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Comme vous sans doute une belle gueule de bois, les amis. Avec en prime la rage de constater que notre cher Hollande, à force de se tortiller entre le bien et le mal (plus exactement entre le louche et le puant), nous a fourrés Marine le Pen à deux pour cents derrière son favori (à remarquer que l’inverse, Marine devant Emmanuel, n’aurait rien changé à laffaire). Du coup, le moindre militant de droite, de gauche, du centre et de n’importe quelle malvoyance, une fois de plus obéissant à leurs élites, hurle à la mort devant l’horreur que représente le Front National. Et quand bien même les insoumis de Mélenchon s’abstiendraient-ils ou voteraient-ils blanc, le résultat ne fait aucun doute : Emmanuel Macron sera le prochain président.

Disons, pour parler vrai, que la finance, les banques et Bilderberg, incarnées en un demi-dieu sorti de Disey Land et propulsé sur le devant de la scène, vont s’installer à l’Élysée, la France devenant ainsi une nation moderne, notre coq redressant le jabot. Du coup, notre bienheureux Hollande, durant son pitoyable quinquennat, aura au moins réussi cet exploit : faire se couler notre nation dans les flonflons d’une mondialisation haut de gamme.

Avouez avec moi que, de la part d’un héritier de Jaurès, c’est pour le moins un coup de maître.

Seulement, dans tout cela, quelque chose me chiffonne : les électeurs du FN, en majorité gens de peu, travailleurs réduits à la pauvreté, minuscules contremaître n’ayant aucune voix au chapitre, vont une fois de plus, comme ceux que défend Mélenchon, voir leurs espoirs anéantis.  

 

Du coup, voter Macron, voter blanc ou s’abstenir afin de renvoyer dans l’ombre un petit peuple supposé ne rien comprendre, me semble relever du cynisme. Il n’est pour s’en convaincre que de constater avec quelle générosité, quelle ouverture d’esprit, Chirac a utilisé les 82% de sa réélection de l’année 2002.

Quinze ans plus tard, en vertu des théories freudiennes, puisqu’on n’a rien compris, rien n’a changé. Et tandis que Marine, dans sa profession de foi, déclare son intention de retirer la loi El Khomri, d’instaurer le référendum d’initiative populaire, de revaloriser le minimum vieillesse, d’abroger la directive “déplacement des travailleurs“, de rétablir la retraite à 60 ans, etc., etc., eh bien non, les appareils des partis continuent de crier au loup. Jusqu’à ce pauvre Pierre Laurent, dont je vous invite à écouter les toutes premières minutes de l’invraisemblable discours du 23 avril… choisir entre une candidate raciste et xénophobe, Marine le Pen, et Emmanuel Macron, que les milieux financiers se sont choisis pour amplifier les politiques libérales… et blablabla… la lutte continue. https://youtu.be/Pw_Rfzr6E4M.

Car Pierre Laurent soutient évidemment le représentant des banques…

Comme quoi je n’avais pas tort lorsque j’ai dit à un ancien maire communiste de l’Yonne que le PCF, en plein suicide intellectuel, devenait le soutient de la finance et du grand capital.

Dans la farce qui se déroule sous nos yeux, il y a cependant plus grave : au point que je me demande si JLM a envie de gagner.

Ainsi, pourquoi a-t-il abandonné son poste de leader de la gauche de combat, en 2012, pour s’en aller ferrailler à Hénin-Beaumont contre une concurrente qui cinq ans plus tard le coifferait au le poteau.

Passons sur ces détails, encore qu’on ne puisse garder jusqu’à la mort ce qu’on a sur le cœur. Alors une dernière goutte de miel rance à l’encontre de JLM, que par ailleurs j’admire.

Aux alentours de 2013, j’ai fait 400 kilomètres pour le voir lors d’une réunion au Grand Parquet, Paris, 18ème.

Je lui ai expliqué que j’écrivais un bouquin d’actualité, que je désirais l’offrir au Front de Gauche pour vente à son profit, et que je le lui avais adressé par deux fois.

— Je n’ai rien reçu, m’a-t-il répondu.

— Je vous le renvoie sans attendre, ai-je renchéri.

À ce moment, un de ses amis passant par là, il s’est levé, lui a serré la main, s’est éloigné sans un regard pour moi.

 

Mélenchon ? Un type qui ne répond pas, un type qui se défile. Un type qui n’a aucun égard pour aucun militant. Et qui l’aura moralement payé je soir de ce 23 avril. Et nous, humbles militants, plus encore que lui.

Maintenant, question à un Euro : à quoi ressemblerait la gueule des financiers du CAC si Jeanne d’Arc, le 7 mai prochain, envoyait bouler le Chevalier Blanc ?

 Alors, les amis, on s’abstient, on vote blanc ou on vote Le Pen ?