Chronique, virgule

Chronique d'idées, de mots et d'humeurs : derrière la virgule, il y a toujours à lire...

31 mars 2009

Pas de titre possible, ni d'autre image que la désolation

     Voici des jours et des jours que je tente de revenir parmi vous, mais j’en suis incapable. Tout ce que j’ai pu faire, c’est mettre sur curioso quelques lignes écrites par ma fille Sarah, marginale en rupture absolue avec les faux-semblants  du monde, poétesse à ses heures. La drôlerie désespérée de son texte m’a remis debout, sans pourtant réussir  à me maintenir vertical bien longtemps. J’aurais aimé me lover dans quelque recoin, me replier sur moi-même, pleurer silencieusement.
    Je contais le faire hier, mais j’avais hier une réunion.
    J’ai pensé le faire ce matin, ce retour  à l’état fœtal, mais le téléphone a sonné, et mon petit chagrin s’est transformé en cette douleur que je pensais éteinte…

    A l’autre bout du fil, le médecin responsable du Samu 93, dont une équipe s’est occupé de Raphaël à la gare de Saint-Denis, puis l’a transporté à l’hôpital.
    Ce fut accablant.
    Raphaël était plus gravement atteint que je n’avais cru.
    Bien que conscient, il était en état de “grande détresse“,  c’est-à-dire en état de choc physique important. Il présentait un traumatisme thoracique doublé d’un traumatisme crânien. Il avait perdu beaucoup de sang. De plus, il présentait une fracture du bras et, cerise sur le gâteau, il était paralysé des deux jambes. Ce qui signifie que sa moelle épinière était atteinte elle aussi.
    Il n’aurait plus jamais marché.
    Malgré les perfusions pratiquées en cours de route, et malgré l’assistance respiratoire, son cœur a lâché — heureusement me dis-je malgré moi — alors qu’il arrivait à l’hôpital.

    Ce soir je n’irai pas plus loin, j’ai trop mal. Mais j’irai mieux demain.

    Demain, au cours d’une réunion dont j’ignore le nombre des participants, je présente le programme du Front de Gauche pour les Européennes.
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21 mars 2009

demain, pour quatre jours
routes et Limousin
chez sa sœur
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Au-delà de l'ineptie, la vie

    Lorsque le mur de Berlin, autrement dit le mur de la honte, (ou mur du béton  stalinien) s’est abattu sous la pression des peuples, que les derniers vestiges d’un communisme néandertalien ont rejoint les gravats de la bêtise, de l’incompétence et de la surdité, le monde occidental ne s’est pas réellement réjoui : brusquement privé de son ennemi, et comme abasourdi, il s’est soudain retrouvé confronté à son propre désert.

     Allait-il réfléchir ?

     Ne rêvons pas ! Sitôt passé le premier moment de stupeur, il eut tôt fait de s’engouffrer dans la brèche que lui offrait l’histoire.

     Perspectives grandioses. Le gigantesque marché qui s’ouvrait à ses appétits de carnassier offrait sur le plateau du profit la bouffée d’air qu’il attendait, l’alcool dont il avait besoin pour s’étourdir un peu plus, tituber à son tour devant les gravats de sa finance, de ses crédits, de ses dettes et de ses déjections.

     La république des chevaliers de l’industrie, des banquiers, de la Star’Ac et du chacun pour soi serait-elle à son tour, vingt ans après le totalitarisme bolchevique, sur le point de s’effondrer ?

     Le pouvoir n’est plus aux mains du mousquetaire qui nous gouverne et ferraille en tous sens pour le sauvetage des serviteurs du fric. Le collier de la reine qu’il serre entre ses dents est à notre portée, à la portée du peuple.

     Avec notre peuple et tous les peuples de la Terre,  renvoyons-le à ses intrigues. Et cela fait,  réinventons le monde !

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19 mars 2009

un regard, un silence

regard_silence

photo : Constance.

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PRINTEMPS

Nous qui voudrions œuvrer de concert
Nous qui aimerions partager le miel
Nous qui souhaitons une planète heureuse
Et qui voyons chaque jour les chiens la mettre à sac

Nous tous ensemble
Aujourd’hui
dans la rue !
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17 mars 2009

Revenir bientôt

raph

    Chaque jour je me dis : cette fois j’allume le Mac j’écris pour mes amis, je fais la tournée de leurs blogs. Et chaque jour la même chose : je reporte au lendemain ce qui m’apparaît au-dessus de mes forces.

    Envie de m’allonger sur quelque chose de doux, de fermer les yeux, de m’abandonner au chagrin et aux larmes. C’est sans doute cela, le travail de deuil. Je n’en sais rien. C’est mon premier chagrin d’homme. Les précédents, futiles chagrins d’amour et petites peines de cœur, n’étaient rien comparés à celui d’aujourd’hui
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    Epouvantable, la douleur d’aujourd’hui. Je me réveille anéanti, comme gisant au milieu de mes ruines. Des ruines de ma personne. Je finis par me lever, je me retrouve en face de sa photo. Il est au bord de la mer Egée, il me sourit, il est heureux. Et merde ! J’ai beau chercher, aucune détresse dans son regard.

    Mais je me trompe, je ne gis pas parmi les ruines de ma personne. Son geste sans appel, horriblement définitif, a claqué comme une gifle en mon âme. Ebranlant mes certitudes, il a jeté bas les décors de l’oubli, pulvérisé le bonheur que je croyais avoir acquis. Et d’un seul coup plus rien. Let’s me, let’s me, chantait Klaus Nomi, écorché vif au fond de je ne sais quelle nuit, de je ne sais quelle invraisemblable douleur.
    Ce n’est pas moi qui me suis effondré, c’est le décors de mon existence. Je titube, c’est un fait, mais les racines que j’ai plongées dans le cristal de la vie, dans la splendeur du monde, me retiennent à l’essentiel tandis que je vacille.

    Je ne tomberai pas.

    Mais sa mère… Sa mère   (…)

             répondant à la prière d'un ami, j'ai supprimé la fin de ce billet.

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12 mars 2009

Les loups, les corbeaux, le fromage et le facteur

    Dans le désordre actuel du monde, deux choses m’épouvantent.

    La première : que certains individus, minorité infime des habitants de cette planète, soient assez cyniques, c’est-à-dire assez peu évolués sur le plan de la conscience, et tout compte fait stupides, pour ne pas se rendre compte que mettre des nations à plat comme ils le font actuellement, pour quelques dollars de plus, leur retombera sur le crâne. Ceux-là me font de plus en plus penser aux nazis qui s’imaginèrent que la marche au pas, la schlague et la terreur viendraient à bout de l’envie de chanter, de folâtrer, de rigoler, de profiter de l’existence. De sinistres corbeaux étaient-ils, ceux-là, qui troquaient leur humanité contre des revolvers, des bottes et des chambres à gaz.
    Les corbeaux et les loups d’autrefois sont aujourd’hui remplacés par des financiers qui ont troqué le flingue de leurs géniteurs hitlériens contre l’argent qui croît et multiplie sans qu’il leur soit besoin de le semer. Ceux-là sont des parasites qui ne créent de richesses que pour eux seuls, leurs serviteurs et leurs danseuses — ou chanteuse, comme s’en couronne le pitoyable sire qui nous tient lieu de chef d’état.

    Ma seconde inquiétude : que le peuple qui sème et qui crée, qui récolte et engrange à la sueur de son front, le peuple dont je fais partie, et que j’aime, et en lequel je crois, sombre dans une résignation que je ne comprends pas ; que quelques uns seulement, dans ce peuple qui souffre et va souffrir de plus en plus, réalisent à quel point nos lendemains sont noirs.
    C’est là, me dira-t-on, le résultat  de trente ans de pub et de consommation forcée, le résultat d’un lent gavage, d’un lent lavage de cerveaux, de manière que le citoyen  ne puisse deviner que la casse actuelle n’est pas le fait de la crise, mais provient de la volonté des corbeaux et des loups de réduire à néant les victoires remportées de haute lutte, à force de barricades et de grèves, par leurs parents et grands parents.

    J’ai aussi un troisième sujet d’inquiétude — plutôt de désespoir… Celui de voir la gauche, la vraie gauche, celle qui s’est mise au service du peuple, se diviser sur des points de détails.
    Se diviser, par exemple, sur le fait de constituer un front commun éternel, comme le réclame Besancenot, ou de le constituer en vue des européennes, puis de le renforcer, de le pousser jusqu’au régionales, jusqu’aux présidentielles et peut-être plus loin, comme y invitent le PG , le PCF et quelques autres.
    Or, Besancenot vient de dire “non“ au Front de Gauche. Besancenot vient de saboter l’espoir mis par les salariés méprisés que nous sommes dans une représentation politique claire, saine et déterminée.
    Mais l’espoir est soudain de retour : la division qui se produit n’affecte en rien le Front de Gauche. Elle affecte le seul NPA, qui se fissure au lendemain de sa formation et dont de nombreux militants, furieux, viennent renforcer le Front.

    Alors cette question, des plus innocentes : pour qui Besancenot, hypermédiatisé qu'il est alors qu’on  voit  rarement, sur les écrans du 20 heures, Marie-Georges Buffet et Jean-Luc Mélenchon, pour qui Besancenot roule-t-il ?

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Résumé du Zénith du 8 mars 2009
envoyé par frontdegauche

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09 mars 2009

Serviteurs du peuple

   

Amis, amies, pour me changer les idées, pour renouer avec ce pour quoi je me bats, je suis allé hier au Zénith de Paris pour le meeting du front de gauche. Voici quelques extraits du discours de Jean-Luc Mélenchon.

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Evo Morales, président bolivien

    Chers concitoyens qui nous écoutez, comme vous,  nous avons conscience d’entrer dans un moment charnière de l’histoire de notre pays et du monde. Devant nous est commencé l'effondrement du système construit sur la financiarisation et la marchandisation de toute les activités humaines. Mais nul ne sait vers quel dénouement vont les évènements. Chacun commence à bien sentir que la rapacité, l'égoïsme, la cupidité du modèle d’accumulation capitaliste conduisent la société humaine à l’abîme. Aux yeux des plus patients, dans les esprits des plus éloignés de la politique il devient évident que ce système est dangereux pour les êtres humains et pour la planète. Notre écosystème est en cause. Impasse du capitalisme. Impasse du productivisme. Les bases même de la civilisation contemporaine atteignent leur limite.

    Dans ce contexte bien des gens révisent leurs anciennes certitudes. Capitalisme, nationalisation, planification écologique ne sont plus des mots bizarres. En quelque sorte, les esprits sont devenus disponibles. Un grand chambardement est engagé. Beaucoup de gens recherchent des points d’appui pour réfléchir et agir utilement . Ils ne pensent pas seulement à leur situation personnelle. Ils cherchent des issues bonnes pour tous. Ils sentent bien qu’il va falloir écrire un autre futur collectif, une autre civilisation, c'est-à-dire non seulement un autre partage des richesses mais aussi d'autres modes de vie, d'autres façons de produire et de consommer. L'action politique doit être à la hauteur de cette attente ! Cela nous donne une immense responsabilité. Cette responsabilité, nous ici, nous proclamons que nous l’assumons.

    Nous le proclamons : face au tohu-bohu qui s’avance, la solution est dans le peuple, dans son intelligence collective, dans son implication civique, dans sa volonté politique. Libérer cette énergie populaire tel est le projet du Front de gauche.

    Amis et camarades, chers concitoyens qui nous écoutez, le pire, comme l’a dit le président Morales, ne serait pas que le capitalisme du vingtième siècle s’effondre, le pire serait que le socialisme du vingt et unième siècle soit incapable de se lever.
    L’heure qui vient est celle de l’audace, du courage et de l’imagination. Le peuple français en regorge. Nous sommes ses serviteurs.
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05 mars 2009

Dans le sillage de l'oiseau disparu

    Je vous ai lus, toutes et tous, mes amis, et ce que vous m'avez écrit m'a réchauffé le cœur. Merci. Merci infiniment à  chacun et chacune, merci de m'avoir pris dans vous bras, de m'avoir caressé, de m'avoir souri, d'avoir mêlé vos larmes aux miennes. Je vous embrasse à mon tour. Nous formons une famille.

    Hier, j'ai déménagé ses affaires. Moment périlleux. Toutes ces chemises, ces pantalons, ces lainages.  Rien que des choses de qualité, acquises à force de travail. Moi qui ai toujours vécu de peu, parfois de rien, j'en aurais pleuré. Et puis ce matériel informatique qu'il fallait débrancher, mettre en cartons. J'avais l'impression d'être un nègre de brousse débarqué dans une science fiction à laquelle je ne comprenais rien.

    Reste maintenant à trier le tout, à  effectuer le partage des restes.

    Reste surtout à s'occuper de paperasse, à ramper, comme je viens de le faire, devant un médecin d'hôpital pour obtenir un simple certificat post-mortem. Parce que personne ne veut le signer, ce papier.

    Parce que tous, à l'hôpital Lariboisière, ont tenté de nous masquer la vérité, de nous faire croire qu'un train l'avait réduit en miettes. Peut-être pour dissimuler une erreur médicale, une négligence trop difficile à assumer.

    Parce que Raphaël n'est pas mort sous un train. Il ne voulait nullement abandonner. Il a, je pense, monté une mise en scène pour crier sa détresse. Il s'est jeté sur la motrice d'un train sur le point de s'arrêter. Il est tombé entre le rail et le mur du quai. Il était conscient lorsque les pompiers l'ont tiré de là, et il n'était que légèrement blessé.  Un bras, une jambes, des ecchymoses.

    Mais il avait loupé son coup. Il en est mort trois heures plus tard, et nul ne veut dire comment, ni pourquoi.

    Reste à attendre les résultats de l'autopsie, le compte rendu de l'enquête de police.

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