Chronique, virgule

Chronique d'idées, de mots et d'humeurs : derrière la virgule, il y a toujours à lire...

20 juin 2009

Buster

capricorne

    Au fond, le bordel de sa vie, à Buster, n’est pas aussi catastrophique qu’on pourrait le songer. Du moins pas aussi systémique que les conneries d’un monde dans lequel chacun patauge. Simplement, notre Buster a lâché un instant le fil qui le reliait à lui-même, c’est à dire à ce qu’il fut à l’aube de sa jeunesse : un demi-dieu auquel rien n’allait résister, et dont l’imagination, la clairvoyance et l’idéal allaient illuminer la confrérie de ses semblables.

    Car Buster, s’il se veut aujourd’hui un être ayant conquis sa liberté, se revendique l’égal des autres (avec bien entendu la foi en une même égalité des autres non seulement entre eux mais aussi avec lui). Nous n’en sommes pas encore là, hélas, et Buster, pour atteindre de ce paradis ne serait-ce que le seuil, se déclare prêt à confier au souffle de l’avenir les innombrables semences dont il protégea les promesses contre tsunamis et vents glacés durant l’hiver de son adolescence. Si cet hiver en effet se prolongea au-delà du raisonnable, si le froid lui fut intolérable, et révoltante à ses yeux l’indifférence des filles, il assume aujourd’hui son destin, en ressent de la fierté.

    En effet, après une longue période de gestation de soi, durant laquelle il prit à diverses reprises ses rêves pour la réalité, il a fini par ébranler les murs de sa prison intime, par crever les parois de la chrysalide en laquelle l’avait enfermé une inadéquation tragique entre son monde à lui, nourricier, généreux, luxuriant, et l’univers de malades en lequel on voulait qu’il se tînt. Mais basta ! Hier, en réunion de son parti, réunion au cours de laquelle il fut question d’écologie, d’aspirations des peuples et de fraternité entre les hommes, il dut sans le savoir se transporter dans le monde chaud de son enfance. De cette réunion en tout cas  il ressortit vif et joyeux. Les restes de sa chrysalide, de même les gravats de son passé,  avaient totalement disparu. Le monde lui ouvrait les bras. Les graines qu’il avaient conservées dans ses poings allaient bientôt germer.
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Posté par curiosofurioso1 à 11:51 - la vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Après avoir essayé plusieurs commentaires, et pour ne pas repartir sur la pointe des pieds, je te dépose ici mon sourire.
Tes graines germeront après l'orage et le chaos ... puisqu'elles proviennent de celui qui nous fait tenir debout, l'enfant qui est en nous.
Je t'embrasse mimi vaurien

Posté par Fanzesca, 20 juin 2009 à 13:24

A force de jeter tes semences à tous vents ... tu penses bien qu'elles vont germer !
Très beau texte, Mimi.

Posté par Mû, 20 juin 2009 à 13:50

Pour ta lecture du dimanche :


http://www.lesmotsontunsens.com/sarkozy-bac-philo-humour-4764

Sourire,

Posté par Mû, 21 juin 2009 à 09:43

Saine lecture

Michel,

J'ai rattrapé le temps perdu ce soir en parcourant plus d'un mois de billets. Un régal! Des sourires, des larmes aussi, et une bonne dose de révolte rafraîchissante!
Continue à être aussi bien toi-même.
Des bisous,
La fée

Posté par La fée, 22 juin 2009 à 04:17

Je suis un peu engourdie depuis un certain temps, pour moi et les autres, oui je sommeille un peu, prends un peu de recul, de repos mais je pense bien à toi Mimi Buster, à toi et à ce que tu sèmes sans relâche.

Posté par lidia, 22 juin 2009 à 10:51

C'est beau, doux et violent....je partage ce Buster...
http://www.dailymotion.com/video/x2wlwr_buster-keaton-steamboat-bill-junior_creation

Posté par Sylvaine, 23 juin 2009 à 12:10

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