Chronique, virgule

Chronique d'idées, de mots et d'humeurs : derrière la virgule, il y a toujours à lire...

20 août 2009

Inglorious bastards

inglorious

    A la fois emballé et déçu par ce spectacle hors normes.

    Emballé par la créativité de son auteur, sa liberté de ton, ses coups assénés en direct ; emballé pareillement par l’humour accompagnant l’ensemble du film (cf Pulp fiction), et plus encore par la férocité sans concession qui s’exprime dans les scènes de baston (nous retrouvons ici le Boulevard de la mort) ; emballé de même par le scénario à double face, par le jeu des acteurs, par la bande son et j’en passe.

    En gros, j’ai en partie retrouvé, avec une jubilation que vous comprendrez, ce que j’ai moi-même exprimé dans mon Auschwitz Karnaval. A ceci près que si Tarantino scalpe ses victimes ou marque de la croix gammée, au couteau sur le front, celles qu’il préfère maintenir en vie, je les désosse quant à moi et dans un premier temps les bouffe, pour ensuite les servir sur plateau, sous forme de ragoût de Mazurie, de pieds de cochon à la hongroise et de foie de génisse, à la cantine S.S. J’ai même retrouvé, dans l’embrasement final de la salle de spectacle, ce qu’a dû entrevoir mon Führer à moi dans son clapotis d’essence, après que j’ai mis le feu à son bain.

    Maintenant, d’où vient ma semi-déception ?

    Peut-être, comme si Tarantino s’était interdit de choquer , provient-elle de l’absence d’actions véritablement cruelles de la part des nazis ; ou bien de l’aisance par trop vaudevillesque du gradé S.S., laquelle me paraît étouffer le côté rustaud de l’officier américain. Et puis, plutôt que d’assister à des mondanités à n’en plus finir entre gens de mauvaise compagnie, j’aurais préféré des actions plus musclées, comme celles parsemant la ligne droite parcourue autrefois par les Douze salopards.

    Beaucoup d’aisance dans ce film, certes, A mon avis cependant, un manque de souffle dommageable. Du coup, me voici résolu à publier mon Karnaval.

    Si vous avez des idées, quelques conseils à me communiquer…

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Posté par curiosofurioso1 à 23:00 - Auschwitz Karnaval - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


18 août 2009

La haine ? Que nenni : le bonheur !

Michel Cornillon                                                                                                le 18 août 2009

        Gendarmerie, Brigade motorisée

         

à l’attention du brigadier motorisé Morel

     Monsieur,

    En ce qui concerne l’infraction que j’ai d’après vous commise le 16/08/2009 sur la RD 955 (avis de contravention 20897459), je me permets d’exprimer ici mon désaccord total avec les constatations que vous avez faites, à savoir que j’aurais gêné la circulation .

     Cette affirmation, à mon sens, relève de la plus totale fantaisie. A moins qu’il ne s ‘agisse d’un instant d’égarement dû à la forte chaleur.

     Alors que des voitures venaient en sens inverse et que la configuration de la route (descente en ligne droite et remontée symétrique) me permettait non seulement d’apprécier les distances mais d’avoir une vue dégagée, j’ai doublé un 4X4 qui se traînait à 80 km/h. Vous avez vous-même reconnu, et cela m’a fait plaisir, que ma manœuvre avait été parfaitement exécutée. Seule infraction, ma vitesse de 104 km/h, que je justifierai par la déclivité de la route et la nécessité d’exécuter ce dépassement dans les délais les plus brefs, de manière à ne pas gêner. Je me souviens alors d’un appel de phares provenant de la voiture qui venait dans l'autre sens, signal que vous interprétez comme une protestation d’automobiliste en danger, et que je considère de mon côté comme l’avertissement amical d’une présence policière. Présence qui me fut confirmée lorsque vos deux collègues à moto, et en tenue, me rattrapèrent et m’arraisonnèrent à l’entrée de Toucy.

     D’homme à homme, c’est donc ma parole contre la vôtre. A ceci près que vous ne pouvez en aucune manière, reconnaissez-le, prouver que j’ai gêné la circulation : il aurait fallu pour cela que vous vous trouvassiez derrière la voiture “protestataire“, de plus que vous visionnassiez l’éclairement effaré de ses stop. Or, puisque vous avez remarqué son appel de phares, vous avouez ipso facto vous être trouvé face à elle.

     Dans une démocratie normale, le doute bénéficie à l’accusé, c’est-à-dire à moi dans le cas présent. Mais je ne serai pas chien. Je viens d’ailleurs d’envoyer un chèque de 90 € au Centre d’encaissement des amendes, et la présente protestation ne sera suivie d’aucune autre.

     Je perds 3 points alors qu’il ne m’en restait que trois, me voici donc prochainement sans permis, et c’est tant mieux. Un grand merci à vous. Sans plus me stresser à l’idée de croiser le chemin des forces de Sécurité routière en tenue banalisée, je vais ainsi pouvoir, comme un nombre grandissant de Françaises et de Français, rouler en voiturette à 50 km/h et faire chier, sur la D 955 entre autres, une foultitude de conducteurs moins avisés que moi.

     Recevez donc, monsieur le brigadier Morel, mes plus cordiales salutations.

Posté par curiosofurioso1 à 18:57 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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