27 novembre 2009
Casser la baraque, couler la barcasse ?
<p><p>Repères et ruptures pour une nouvelle émencipation</p></p>
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.... Là où les gestionnaires s’interrogent
platoniquement sur comment renverser la vapeur sans casser la baraque, nous ne voyons d’autre option réaliste que de
casser la baraque au plus tôt et de tirer parti, d’ici là, de chaque
effondrement du système pour gagner en force.
.... Le Comité invisible
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Ce passage de L’insurrection
qui vient, je le mets ici en
réponse à certains de vos
commentaires : vous me demandez… quand, quand aurons-nous enfin le plaisir de nous enlacer
sous l’arbre de la liberté.
Je ne puis vous en fixer la date, de ce plaisir et
de cette joie que nous éprouverons alors, mais je sens que sa venue se précise.
En attendant que la galère mondialisée chavire dans
ses chambres fortes et que notre barcasse nationale en fasse autant, je vous
propose, pour vous faire patienter, d’adresser à chacun et chacune d’entre
vous, si la demande m’en est faite avec un beau sourire, de vous adresser en
pdf ce bon sang de bouquin. Je l’ai moi-même reçu de ma fille Sarah, je l’ai
dévoré à l’écran, je n’ai pu m’empêcher, avant même de l’avoir terminé, de
l’envoyer sans préavis à certaines de mes connaissances.
Parce que ce brûlot, quand bien même la fin en
serait-elle inquiétante, m’a non seulement communiqué une joie profonde, mais
de plus m’a conforté dans mon envie d’en découdre avec les requins qui nous
mènent aux enfers.
Donc, un premier sourire… et si
vous m’en faites un second, je vous adresse un second ouvrage, en pdf toujours.
Celui là, je ne l’ai pas terminé — je ne le lis que le soir, et beaucoup plus lentement que le premier : il ne s’adresse plus seulement à cette partie du cerveau qui nous enrichit en adrénaline et nous fait nous armer pour le combat contre Moloch, mais à cette autre partie qui nous fait réfléchir, nous regarder, et par là nous grandit.
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Il s’agit de Lignes d’horizon pour l’élaboration d’un programme.
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C’est un document adressé par le Parti de Gauche à
tous ses militants et sympathisants. Un truc austère songerez-vous, mais je
vous rassure : il est sur la même ligne que l’Insurrection qui vient, et tout aussi passionnant, et tout aussi enrichissant.
Avec cette différence qu’il ne débouchera pas sur des cris, ni de la fumée, ni du pillage, mais sur des
assemblées d’êtres humains libres, égaux et solidaires.
Un premier sourire, peut-être un second ?
Je vous embrasse.
michelcornillon@orange.fr
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26 novembre 2009
Le paquebot “ France qui gagne “.
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La dernière 'étude de l'Insee sur les revenus fiscaux et sociaux permet de prendre la mesure du haut niveau de vie de la majorité de nos concitoyens, a fortiori de la prospérité de la France, ainsi que de sa bonne gouvernance :
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• la moitié des Français ont un niveau de vie inférieur à 1.510 euros par mois,
• 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté,
• on compte 1,9 million de travailleurs pauvres.
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En réalité, ce que ces chiffres soulignent de manière éclatante, c’est que la moitié des Français ont à leur disposition un minimum d’une patate par mois (un million d’anciens Francs, ce que de nombreux peuples d’Afrique leur envient), une petite partie d’entre eux disposant de sommes colossales qu’ils réinvestissent en permanence pour créer des richesses et développer le pays.Ainsi vogue la barcasse nationale : les rameurs suant à fond de cales, les gardiens du libéralisme et de l’ordre établi œuvrant au-dessus de la ligne de flottaison, les officiers se pavanant à l’ombre des drapeaux, le chef, sa chanteuse et sa cour quant à eux au balcon du grand mat.
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Mais ce qu’omet de souligner l’Insee, c’est que la première moitié, affamée, méprisée et entassée dans des barres et des cubes de béton, voudrait elle aussi les trois quarts du gâteau. Un de ces jours les Rmistes vont donc sortir de leurs caves, les bûcherons se grouper autour du mât et saisir leurs cognées, les smicards dresser des gibets devant la figure de proue. Pendant ce temps les arbres de la liberté, plantés dans les décombres du passé … bon, on connaît la chanson… pas la peine de la répéter, mais prendre malgré tout le temps de s’embrasser — c’est la moindre des choses — avant de prendre le bouillon.
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21 novembre 2009
On n'arrête pas le progrès !
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Paris, le 10 novembre 2009
INFORMATION CONFIDENTIELLE A MESSIEURS LES PREFETS
Suite aux dernières délibérations il a été décidé ce qui suit :
Suppression des panneaux de signalisation des radars fixes
A compter du 1er janvier 2010, les installations des panneaux annonçant la proximité des
radars ne seront plus systématiques à la demande des associations contre la délinquance
routière.
Cette nouvelle disposition devrait permettre de faire des économies substantielles quand on
sait le coût du panneau et de la pose (environ 10 000 €) et de positionner par ce biais
davantage de contrôles fixes. Je ne saurais trop vous conseiller de rester discret sur cette
nouvelle disposition au moins jusqu’aux élections régionales.
Par ailleurs dès 2010 les positionnements seront multipliés, l’objectif étant de mettre en place
des points fixes de contrôle tous les 10 kilomètres sur les axes principaux de vos régions pour
tendre vers un point tous les deux kilomètres d’ici 2015.
L’envoi à domicile des contraventions.
Le passage en société anonyme de la poste apporte également quelques modifications pour
améliorer la rentabilité des services, ainsi l’affranchissement ne sera plus pris en charge par
l’administration et les contraventions seront expédiées en port dû dès le 1er janvier 2010 ;
Si le contrevenant ne veut pas acquitter la taxe d’affranchissement et qu’il refuse le courrier,
l’amende sera doublée et réclamée par le trésor public.
En cas de non paiement ce sera alors aux gendarmes et policiers de se présenter au domicile
du susnommé pour encaisser les sommes selon la procédure actuelle en vigueur.
Pour application immédiate aux dates désignées,
Le chef de cabinet du ministre,
G. Ardeneau
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18 novembre 2009
Citation
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Ce monde
n’irait pas si vite s’il n’était constamment poursuivi
par la proximité de son effondrement.
Comité invisible - L'Insurrection qui vient
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16 novembre 2009
Chronique Virgule
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… Mais voici que ce mot, deuil, me fait lever les yeux vers la photo de mon fils, que les larmes me montent aux yeux, que…
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… Fi du chagrin, la douleur est en moi, il me faut vivre avec.
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… Mon projet, donc…
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… Rien de plus simple : je reprend les billets de Chronique Virgule, je les revois, je les retravaille et, s’ils ont conservé à mes yeux un intérêt quelconque, si j’estime qu’ils sont encore animés d’un soupçon de vie, je les mets en page.
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… Alors voilà, les ayant virtuellement transportés, tous, dans un dossier virtuel intitulé Blog Book, je viens de revoir le premier.
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… Et j’ai trouvé le titre.
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14 novembre 2009
Le pignouf (copié-collé).
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Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois, un homme de génie
eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et ne sait qu’en faire.
Dieu sait pourtant que le président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les
projets ;
ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le
change sur sa nullité ;
c’est le mouvement perpétuel ;
mais hélas ! cette roue tourne à vide.
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L’homme qui, après sa prise du pouvoir, a épousé une
princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du
pouvoir.
Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le
coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit,
et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme,
il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque
surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux
pieds,
lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue !
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Triste spectacle du galop que celui, à travers l’absurde,
d’un médiocre échappé.
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Victor
Hugo
Napoléon le petit
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12 novembre 2009
Toilettage
La vie est n’est pas simple.
Disons que le manque de temps, à mettre en relation avec l’afflux des tâches à
mener à bien, provoque chez tout individu l’équivalent de bouchon sur les
routes. Ou encore que le poids des choses vous cloue le prosateur devant une
montagne impossible à franchir. C’est ce qui m’est arrivé. Dégoûté par des
actions militantes qui ne menaient nulle part, j’assistai au détricotage de mes
illusions, et je voyais chronique virgule sombrer pareillement dans
l’inexistence et l’oubli. Plus rien à vous offrir, plus le moindre carburant
qui pût remettre en route la machine à écrire me trottant dans la tête. Donc ce
réflexe de ma part : pour ne pas laisser ce blog se couvrir de poussière et de
toiles d’araignées, lui confier quelques uns des tableaux de mon Karnaval. Ce
que j’ai entrepris.
Et cela m’a réveillé.
Il n’est pas difficile choisir
de une demi-douzaine de scènes, d’en extraire des passages susceptibles de
communiquer l’envie de connaître la suite… En revanche, faire entrer un extrait
de roman dans le cadre d’un blog est une autre histoire. Là, le billet doit se lire rapidement, 2000 signes me semblent le maximum. Or , aucun des
passages que je jugeais dignes de vous être offerts n’entrait dans un tel cadre :
tous s’étalaient sur plus ou moins trois pages, nécessitaient un résumé des
précédents chapitres.
J’ai donc taillé dans le vif,
supprimé l’inutile, et je me suis aperçu que non seulement ce travail me
passionnait, mais que mon texte s’allégeait, montait d’un cran sur l’échelle du
pouvoir et gagnait en puissance. Ainsi, j’ai songé que mon Karnaval de 305
pages profiterait on ne peut mieux d’un toilettage le ramenant aux alentours de
250. J’ai donc entrepris sa taille, éliminé nombre de ses adjectifs, raccourci
certaines phrases, flanqué à la poubelle des élucubrations me semblant
superflues.
Au final, une réduction de cinq
petits pour cent…
Déçu ? Que nenni. Je viens
de redécouvrir ce que je savais depuis longtemps : une œuvre de fiction a
besoin d’espace, de surface, de temps, elle a besoin de dériver au vent de
l’imaginaire. Pas le billet d’un bog, qui doit couper le souffle en plus de frapper l’esprit.
Auschwitz Karnaval compe à présent de 288 pages. Il restera ainsi.
04 novembre 2009
Fin de Karnaval…
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En vertu de
l’atavisme voulant que quiconque, même polyglotte, polydactyle ou
polytechnicien, régresse devant l’image du Père, et quand bien même ce dernier
aurait-il des allures de moins-que-rien, je dois avouer que le Führer a
fortement impressionné les humbles Zigeuners, Juden, Musulmanner et Marxisten-Leninisten
que nous redevînmes devant lui. Non par faiblesse de notre part, mais par
l’effet de la flamme habitant le branquignol, la rage le maintenant dans un
état de férocité dont aucun prédateur n’aurait pu se prévaloir. Car il était
petit et plutôt mal fichu, le Terminator teuton. Membres fluets, front bas et
pif de clown, moustaches à faire pleurer. En revanche deux yeux de sanglier,
deux braises vous désignant l’enfer.
Heil Hitler !
nous sommes nous écriés. Mais le bougre, à deux doigts du cyanure par lequel il
comptait échapper à ses juges, n’avait nulle envie de plaisanter.
— Wer sind Sie ?
éructa-t-il de sa voix rocailleuse.
— Nous sommes ton pire
cauchemar, mon chéri, lui susurra Guturdjieff.
Il a voulu rameuter
les siens, mais il y avait longtemps que les siens s’étaient jetés dans les
canots de sauvetage, et le seul spadassin à se manifester fut étendu d’une
balle entre les yeux. Mais il fallut encore venir à bout de la mariée, laquelle
réalisait, son époux n’ayant pas que des amis, qu’il était temps de sortir ses
griffes. Vanité ! Kratzko abattit d’un seul ploc la dernière dame du
Reich.
Vision sinistre que
cette mariée vous fixant de son œil bleu, un coquelicot sur le chemisier. J’ai
ramassé le bibi tombé à terre, le lui ai remis sur la tête et c’est à ce
moment-là que son mari de la vingt-cinquième heure et son amant de douze années
de gâchis eut cette réaction qui nous cloua sur place : frappant le béton
de sa canne et trépignant au bord de l’hystérie, il se mit à hurler.
« Mon canard,
tenta Mordekhaï, je vois que tu l’aimais, ta cocotte. Tu lui faisais son affaire un peu trop vite hélas,
réalises-tu maintenant qu’elle te quitte — un si gentil petit lot !… Et te
voici qui regrettes de n’avoir profité de son amour, de ses désirs de femme… Elle aurait tant aimé un enfant,
un petit Adolf qui serait à son tour devenu un de ces preux que le monde réclame
pour écraser les Freud, les Rothschild et les bon sang d’Einstein qui l’ont
mené au mur ! Et qu’as-tu fait, au lieu d’honorer ta poulette ? Tu as
terrorisé Einstein, tu as pourchassé Freud, tu as gaspillé ton charbon à les
transporter, ton gaz à les éliminer, ton énergie à les refroidir. Et tout ça pour
des cendres, celles qui recouvrent aujourd’hui, dans ton empire en vrac, ton
peuple désormais errant ! Alors comment veux-tu, devant un tel manque de
jugeote, qu'un rigolo de mon espèce parvienne à pardonner ?
» Et dire que tu
projetais d’unifier l’Europe, de remettre Charlemagne en selle !…
» Putain la
selle ! »
Nous avions en
projet de l’abattre, de le balancer au diable…Dans le prolongement de cette
vision, nous avons envisagé de le hisser au jour pour le ficeler à l’antenne
radio de son trou de taupe, puis de lâcher le ballon qui la maintenait en
l'air, de regarder s’élever le guignol qui allait fasciner Ouzbeks, Tabriskis
et Mongols, les faire s'agenouiller, fermer un œil, amener ses gesticulations
dans le réticule de leur viseur. Nous avons même pensé lui trancher les
bretelles de façon que son pantalon, tombé sur ses godasses et le dénudant du
bas, fît songer le sniper à quelque batracien mené au Nirvana par l'ange de la
radiophonie… De fil en aiguille, nous en sommes arrivés à l’imbiber d’essence
avant qu’il ne monte au ciel, à regarder les flammes lui lécher le fondement.
Mais voici que le
drôle s’agitait, vagissait et bavait. Alors savez-vous ce qu’il a fait,
Mordekhaï Kosteki ? Il a tiré son canif, s’est saisi d’une oreille, l'a
tranchée et tendue à Panzer. Et comme Junkerine s’inquiétait de n’avoir rien
reçu, il a tranché la seconde et la lui a offerte. Nous naviguions en plein
surréalisme, du côté de la névrose.
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03 novembre 2009
Vers les entrailles du globe.
Perle Totenkopf - photo X.
Un coup de chiffon
suffit à rendre à nos bottes le brillant des beaux jours, et le brossage de nos
uniformes à les débarrasser de la poussière risquant d’indisposer le Pouvoir.
Et voilà !
Serviteurs inconditionnels d’un régime en javelle, officiers demeurés à leur
poste malgré que tout fût en vrac et que la fierté allemande fût passée à la
trappe, nous avons investi, dans la carcasse de la Chancellerie, une salle dont
le gigantisme tenait lieu de mouroir à un millier de S.S. sérieusement amochés,
dont le remugle des blessures faillit nous jeter bas.
— Courage, kameraden, s’écria
Mordekhaï, pris soudain du désir de dynamiser le bataillon s’en allant au
cimetière. Courage, Spetznazen und Schweinen ! De nouvelles armes, vous
entendez, de nouvelles armes, Allah Akbar ! vous sont livrées en gare de
Görl…
A ce moment, une formidable
déflagration sonna la fin du monde. Une colonne vacilla, une autre l’imita, si
bien que la majeure partie du dôme, haut de vingt mètres, s’effondra sur les
agonisants, étouffant râles et gémissements dans un nuage de plâtre, enterrant
puanteur et souffrance sous des tonnes de moellons.
— Prévenir Herr Hitler,
schnell, postillonna Guturdjieff à l’intention d’un S.S. estourbi qui cependant,
recouvrant ses facultés et reconnaissant Himmler en la personne de Cabriolet,
nous invita à le suivre. C’est ainsi que nous parvînmes, accompagnés de nos
chiens et alourdis d’un armement dont personne ne parut s’inquiéter, devant le
blindage où se terrait la Bête.
Mordekhaï a fait feu, notre guide
est tombé. Enjambant son corps, Kratzko a frappé au guichet.
— Die Losung, bitte, a demandé
une voix.
Le losung à la
manque, le putain de mot de passe, nous ne l’avions évidemment pas, du moins
pas sur la langue. Non plus que dans nos poches, mais il aurait fallu plus
d’une broutille de cette espèce pour nous contraindre à la retraite. Reculant
pour nous faire admirer, en Militärmanner huilés et formatés, aux regards
affinés par les opérations de sabotage et d’éradication de juifs, Heil
Hitler ! avons-nous éructé à la face du destin. Cela en exhibant un H.H.
pitoyable, arraisonné alors qu'il tentait de s’enfuir par l’escalier de
service, pour preuve le pruneau… attendez qu'on le déloque… voyez le
travail !… et vous exigez…
Le judas s’est
refermé, des appels ont retenti, puis un martèlement de bottes est monté des
abîmes, deux yeux ont clignoté dans le noir du judas.
— Die Losung,
bitte. Le Führer l'exige.
— Mais bordel
de bordel, s'est emporté Gorbatchev, enfin Guturdjieff. On débarque de l’enfer,
trois jours qu'on n'a pas mangé, qu’on n’a pas baisé et qu’on a vu la mort à
tous coins de rues, et de la pourriture partout, tout ça pour cette enflure,
pour ce Reichsführer à la graisse d’oie, et s'entendre réclamer… die
Losung ? — A chier ! Alors
va dire à ton Führer, Heil Hitler !, que si jamais tu n'ouvres pas vite
fait, son chochotte, on le passe au barbecue. Exécution !
Conciliabule, bottes qui s’en vont et remontent, et de nouveau l'œil noir : « Papieren, bitte ».
… On a
refilé les Ausweiss d'on ne savait
plus qui, on a appris que le Führer frôlait l’attaque, et la porte s'est
ouverte sur nous cinq, nos chiens et trois coups de feu, ploc, ploc, ploc,
sortis du silencieux de Ladislav. Enjambant trois cadavres, nous nous sommes
alors dirigés vers les entrailles du globe.
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02 novembre 2009
En piste !
Tout droit, tout droit… il en avait
de bonnes , Abdul ! D’après la carte, il suffisait de suivre la
Prinz-Alberchtstrasse (mais cette artère n’existait plus que dans les souvenirs)
et la Wilhelmstrasse, qui devait nous mener à la Chancellerie, située dans
l’axe du Reichstag, et qui changeait de direction selon que le souffle des bombes
avait orienté les panneaux dans tel sens ou tel autre, et ne débouchait que sur des escaliers descendus à la caves et des fenêtres béantes.
— L'ambiance ! exultait
302.
Prends à droite, s’emportait à
présent Guturdjieff, et file jusqu’au Landwehr Kanal. Ça nous oblige à un
karrabar tchak de burdiskopf, mais si jamais on rejoint Charlottenburg
Chaussee, pas de pétard, on file vers la Brandeburger Tür, et plus qu’à mettre
en troisième, enfiler la seconde à droite, puis la première à gauche, et
trouver un endroit où remiser.
A gauche, et de nouveau à droite,
conseillait à présent Kratzko qui ne se rendait pas compte, ce molovoï, du nombre
de manœuvres à effectuer pour amener notre putain de cuirassé devant les
grilles d’un foutu bois de Vincennes réduit à des troncs d’arbres, à des
squelettes aux branches auxquels se balançaient des officiers passés en conseil
de guerre, pendus séance tenante, abandonnés aux singes qui s’empressaient de
récupérer la chemise, la casquette et les bottes, puis jouaient les King
Kong, paradaient devant leurs moitiés. Himmler-Cabriolet n’en pouvait plus,
Mordekhaï se tapait sur les cuisses, pissait dans son bénard à la vue d’un
Waffen à poil ras dégringolé d’une branche, remonté sur une autre et niquant sa
femelle sous la menace d’un flingue.
— A présent à gauche, non,
attends… à droite, oui, continue à droite,, à droite de la girafe, c’est ça,
vas-y, et encore à droite… encore
un coup, encore un mais… nom d’un chien, garabatchoï, gaffe au rhino !…
Bien que des chimpanzés casqués s’en
fussent pris aux fanions déployés sur nos ailes, eussent compissé le pare-brise
et déféqué sur le capot, je parvins, en trois coups de volants et autant de
marches arrière suivies de contre-attaques et de replis en catastrophe, à nous
remettre en piste. J'évitai même un tamanoir pour aussitôt, dans l’aperçu d’une
croupe d’hippo, me voir prié de prendre de nouveau à gauche, puis de virer sous
les naseaux d’un zèbre et de suivre un tapir, une autruche, une dernière
bestiole avant de quitter le Tiergarten, d’engager le paquebot dans une artère
assez large pour qu’y eût subsisté, grâce aux alligators en quête de marigots
plus sûrs, un passage où se glisser. Obligation de s’arrêter tous les vingt pas
pour dégager ici un lit, une cuisinière, là une armoire ou une baignoire — tout
en se gardant de carnivores en rogne. Après la fin des camps c’était la fin des
villes, l’ère du chambardement et de l’étripage, du dépiautage des Aubusson par
nos amies les bêtes. Nous pûmes encore progresser de quelques mètres avant de
redevoir nous arrêter, et là c’était sérieux.
— J'y vais, dit Kratzko.
Un pavé sous la tête, un moellon sur le
ventre, trois briques sous chacune des jointures et la robe retroussée sur une
venue au monde qui se présentait de travers, une fille au milieu du passage…
Alors là, sans un mot, sans même nous consulter, nous avons agi, et agi en S.S.
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