant le rejeter, elle ouvrait les bras, sans aucun préalable, à qui voudrait la rejoindre dans un front commun à l’ensemble de la gauche, et se battre à ses côtés contre le libéralisme, le capitalisme et l’enrichissement de quelques uns au détriment de l’ensemble. Sans parler des “réformes“ anti-républicaines qui se concoctent sous notre nez à tous.
Nous savions que rien n’était gagné, que le congrès du NPA constituerait le moment de vérité, au point que certains d’entre nous se prenaient à douter de son adhésion au projet. Ceux-là avaient raison. Le parti d’Olivier Besancenot, bien que révolutionnaire, a de telles exigences et fait de tels caprices qu’il apparaît plutôt comme le gardien de musée d’un trotskysme enterré depuis longtemps.
Que lui importe que le Parti Communiste, lors des prochaine élections régionales, s’entende avec le PS pour conserver quelques élus, puisqu’il s’agit de battre la droite ?
Mais le NPA de Besancenot, issu de la LCR de Krivine, semble préférer la défaite à toute participation à un quelconque pouvoir démocratique. Comme si le NPA avait horreur de la démocratie. Comme si son charismatique leader s’était entendu avec l’ennemi qu’il s’est juré d’abattre tout en se gardant bien de s’en donner les moyens.
Seule note d’espoir : que la rue, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens qui vont y défiler de nouveau dans une belle unité, l’amène à réfléchir et se remettre en question.
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07 février 2009
L'appel du Parti de Gauche
L’appel à toutes les organisations et partis de gauche est clair, on ne peut plus ouvert :
Ce “front de
gauche" est sans exclusive. Il est aussi sans préalable. Nous ne
mettons personne au pied du mur. Nous ne demandons à personne de se
renier. Nous sommes prêts à toutes les discussions, prêts à débattre de
toutes les conditions que l’on souhaiterait poser, y compris notre
approche des élections qui suivront les européennes, des régionales aux
présidentielles, afin de constituer ensemble un front politique
permanent face à la droite.
Nous reste à réaliser l'unité, ce qui n'est pas simple, mais qui constitue aussi une formidable gageure, une lutte résolue contre ce qui fait croire à chacun qu'il est le meilleur, qu'il détient seul la vérité.
Une lutte contre le Sarko qui se trouve en chacun de nous.
Une lutte contre la langue de bois, contre les tics intellectuels, contre les déplorables manies qui nous font avancer de travers, déraisonner, nous égarer.
23 janvier 2009
Comme Bonaparte
Ce qui est infiniment plaisant, dans les actuelles relations entre la France et les USA, c’est de voir les réactions de nos dirigeants face au couronnement de Barack Obama. Notamment celles de notre président à nous et de son ancienne rivale.
Sarko (1 m 60 avec talonnettes), qui n’avait pas craint de se hisser à la hauteur de Bush (1 m 80) pour lui serrer la main d’égal à égal devant les caméras du monde, s’est empressé de faire de même (virtuellement, avant qu’il ne lui fasse de l’ombre) avec le nouveau chef, précisant devant les micros que la France et les Etats-Unis allaient dorénavant, main dans le main, veiller à la santé du monde.
Quant à Ségolène, qui s’était procuré on ne sait comment un strapontin pour les festivités de Washington, elle s’est félicitée que l’équipe d’Obama se soit inspirée de ses méthodes à elle pour amener son poulain jusqu’à la Maison Blanche.
Allez dire après cela que la France n’est pas une grande nation !
Mais retrouvons notre sérieux, tentons de savoir ce qui va désormais se passer, non pas chez nous puisque Sarko, nous le pressentons, va continuer et même accélérer, sous nos regards éteints, son entreprise de casse de la république, de ses acquis et de ses services publics, mais de l’autre côté de l’Atlantique, là où ne régna jusqu’à présent que la loi du plus fort, c’est-à-dire le libéralisme que nos élites font semblant de mettre au pas.
Eh bien je suis persuadé qu’Obama, même s’il ne parvient à réaliser qu’une partie infime du rêve de Martin Luther King, va permettre aux Etats-Unis l’émergence d’un pouvoir plus humain. Et je suis tout autant persuadé que l’on va voir s’affronter en combat singulier, dans l’ensemble du monde, les forces du bien et les forces du mal (là, Bush avait eu raison, encore qu’il ait confondu haut et bas), en un mot de l’argent qui enchaîne et de l’humanité qui se libère.
Et Sarko, dans tout ça ?
Eh bien notre Président, pour demeurer à la une de Gala et Blingbling, va devenir à son tour un grand homme. Un révolutionnaire sûr de lui. Idolâtré des foules. Comme Bonaparte.
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20 janvier 2009
Batailles de chiffonniers
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L’homme est le rêve de l’animal, un rêve encore inachevé, ont affirmé les indiens Cherokees. Mais, s’en référant à leur contemplations des bisons et des plaines, les Cherokees pensaient sans doute que le cheminement vers la réalisation du rêve, vers l’esprit et l’extase, s’effectuerait sans heurt, sous les yeux de Manitou. Hélas, les blancs sont arrivés, pour qui le but suprême était, en vue d’une transformation de leur cuir en bottes, en selles et en dollars, le massacre des bisons.
Il aura donc suffi d’une conquête guerrière pour mettre bas des siècles de sagesse, des millénaires de confiance en les capacités de l’homme à vivre en harmonie avec le monde et les bisons.
Il n’y a plus de bisons dans les plaines d’Amérique, les soldats ont des bottes, le lucre et les guerres incessantes dévastent la planète.
Comme la majorité des hommes, j’aime la caresse du vent, la musique du silence, la senteur de l’herbe fauchée. Et comme mes frères et mes sœurs, je recherche la paix. Elle seule nous permettra d'évoluer vers plus d’humanité, vers plus de liberté, plus de créativité, plus d'esprit.
Mais peut-on évoluer lorsqu'on veut ignorer son passé, lorsqu'on ferme les yeux devant le retour cyclique des éternelles erreurs ? Si on refuse de se poser les questions essentielles, les questions qui fâchent, on ne peut que faire du surplace, se comporter comme un fantôme errant le ventre vide. Or, l'humanité actuelle me fait songer à un malade en proie à un délire sans cesse renouvelé, à un paranoïaque qui se serait, pour refouler un traumatisme ancien, jeté dans une fuite en avant, une conquête désespérée de choses qui ne lui conviennent pas. Ignorant la finalité de son être, ce malheureux referait ainsi toujours les mêmes erreurs, et se verrait condamné à les refaire tant qu’il n’aurait pas compris que l’aveuglement et le mensonge à soi-même, ne peuvent que le conduire à ces deux portes de sortie : soit le suicide, soit le divan de Freud.
Géricault - Bataille de Chevaliers
C’est en prenant la mesure de ses erreurs qu’un individu peut mettre le doigt sur le mal d’ont il souffre. Et en fouillant ces mêmes erreurs, en en cherchant les causes, en analysant leur mécanisme, qu'il parviendra à échapper à la folie qui le guette, à s’extraire de la prison psychique en laquelle il s’étiole.
Même chose pour les humains dans leur ensemble. Car cette humanité à laquelle nous appartenons, nous pouvons la considérer comme un individu (à notre échelle), ou comme une famille (à l’échelle d’un peuple), ce peuple entrant à son tour dans la famille humanité, ce qui permet de fermer le cercle.
Et là, je vais vous rapporter ce qui m’a frappé hier, alors que j’écoutais France Inter : pour la première fois, une personnalité se demandait s'il ne vaudrait pas mieux, dans ce genre de conflit (il s’agissait évidemment de l’actuel et sempiternel conflit israélo-palestinien), faire appel à la psychanalyse plutôt qu'à la politique.
Eh bien je dis bravo à cet intervenant.
Et je pense même qu'il faudrait, à l'échelle mondiale, organiser une thérapie de groupe…
Ne peut-on un jour, dans l’ensemble du monde, décider de s’asseoir par terre, de brandir le bâton de la colère, de l’abattre sur un coussin plutôt que sur un semblable ? La colère n’est pas malsaine en soi, le désir de vengeance ne l’est pas non plus. Il faut seulement se rendre maître de ces pulsions. Elles sont une des richesses de l’Homme
Seulement, quel est le chef d'état qui acceptera, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, de descendre de son piédestal, de perdre la face devant un monde entier tombant lui aussi le masque et se regardant en face, se découvrant enfin ?
Dans les hautes sphères du pouvoir, je ne vois surtout que des menteurs, des tricheurs, des mégalomanes, des hercules de foire qui ne savent que brandir le poing et cogner pour régler les problèmes, c’est à dire les masquer par de nouveaux problèmes, comme ce fut le cas jusqu’à présent du côté de Jérusalem.
Vues de haut, les guerres que nous poursuivons ne sont que des batailles de chiffonniers, des pugilats de cours de récréation. Or, nous ne sommes plus des gosses, nous atteignons l’âge de raison.
Cessons de vendre des armes aux chefaillons en culottes courtes, faisons en sorte que les terroristes à l’affût de leur proie derrière des cabinets abandonnent leurs lance-pierres et viennent s’instruire avec nous, jouer avec nous, devenir avec nous des hommes libres, capables d’aimer.
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18 janvier 2009
Oh les beaux murs, oh les beaux jours !
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